Gunfrid (Arthur Adolphe) DARBOIS – 1863-1924

Un fidèle soutien aux Mères
Franck.

« Je compatis à toutes vos souffrances, le remède ne peut être que dans une
action victorieuse à Rome ou dans l’abandon complet de Chariton et le
retrait dans quelque petit coin. Le second est plus facile, il ne vous
laisserait d’autre action que celle de la souffrance et de la prière. Quand
le P. B Caron [?] fut installé votre aumônier, il était plein d’admiration
pour votre œuvre et pour vous-mêmes. Le P. Gélase [Uginet] devant lequel il
laissait déborder ses sentiments lui dit, je l’ai entendu de mes propres
oreilles: « Surtout, rien pour soutenir les M. Franck;
autrement le Général [Bailly] vous brise comme un verre ». C’est la
répétition d’une autre parole que me dit le Père Athanase [Vanhovel en
1901,
le P. Picard vivait encore, à la porte de la Consolation: « Que les M.
Franck prient le Bon Dieu que le P. Emmanuel ne devienne jamais Général.
Sous lui, il faudrait qu’elles se soumettent ou qu’elles
sautent ». Se soumettre, c’est aller jusqu’où vous a dit le P. André
[Jaujou], à moins que vous ne préfériez ‘sauter’ ».

P. Gunfrid aux M. Franck, 14
août 1909.

Gunfrid (Arthur Adolphe) DARBOIS

1863-1924

Religieux français.

Frère jumeau du P. Thomas.

Arthur, frère jumeau d’Edouard, le futur P. Thomas, est né le 28 août 1863 à Champignelles (Yonne). Entré à l’alumnat de Clairmarais (Pas-de-Calais) en 1877, il y fait ses études secondaires jusqu’en 1881 et entre au noviciat d’Osma en Espagne où il prend l’habit le 2 octobre 1881 sous le nom de Frère Gunfrid et où il prononce ses vœux perpétuels le 2 octobre 1883: « Le Frère Gunfrid a eu pendant son noviciat des moments très difficiles. Porté à la violence et d’un tempérament sanguin, il a besoin d’être suivi avec fermeté » note le P. Emmanuel Bailly. Pendant toute cette période, jusqu’à l’âge adulte, au noviciat et dans les maisons d’études, les deux frères se ressemblent à tel point que leurs compagnons de vie, étudiants et professeurs, les prennent souvent l’un pour l’autre. Cette ressemblance leur permet d’innocentes supercheries, celle en particulier de répondre pour l’autre aux interrogations des professeurs à la Minerve. À peine le noviciat terminé, le P. Joseph Maubon emmène le Frère Gunfrid en Orient où il va enseigner dans les petites écoles d’Istanbul (1883- 1885). Le Frère Gunfrid vient ensuite faire ses études de philosophie et de théologie à Rome (1885-1889): il obtient un double doctorat. Il a été ordonné prêtre à Livry le 24 septembre 1887.

Une réputation de voyageur infatigable.

Ses études de théologie terminées, le P. Gunfrid est aussitôt nommé supérieur de l’alumnat de Miribel-les- Echelles (Isère) en formation et il le dirige pendant trois ans (fin 1889-1893). « Tout le monde est joyeux à Miribel, les frères assidus à leurs classes, le P. Alype [Pétrement] professe, économise, rabote et compose son petit bulletin. Les enfants prient,

s’amusent et ont mangé 875 kg. de pain pendant le mois, il n’y a guère que le P. Gunfrid qui soupire et trouve la croix lourde pour son courage et ses épaules… ». L e P. Gunfrid est ensuite nommé à la résidence de Bordeaux (Gironde) où il exerce un ministère fructueux (1893-1895), en attendant avec une sainte impatience l’autorisation de partir pour le Chili. Il aspire depuis longtemps à la vie missionnaire lointaine et son rêve peut se réaliser en 1895: après les cinq premières années d’acclimatation (1895-1900), il est choisi pour organiser tant au Chili qu’en Bolivie l’œuvre de la Propagation de la foi (1900-1905) ce qui vaut de nombreuses prédications, des courses et des fatigues extraordinaires et aussi toutes sortes d’aventures dont il est heureux. Au mois d’avril 1905, il rentre en France et, à peine débarqué, il accompagne à Jérusalem un pèlerinage de pénitence, puis accepte de partir pour les Etats-Unis où son frère, le P. Thomas, le désire (Greendale, Massachussetts, 1905-1907). Mais l’attrait du Chili est plus vif et le P. Gunfrid y retourne en 1907: vicaire à Lota (1907-1911), curé à Valparaiso (1911-1914), curé à Conception (1914-1916) et, à nouveau, curé à Valparaison (1916-1918). Mais il tombe malade et rentre en France en 1918 avec le P. Joseph Maubon.

Les dernières années.

Frappé dès 1917 d’une congestion cérébrale qui n’est que la première d’une longue série, il voit ses forces s’affaiblir lentement bien qu’il rende encore de nombreux services d’aumônerie, notamment à Jalesnes, à Saint-Guilhem-du Désert (1919-1922). En septembre 1922, il doit se retirer à la maison de San Remo (Italie) pour prendre du repos. Sa dernière maison est Menton, sur la Côte d’Azur. En février 1924, il perd l’usage de la parole et le vendredi 14 mars 1924 au soir, jour de la fête de la sainte Couronne d’épines, il meurt assisté par son frère jusqu’à ses derniers moments. La cérémonie des obsèques est célébrée en l’église Saint-Joseph de Carnolès, suivie de l’inhumation au cimetière de Roquebrune, à près d’une heure de là au pas du corbillard. Le cercueil doit être transporté sur les épaules des croque-morts, avec un brancard, car les pentes du cimetière sont très raides. En 1924, le P. Gunfrid Darbois est le septième religieux à être inhumé là.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1924 n° 85, p. 75-76; n° 86 p. 78. L’Assomption et ses œuvres 1924, n° 274 p. 75-76. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Le P. Gunfrid Darbois a laissé de nombreuses correspondances (1883-1920), depuis ses nombreux postes de mission. Lettre du P. Gunfrid au P. Picard, le 4 novembre 1889, Miribel. Notices Biographiques