Gustave (Alexandre, Gustave, J.) RANSON – 1883-1970

Chatenay-Malabry, 1960.
« Votre bonne lettre du 16 mai m’a couvert de confusion. Comment vous en
remercier? J’ai bien prié pour toute la Congrégation et je demande à Dieu
de vous aider, vous qui portez le poids de la Congrégation. Que Dieu vous
donne la meilleure des consolations, la vertu des religieux. Vous savez
sans doute que la sainte obéissance qui fait souvent des miracles, m’a
octroyé le don de bi- location. Je suis économe à Saint-Christophe de Javel
et je réside à Châtenay en qualité d’aumônier des Oblates. Ma santé a été
plus mauvaise il y a quelques années. On prétend que je ne porte pas mes 76
ans, 77 dans deux mois, même si j’en ressens seul le poids. Je remercie le
bon Dieu de me le faire en effet supportable. La fête des noces d’or
sacerdotales s’est déroulée à Javel dans un climat de cordialité
fraternelle bien agréable. D’un peu partout des anciens m’ont envoyé leurs
affectueux hommages. J’en
suis très touché. Mais je ne m’attendais pas à ce que vous- même vous
preniez sur votre temps pour m’adresser vos félicitations. Je vous en suis
d’autant plus reconnaissant. Je me permets de joindre une petite enveloppe
pour le P. Rémi [Kokel] ». G. Ranson.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris. Dans les feux de la vie et des urgences. Alexandre, Gustave, Joseph Ranson est né à Vaudricourt (Pas- de-Calais), le 19 juillet 1883. A 12 ans, il entre à l’alumnat d’Arras (Pas-de-Calais), dirigé alors par le P. François Mathis. En 1898, il passe à Clairmarais que dirige le P. Edouard Bachelier. Le 30 novembre 1901, il prend l’habit à Louvain, sous le nom de Frère Gustave et la direction du P. Félicien Vandenkoornhuyse. Profès annuel le 25 décembre 1902, il est désigné en septembre 1903 pour enseigner à Clairmarais, alumnat alors déguisé en école ecclésiastique. Il y fait ses premières armes en compagnie des futurs P. Sidoine Hurtevent et Alexandre Péchayre, remplissant aussi le rôle de chantre attitré à l’église paroissiale. En 1904, l’alumnat de Clairmarais est supprimé au profit du Bizet en Belgique. Après une année de service militaire au camp de Châlons (Marne), il est envoyé à Rome pour ses études de philosophie et de théologie (1905- 1910). Il est reçu à la profession perpétuelle le 2 février 1906 et est ordonné prêtre le 21 mai 1910, après avoir suivi les cours de théologie morale à la Grégorienne, les autres à l’Angelicum et à la Minerve. Au mois de septembre 1910, il est nommé supérieur à l’alumnat du Bizet (1910-1915) où sa jeunesse, son énergie et son adaptation marquée à l’œuvre des alumnats font merveille. La guerre en août 1914 met fin aux jours de prospérité, les élèves doivent être rendus à leur famille. L’alumnat est requis comme ambulance militaire par la Croix- Rouge belge. Le P. Gustave doit vivre sur la ligne du feu. Avec courage, sang-froid et humour, il fait face aux péripéties héroï- comiques dans une maison bondée de soldats anglais, défendant comme il peut les lieux des déprédations. Il réussit à faire embarquer par chemin de fer la lingerie, la sacristie et la bibliothèque, par le Frère Marie -Emile Ladret, à destination de Saint-maur (juin 1915). De 1915 à 1919, le P. Gustave est mobilisé et affecté comme ecclésiastique à une section d’infirmerie. Le 30 mai 1918, il est fait prisonnier durant l’offensive allemande du Chemin des Dames. Il est interné à Cassel, puis à Crossen-sur-Oder et enfin au camp de Guben. L’armistice le libère et, en janvier 1919, il peut rejoindre sa famille religieuse. Le P. Joseph Maubon le nomme comme supérieur à Bourville (Seine-Maritime) pour y remplacer le P. Eusèbe Lavigne, tout en restant chargé du Bizet qui n’est alors qu’un amas de décombres et qu’il s’agit de faire reconstruire avec les fonds des dommages de guerre. En 1920, on lui demande de piloter la fondation d’un alumnat en Alsace, à Scherwiller (Bas-Rhin), faisant connaître et apprécier l’oeuvre aux curés de la région. On vit chic hement dans le manoir de M. Meyer, le donateur de l’immeuble au P. Césaire Kayser, mais le P. Gustave a l’audace A.A de commencer de nouvelles constructions grâce à l’aide d’un petit bulletin Vers l’autel qui pourvoie aux ressources, en complément de la ‘procure césarienne’, souvent épuisée. De 1924 à 1933, le P. Gustave est appelé à vagabonder et à venir en aide à toutes les urgences. économe au noviciat de Taintegnies (1924-1927), vicaire à Saint-Christophe de javel à Paris où l’église est en chantier. Ingénieux, le P. Gustave alimente le bulletin paroissial de sa plume alerte et fait rentrer les fonds. En 1930, il lance le Passeur dont il assure avec d’autres la rédaction. En 1931, il est envoyé au collège de Pontlevoy (Loir-et-Cher), en 1932 à Louvain. Il trouve plus de stabilité comme supérieur à Clairmarais (1933-1939). La maison a été réouverte en 1927. Il doit faire face à la pénurie de ressources et de recrutement, sans négliger la formation des effectifs squelettiques présents. En 1936, il est opéré d’un ulcère à l’estomac. L’opération délicate suscite l’idée d’ériger une grotte de Lourdes en reconnaissance, devenue par la suite lieu de pèlerinage pour la contrée. Il trouve encore la force et les moyens pour faire construire à Schoubrouck une vaste sacristie et une salle paroissiale. En septembre 1939, le bâtiment de Clairmarais est réquisitionné par l’armée française. le P. Gustave regagne la communauté parisienne du quai de javel où il va résider jusqu’à son départ pour Lorgues (Var) en 1969. Il passe une année à la maison provinciale de Paris, Avenue Denfert-Rochereau (1949-1950) pour aider le P. Merry-Susset à organiser un secrétariat digne de ce nom, à classer les archives. On connaît le goût du P. Gustave pour l’ordre, la chronologie, les statistiques: il lui a permis en 1945, avec les encouragements du P. Gervais Quenard, de présenter un calendrier de l’Assomption, baptisé Ephémérides. Il prépare également les premiers numéros du bulletin Paris-Assomption et y publie des monographies sur les anciens alumnats de Sainghin, Le Bizet, Clairmarais. Mais homme d’action plus que de bureau, il a hâte de retrouver la paroisse de javel où il assure ses jours de garde, les heures de catéchisme, de confessionnal et les tours de prédication. Ce n’est pas un orateur, mais sa parole est claire, bien exprimée, surnaturelle, préoccupé du bien des auditeurs. Il assure également une aumônerie auprès des Dames du Calvaire au n° 55 rue de Lourmel. Confrère affable, jovial, spirituel, espiègle et même taquin, il agrémente les fêtes de poésies et de couplets finement troussés. Aimant la vie de communauté, attaché à la Congrégation, fier de son passé, soucieux de son avenir, fidèle aux traditions, il anime de sa vie active et joyeuse le cours quotidien de sa marche à javel, assurant l’économat. De 1957 à 1967, toujours membre de la communauté de javel, il est détaché à Châtenay- Malabry pour rendre aux Oblates le service d’aumônerie du pensionnat. Il y remplit un ministère fructueux, même si sa santé, devenue précaire après trois nouvelles opérations, lui fait craindre d’inévitables changements. la décision de fermer Châtenay lui est très pénible. En septembre 1968, ne pouvant se résoudre à l’inaction, il prend une nouvelle aumônerie à l’institut Notre-Dame de la Tilloye (Compiègne), mais les débuts de l’hiver le forcent à capituler. Le 16 janvier 1969, il rejoint la communauté de Lorgues (Var). Hospitalisé à deux reprises le P. Gustave exprime le désir de mourir au milieu de ses frères. il meurt, très amaigri, le 3 février 19’70. Le vendredi 6 février, il est inhumé dans la chapelle de la Dormition.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 142-143. Paris-Assomption, avril 1970, n° 121, p. 7-14; Lettre du P. Gustave Ranson au P. Wilfrid Dufault, Chatenay-Malabry, 25 mai 1960. Du P. Gustave Ranson, dans les ACR, rapports sur Le Bizet (1910-1914, 1920), sur Scherwiller (1920-1922), sur Pontlevoy (1931-1932), sur Clairmarais (1933-1939), sur Ici formation, le recrutement des Alumnistes et Ilceuvre des alumnats (1920, 1914, 1936), correspondances (1902-1960), sur les peintures à Saint-Christophe de Javel (1968), Histoire sur le quartier de Javel, Ephémérides de l’Assomption (1945). On doit au P. Ranson de nombreuses poésies, un recueil de méditations en 2 volumes L’Oraison du séminariste et: du prêtre (1946), un roman, En marche ers l’autel (1948). Notices Biographiques