Guy (Guy-Michel) LEGER – 1948-1982

Compagnon de route. Nous sommes arrivés
ensemble à l’alumnat de Saint- Sigismond en septembre 1959 pour la sixième,
lui de la
vallée de la Maurienne et moi des pré-alpes de Chartreuse. Bon élève sans
être brillant, modeste et enjoué, il se montre un excellent camarade,
ouvert à tous. Un peu réservé, il excelle dans les animations
et représentations théâtrales. Je le revois encore jouant
‘Bandit ou pèlerin’ et le répertoire classique de nos années d’étude, ‘Le
Chat botté’,
‘Les Précieuses Ridicules’, ‘Le Malade Imaginaire’ et’ Les Fourberies de
Scapin’. A Miribel ou au noviciat, il n’est pas de soirée où il ne tienne
la vedette dans un sketch de Robert Lamoureux. Modeste et pudique, très
équilibré, il cultive les sports qui le
mettent en communion avec la nature qu’il aime. Son vélo connaît tous les
secrets des cols alpins et il n’est pas de sommet de la Vanoise où il
n’aille surprendre le cri des marmottes. Dans les années
68, il rejoint tout naturellement le mouvement en faveur des petites
communautés. Fils d’un ouvrier contre-maître aux usines d’aluminium, il
garde le goût simple des choses de la vie et le contact chaleureux avec le
monde du travail professionnel et celui de l’enfance.

Religieux de la Province de France.

Un regard appliqué sur les choses de la vie.

Guy-Michel Léger est né, le 19 août 1948, à Orelle, en Savoie, dans la vallée de la Maurienne dont il ne cessera de porter la double image, celle des hauteurs où la nature révèle les merveilles de la création et celle des fonds de vallée où peinent les hommes dans l’industrie. Il fait ses études secondaires à Saint-Sigismond (Savoie), de 1939 à 1962, puis à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1962 à 1966. Le 27 septembre 1966, il prend l’habit au noviciat de Pont- l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime) et y prononce ses premiers v?ux le 29 septembre 1967. « Guy est d’un jugement droit et sain; c’est un religieux prudent et réfléchi, doué d’une bonne capacité d’admiration et cependant porté à l’action. Sensible, joyeux, porté à l’initiative, très franc et ouvert, il a le sens du service et de la responsabilité comme socius. Il reste un peu timide, réservé et discret ». Il accomplit à Layrac (Lot-et-Garonne) ses deux années de philosophie, de 1967 à 1969, puis le service militaire dans les Chasseurs alpins à Grenoble (1969-1970), participant à des actions de’ secours lors d’avalanches meurtrières. C’est à Lyon, aux Facultés catholiques, qu’il commence l’étude de la théologie (1970-1971), en communauté à Valpré où sa réputation de peintre n’est pas surfaite. Depuis Miribel, il manie fort bien le rouleau et donne de nouvelles couleurs aux murs défraîchis. En septembre 1971, il est membre fondateur d’une communauté en milieu ouvrier à Pierreffitte (Seine- Saint-Denis) qui s’établit ensuite à Stains en 1978. Après un stage de formation professionnelle accéléré, il travaille, de mars 1972 à septembre 1973, comme peintre en bâtiment dans la région parisienne. Il complète sa formation théologique, de 1973 à 1975, à Issy-les-Moulineaux.

Il sait croquer les scènes simples de la vie de tous les jours qu’il reprend ensuite dans des articles. Il prononce ses v?ux perpétuels à Pierrefitte le 15 mars 1975 et est ordonné prêtre par Mgr Guy Deroubaix en l’église Sainte-Thérèse de Pierrefitte, le 15 octobre 1977. C’est au monde ouvrier qu’il entend consacrer sa vie religieuse et sacerdotale. Vivant en banlieue parisienne, au c?ur de grandes cités H.L.M., il accompagne nombre de jeunes, d’adultes et d’enfants dans les mouvements spécialisés: J.O.C., J.O.C.F., A.C.E. et A.C.O. Chez lui, l’amour de l’enfant est le trait le plus marquant. Il entre d’emblée dans une grande complicité avec eux et les enfants le lui rendent bien. Des difficultés de santé apparaissent au printemps 1982. Guy subit une première intervention chirurgicale, mais rien ne paraît encore inquiétant. A la fin du mois d’août, il est à nouveau hospitalisé. Le diagnostic est sans appel, il s’agit d’un cancer au foie. Conscient de son état, il subit une seconde opération le mardi 14 septembre. Il reprend connaissance dans la soirée et meurt dans la nuit, à l’aube de ses 35 ans. Ses obsèques sont présidées par Mgr Deroubaix, le lundi 20 septembre, dans l’église Sainte-Thérèse de Pierrefitte, avec la participation de témoignages émouvants. Son corps est inhumé au cimetière parisien de Montparnasse, puis quelque temps après, transféré dans le site montagneux de Feissons-sur- Salins, près de Moûtiers (Savoie). Une lumière s’est éteinte dans la ville pour briller dans le champ des étoiles.

Dernier message du P. Guy (6 septembre 1982).

« Jésus, tu as guéri l’aveugle en faisant de la boue avec ta salive, méthode de ce temps-là. Aujourd’hui, tu peux me guérir, si tu le veux. Tu peux me guérir par toute cette solidarité que je sens autour de moi. C’est une force libératrice qui nous donne appui, à Toi et à moi pour triompher du mal. Guéris-moi, Jésus, tout entier. Viens. Prends soin de tous ceux qui sont fixés à leur lit. Je me sens solidaire de ces pauvres dont je suis aujourd’hui. Non, je n’ai pas le c?ur fier. Fais tout ce que tu peux, Seigneur, pas parce que c’est moi, mais pour tous. Pourquoi la souffrance, dis? ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 59-61. A Travers la Province (Paris), 1982, n° 23, p. 12-13. Voulez-Vous? (Layrac), 1983, n° 123, p. 15-16. L’Assomption et ses Oeuvres, 1982, n° 612, p. 10-12. Livret de célébration des obsèques, 16 pages. La Croix, 22 septembre 1982. Compagnon de route par P. Jean-Paul Périer-Muzet. Le P. Guy Léger a donné quelques articles et interviews dans le journal La Croix, les revues Chrétiens Ensemble et l’Assomption. Il a publié en 1975, aux Editions ouvrières, Mon meilleur pote, le Christ: et, au Centurion, en 1980, L’enfant dont je suis né