Hendrik (Henri) VAN AKEN – 1892-1975

Monclar (Lot-et-Garonne),
1950.
« J’avais espéré vous voir à Agen, lors de votre passage à Saint-Caprais,
mais une fausse date a fait tout rater. Un mot de moi laissé là-bas a dû
vous le dire. Et voilà encore une année jubilaire. En 1925, j’ai eu le
bonheur de sortir élu de votre chapeau pour aller à Rome présenter au Pape
les hommages des 26 nouveaux prêtres de Louvain. De nouveau j’ai osé rêver
de Rome, mais j’ai peur d’abuser d’une faveur aussi personnelle. Un de mes
paroissiens de 70 ans désire y aller. Pendant 60 ans, il a été au service
de sa petite église
comme enfant de chœur, puis chantre, organiste, sonneur. J’ai demandé au P.
Rémi Kokel pour lui une décoration papale, après lui avoir fait obtenir la
médaille
du mérite diocésain. Je dois remplir un formulaire, réunir le conseil de
fabrique de l’église et expédier le tout à Mgr Rodié. Comme ce monsieur ne
veut pas y aller tout seul, j’ai donc rêvé
de l’accompagner. Un mot de votre part me fixera. D’avance je m’y soumets
bien simplement. Que Dieu vous conserve encore de longues années à la
Congrégation, mon cher Père. Je vous prie humblement de me bénir ». Votre
fils, P. Hendrik.

Religieux de la Province de Belgique-Nord. Un membre fondateur de Boxtel. Henri Van Aken est né le 4 mai 1892 à Tisselt, près d’Anvers (Belgique). Il fait ses études secondaires à Zepperen, de 1905 à 1909, puis à Taintegnies, de 1909 à 1911. Le 14 août 1911, sous le nom de Frère Hendrik, il reçoit l’habit religieux au noviciat de Gempe des mains du P. Emmanuel Bailly. Le P.,Antoine de Padoue Vidai le présente ainsi en juillet 1912 pour la première profession, à Limpertsberg (Grand-Duché de Luxembourg), émise le 15 août 1912: « Le Frère Hendrik a passé un an de noviciat à Gempe et une autre année à Limpertsberg, depuis le 14 août 1911. C’est un novice bon, aimable et souple, encore un peu enfant. Malgré sa tendance au bavardage, il a su tenir compte de mes remarques et a fait de réels progrès. Il tombe sous la nouvelle loi militaire belge. Il devra donc passer un examen d’infirmier-ambulancier à la fin du mois de septembre de cette année. Je le présente bien volontiers pour ses premiers voeux annuels ». Le 15 août 1913, le Frère Hendrik prononce ses vœux perpétuels à Limpertsberg. Il est alors envoyé comme enseignant à l’alumnat de Zepperen (1). Il s’y trouve encore quand la guerre éclate en août 1914. En janvier 1915, il est l’un des fondateurs de l’alumnat de Boxtel (2). Appelé par l’armée, il part en Angleterre en 1916 et passe près de trois ans au front (1916-1919). En octobre 1919, il gagne le scolasticat de Taintegnies pour ses études de philosophie (1919-1921). Viennent ensuite les études de théologie à Louvain (1921-1925). Il est ordonné prêtre à Louvain le 26 juillet 1925. Dans les services de l’enseignement et de la pastorale paroissiale. Professeur à Zepperen de 1925 à 1929, le P. Hendrik vient alors à Kapelle-op-den-Bos ouvrir un alumnat d’humanités. Page :145/145 Il enseigne à Bure et à Zepperen, de 1931 à 1935. Supérieur de Zepperen de 1935 à 1940, il a à coeur de restaurer le vieil alumnat. De 1940 à 1942, il fait fonction d’économe à Bruxelles. L’attendent encore plus de trente ans de ministère paroissial dans différentes paroisses prises en charge en France par des groupes de religieux belges et néerlandais. Le P. Hendrik est curé de Viels-Maisons dans le département de l’Aisne et le diocèse de Soissons (1942-1947), puis à Monclar dans l’Agenais, au diocèse d’Agen (1948-1951). Il se retire comme aumônier à l’hospice de Templeuve (1951-1973), dans une communauté des Filles de Saint-Joseph, en Belgique, tout en fréquentant régulièrement sa communauté de rattachement de Taintegnies. À 81 ans, il décroche de la vie active et se trouve nommé à la communauté de la maison provinciale de Bruxelles-Woluwe, au repos. Il passe les derniers mois de sa vie à ‘Emmaüs’, à Korbeek-Lo (Louvain), dans une maison pour prêtres âgés et malades. C’est là qu’il meurt le 16 février 1975. La cérémonie de ses obsèques se déroule à Tisselt, son pays natal, le 20 février. Il y est inhumé. (1) L’alumnat de Zepperen a été ouvert en octobre 1905, dans un ancien couvent de Béguards, occupé par des Chartreux de Glandier chassés de France et situé à 7 km de Saint-Trond où l’Assomption s’était auparavant implantée. (2) Boxtel est un peu le berceau de l’Assomption néerlandaise. Certes l’Assomption française en exil avait déjà franchi en 1900-1901 la frontière des Pays-Bas, en installant un noviciat provisoire à Gemert, refuge de Livry en vole d’expropriation. Mais c’est en 1911 que le P. Gausbert Broha, alors supérieur à Zepperen, a l’idée de demander au P. Emmanuel Bailly de nommer dans sa communauté le P. Louis-Antoine Verhaegen, natif de Schaerbeek, très en lien avec des curés du Limbourg (Heerlen, Oud-Vroenhoven) et avec le directeur du séminaire de Rolduc. D’autres religieux en 1914, les PP. André Jaujou, François-Xavier Legrand et Savinien Dewaele, sont alertés sur les avantages que représente l’implantation de la Congrégation aux Pays-Bas. On apprend dans La Croix du 27 juin 1914 que le château de Mme Mahie à Boxtel est en vente. Un acte d’achat provisoire est même signé dès le 20 juillet 1914, mais le 4 août les Allemands entrent en Belgique et coupent les Pays-Bas de toutes relations avec la France ou la Belgique. Il faut attendre, après une étape intermédiaire à Urmond, le transfert des alumnistes hollandais de Zepperen. Le Frère Hendrik Van Aken réussit en octobre à passer la frontière belgo-hollandaise sans papiers pour venir en aide au P. Verhaegen. D’après le P. Arno Burg. Page :146/146

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. S. Onder-Ons, 1975. Lettre du P. Hendrik Van Aken au P. Gervais Quenard, Monclar d’Agenais, 4 janvier 1950. Arno Burg, Origine de l’Assomption aux Pays-Bas (1995). Du P. Hendrik Van Aken, dans les ACR, rapports sur Zepperen (1935-1938), sur Monclar (1949-1951), correspondances (1915-1953).