Henri-Félix (Henri-Félix-H.) CHAVOT – 1875-1949

Une réputation à refaire.
« Vous me posez une question au sujet du P. Chavot à laquelle il m’est
difficile de répondre. Le P. Chavot est parti avec un passeport régulier,
il a laissé entendre qu’il partait pour un mois. Il a traité cette question
avec le P. Rémi [Kokel]. Avec moi, il est resté dans le vague, aussi n’ai-
je pas insisté, heureux de revoir partir après tous les ennuis qu’il a
causés ici. Il a laissé entendre au vicaire général qu’il ne savait pas ce
qui lui arriverait et que cela dépendait de ses supérieurs. J’ai profité de
son départ pour mettre de l’ordre à Saint- Antoine et faire nettoyer à
fond la chapelle. J’y organiserai aussi le ministère de telle façon que
l’on puisse exercer de là une bonne influence. Avez vous un religieux d’âge
mûr qui ferait le travail principal’? En communauté on croit plutôt le
retour du P. Henri, ses réactions devant les décisions qui l’attendront et
ses
bavardages, très préjudiciables à la maison. J’ai confiance qu’on fera ce
qui est nécessaire pour la maison du P. Halluin, des jours tranquilles et
une réputation restaurée».
P. Grimonpont, juillet 1942.

Religieux de la Province de Paris.

Parcours d’un prêtre séculier vers la vie religieuse.

Henri-Félix-Hippolyte est né le 11 janvier 1873 à Ardoix près de Sarras en Ardèche. Il est baptisé le 14 de ce même mois. Il fait ses études secondaires au collège d’Annonay, sa philosophie et sa théologie au Grand Séminaire de Viviers, siège diocésain du département de l’Ardèche. On sait que l’ordination sacerdotale de l’abbé Chavot a lieu le 13 octobre 1901 par Mgr Bonnet. Pendant deux ans, le diocèse l’emploie dans l’enseignement (1901-1903), puis six années comme vicaire. Il passe ensuite dix- neuf années dans la cure de Toissieux près d’Annonay, selon les renseignements fournis par sa fiche. Il y laisse, au témoignage du vicaire général l’abbé Jauffris, le souvenir d’un prêtre pieux, édifiant et dévoué. C’est alors que l’abbé Chavot se décide à demande son admission dans la Congrégation de l’Assomption. Il prend l’habit le 1er mars 1927 à Taintegnies (Belgique) sous le nom de Père Henri-Félix. Son maître des novices, le P. Savinien Dewaele, note que l’année est dans son ensemble excellente et méritoire. Les quelques difficultés rencontrées, fatales, sont venues de son caractère et de son tempérament, de ses habitudes anciennes. Il a besoin de formes religieuses et manque de discrétions. Admis à la première profession le 2 mars 1928 à Scy-Chazelles (Moselle) il termine l’année à la maison d’études de Louvain. C’est là que le P. Henri-Félix prononce ses vœux perpétuels le mars 1931.

Engagements ministériels.

Le P. Henri-Félix va connaître trois résidences principales au cours de sa vie religieuse: Lille (Nord) de 1928 à 1931, l’orphelinat d’Arras (Pas-de-Calais) de 1931 à 1942 et enfin la paroisse d’Etrun, également dans le Pas-de- Calais, de 1942 à 1948. A l’orphelinat du P. Halluin à Arras,

Une réputation à refaire. « Vous me posez une question au sujet du P. Chavot à laquelle il m’est difficile de répondre. Le P. Chavot est parti avec un passeport régulier, il a laissé entendre qu’il partait pour un mois. Il a traité cette question avec le P. Rémi [Kokel]. Avec moi, il est resté dans le vague, aussi n’ai- je pas insisté, heureux de revoir partir après tous les ennuis qu’il a causés ici. Il a laissé entendre au vicaire général qu’il ne savait pas ce qui lui arriverait et que cela dépendait de ses supérieurs. J’ai profité de son départ pour mettre de l’ordre à Saint- Antoine et faire nettoyer à fond la chapelle. J’y organiserai aussi le ministère de telle façon que l’on puisse exercer de là une bonne influence. Avez vous un religieux d’âge mûr qui ferait le travail principal’? En communauté on croit plutôt le retour du P. Henri, ses réactions devant les décisions qui l’attendront et ses bavardages, très préjudiciables à la maison. J’ai confiance qu’on fera ce qui est nécessaire pour la maison du P. Halluin, des jours tranquilles et une réputation restaurée». P. Grimonpont, juillet 1942.

Notices Biographiques A.A le P. Henri-Félix est attaché au service de la chapelle Saint-Antoine où beaucoup de personnes viennent pour le sacrement de la réconciliation. Bien que respectueux de son ministère, ses confrères de l’époque se plaignent de ses agissements et souhaitent un éloignement que le P. Henri-Félix devance. D’ailleurs en 1942, un bombardement va grandement endommager la chapelle Saint-Antoine. C’est alors que le P. Henri-Félix obtient de l’évêché l’autorisation d’aller s’établir, indépendant, dans un petite paroisse des environs d’Arras, Etrun. C’est la guerre, une certaine forme de désorganisation des liens communautaires et la recherche parfois de solutions accommodantes. Cette situation n’est pas remise en cause, mais en 1947-1948 l’état de santé du P. Henri-Félix commence à donner des inquiétudes et l’évêché lui-même prend la précaution, pour le bien de sa personne, de le déplacer. Comme le P. Henri ne désire pas quitter le diocèse où il est connu, l’évêque d’Arras, Mgr Victor-Jean Perrin, lui propose l’hospice Saint-Landelin à Vaulx-Vraucourt où vivent plusieurs prêtres retirés du ministère.

Une mort rapide (12 février 1949).

C’est dans cet hospice que la mort est venu le surprendre le 12 février 1949, vers les 23 heures. Il ne s’attend pas du tout à une échéance si rapide. Lui-même fait allusion plusieurs fois devant témoins qu’il lui reste encore de beaux jours et qu’il ne comprend toujours pas qu’on lui ait enlevé son ministère. Il se croit les forces nécessaires pour le reprendre. Il est cependant frappé d’une congestion cérébrale. Sa maladie ne va durer que trois jours, l’un de ses compagnons, prêtre à l’hospice, croit plus prudent de lui proposer le sacrement des malades. Le P. Provincial de Paris, le P. Merry Susset, vient lui rendre visite. Les obsèques du P. Henri-Félix sont célébrées à Arras, à Saint-Antoine, et ses restes sont inhumés au cimetière de la ville, dans le caveau de l’Assomption, à côté de ceux de ses frères religieux.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1949, n° 71, p. 32. Dans les ACR quatre correspondances du P. Henri-Félix Chavot (1931-1948). Lettre du P. V. de P. Grimonpont au P. Gervais Quenard, Arras, juillet 1942.