Henri GANDON – 1917-2005

Portrait.

Deux traits viennent spontanément à l’esprit quand on évoque Henri : la stabilité et l’amour de la musique.

Originaire de la Mayenne, Henri est entré en 1936 au Noviciat de Pont l’Abbé, à l’âge de 19 ans. Il a été exempté du service militaire puis de la conscription de guerre à cause de son infirmité qui provoquait une forte claudication et le port de chaussures orthopédiques puis d’une prothèse. Dès 1941 il est nommé à l’alumnat de Cahuzac, à Gimont, dans le Gers. Il ne quittera Gimont qu’à la fermeture de la communauté en 2002, soit 61 ans de présence !

A l’alumnat il a été professeur de 7 ème (CM2) et Maître de chant lors des nombreux pèlerinages à Notre Dame de Cahuzac. Passionné par la musique, il l’avait étudiée seul, au départ, puis au Conservatoire de Toulouse où il avait été l’élève du grand organiste et compositeur Xavier Darasse. Malgré son handicap, Henri a été un bon organiste et un compositeur au style très classique. C’est lui qui a été le concepteur (avec les gens de l’art) de l’orgue de Cahuzac puis de celui du Noviciat de Pont l’Abbé qui se trouve maintenant à… Moscou. A la fermeture de l’Alumnat, en 1967, il s’intègre dans l’équipe pastorale qui prend en charge la paroisse de Gimont. Là aussi, il suivra de près, avec son maître et ami Xavier Darasse, la réfection de l’orgue historique de facture espagnole. Son séjour à Gimont sera marqué par un fort rayonnement grâce à l’école de musique qui se crée presque à son insu à cause de la demande : chant choral, orgue, piano, guitare, flûte… Ce sont des centaines de jeunes et d’adultes avec lesquels il entre et reste en contact. Son école, qu’il appelait parfois son « petit atelier », était connue dans tout le département et même à Toulouse. Il a formé de nombreux organistes répartis dans toute la France, y compris à Paris (Montmartre).

Le départ de Gimont fut un déchirement. Il l’exprime dans la vidéo : « Une Province aux cent visages ». Mais Henri était un homme modeste, sensible, profondément religieux. Il refuse l’aide de familles qui se proposaient de le prendre en charge à Gimont et il rejoint Layrac. Il rendra, là encore, le service de l’accompagnement musical de la prière. Il n’y était pas malheureux et acceptait avec résignation et paix sa situation. Il lisait beaucoup (histoire, littérature, art…). D’une très grande profondeur, il avait trouvé un sens à son handicap puis à la maladie qui le touche en 2005. Un beau visage de « Frère ».

Bibliographies