Henri-Joseph (Zéphyrin) MORTIER – 1909-1982

Clairmarais, 1957.
« Le bon Père Droulers (1 ) qui devient un peu encombrant avec ses lettres
à sujet unique, un peu marotte, me prie de vous envoyer avec ses vœux les
documents ci-joints qui doivent probablement joindre les archives de la
Congrégation. Je profite de cette occasion pour vous redire notre fidèle
attachement au chef de nos jeunes années que nous vénérons toujours avec la
même intensité. J’ai refait ici un alumnat fervent
‘sui generis’ que je crois le P. d’Alzon serait heureux de visiter et qui
plaît beaucoup. Vous viendrez peut-être le voir un jour. Je vous recommande
souvent aux
enfants au même titre que le P. Dufault et je me permets de recommander à
vos prières le petit alumnat Saint-Bernard que vous auriez beaucoup aimé.
Veuillez agréer, mon Père, l’expression très délicate de respect et
d’affection des trois religieux de Clairmarais
(2) qui s’entendent à merveille
».
P. Henri-Joseph Mortier au P. Gervais Quenard,, 9 février
1957.
(1) Dom Calixte Droulers, ancien alumniste de Clairmarais. (2) P. Mortier,
P. Vivien Vivien et Delebarre Fortuné.

Religieux de la Province de France.

Une vie au service des alumnats.

Né à Linselles dans le Nord le 17 juillet 1909, Zéphyrin Mortier entre à l’alumnat d’Arras (Pas-de- Calais) en 1921 où il est scolarisé jusqu’en 1924, puis au Bizet en Belgique de 1924 à 1925, pour terminer à Arras (1925- 1926). Le P. Camille Marsin, son condisciple, se souvient: « Nous sommes entrés ensemble à l’alumnat d’Arras en 1921. Très rapidement Zéphyrin Mortier attire l’attention. Il est grand, il diffuse un je ne sais quoi qui n’est pas de la naïveté mais plutôt de la simplicité doublée de gentillesse naturelle qui attire la sympathie. Je ne lui connais pas d’ennemis. D’ailleurs il les aurait désarmés par son naturel. Même les surveillants les plus exigeants sont pris à court lorsqu’il s’agit de punir ses distractions qui sont déjà célèbres ». Zéphyrin, surnommé ‘Zeph’, entre au noviciat de Taintegnies en Belgique le 5 novembre 1926, sous la direction du P. Savinien Dewaele et il devient le frère Henri-Joseph. Il prononce ses vœux le 6 novembre 1927 à Scy- Chazelles (Moselle) où s’est implanté le noviciat des Provinces françaises, avant que chacune d’elles n’ouvre son propre lieu de formation, les Essarts (Seine-Maritime) pour Paris et Pont l’Abbé d’Arnoult pour Bordeaux en 1934. Il est vrai qu’en 1934, Scy-Chazelles n’est plus déjà noviciat, mais maison d’études pour les philosophes et que Nozeroy (Jura) a regroupé provisoirement les novices de l’Est et de l’Ouest. Nous retrouvons le Frère Henri-Joseph à Saint-Gérard pour ses études de philosophie (1927-1929). Il fait une année d’enseignement au Bizet (1929-1930), accomplit son service militaire ‘à Lille (Nord) de 1930 à 1931. Le 29 novembre 1932 où il étudie la théologie, le Frère Henri-Joseph prononce ses vœux perpétuels. Après les études de théologie, il est ordonné prêtre à Louvain,

le 25 décembre 1934. Pendant plus de 40 ans, il se consacre aux jeunes et à l’enseignement dans les alumnats de la Province de Paris, surtout dans la classe de sixième: au Bizet d’abord en Belgique (1934-1939), puis après la démobilisation à Soisy-sur-Seine (Essonne) de 1940 à 1943, à la maison des vocations tardives de Montéchor (Pas-de-Calais), de 1944 à 1955, à Clairmarais (Pas-de-Calais) dont il devient supérieur en 1956, à Chanac (Lozère) de 1959 à 1964, à Soisy-sur-Seine de nouveau de 1964 à 1966 et enfin à l’orphelinat d’Arras (Pas-de- Calais), de 1966 à 1976. L’heure du repos vient. le P. Henri-Joseph est envoyé à Chanac tout d’abord pendant trois ans (1976-1979). En septembre 1979, il passe à Saint-Sigismond (Savoie). Son état de santé nécessite la double amputation d’une jambe. Le Père Henri-Joseph meurt à l’hôpital de Chambéry le samedi 3 avril 1982 à deux heures du matin. Ses obsèques ont lieu deux jours plus tard à Saint-Sigismond, le lundi 5 avril 1982.

Compagnon de route.

« Lorsque j’ai eu le P. Henri-Joseph, dit Zeph, comme collaborateur pendant neuf ans à Montéchor, j’ai pu apprécier pendant toutes ces années la richesse de la nature de ce religieux, car la simplicité tait chez lui l’expression de sa richesse de cœur. Il était sans détours. Il fallait le prendre et le comprendre tel qu’il était, même si sa façon de faire m’a souvent fait grincer les dents. Il y avait en lui quelque chose de si simple, de si naturel qu’il me faisait penser parfois à saint François d’Assise. Oui, sa grande richesse de cœur était perçue par tous ceux qui avaient affaire à lui. Car, d’un naturel confiant, le Père Henri-Joseph était surtout un homme de toute confiance. Cela faisait accepter ses oublis et ses distractions. Il allait à Dieu comme il allait aux hommes, avec simplicité. Sa relation à Dieu se faisait sans complications. Peut-être n’était-elle pas nourrie de convictions exégétiques ou théologiques: c’était plutôt ce que l’on désigne à présent sous la dénomination d’une piété populaire. Cette piété simple, mais solide et constante, nous permet sans doute de comprendre l’impact qu’il avait sur les jeunes qui s’adressaient à lui. Il fut un confesseur très apprécié dans les alumnats, à l’orphelinat dArras ou à la chapelle Saint- Antoine que les gens d’Arras fréquentaient assidûment ».

Témoignage du P. Camille Marsin pour les obsèques du P. Henri-Joseph Mortier, 5 avril 1982.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (Il) 1981-1983, p. 46-47. A.T.L.P. (Paris) mai 1982, n° 21, p. 14-15. Du P. Henri-Joseph Mortier, dans les ACR, correspondances (1930-1959), rapports sur Clairmarais (1955-1959).