Henri (Pierre) BOURDIN – 1915-1995

Matelot à Toulon en 1937.

« Puis que me voilà depuis 48 heures élevé au grade de marin, affecté à
l’escadre de Toulon, j’ai pensé qu’un tel titre me permettait de venir vous
demander votre aide. Je serais en effet bien heureux si vous pouviez me
faire envoyer La Croix et le paquet de revues que vous avez la bonté
d’envoyer aux Frères mobilisés, ainsi que la Dispersion, Les temps 1ibres
jusqu’à présent ne manquent pas, et ceux qui n’ont pas emporté quelques
1ivres cherchent comment occuper les heures de loisir.

J’ai été jeudi dernier reçu au dépôt comme jamais je n’aurais pu
l’imaginer. Les chefs semblaient faire un concours d’amabilités. Je me
trouve actuellement dans une compagnie composée d’instituteurs et
d’étudiants. Je compte d’ici la fin du mois retrouver les autres Frères
marins à Lorient où nous pourrons former une communauté A.A. puisque nous
serons 7 ou 8.
J’ai passé plusieurs jours à Angoulême, avant de descendre à Toulon, avec
l’abbé Roux. Il espère bien recevoir le sous-diaconat à la rentrée. Il a
terminé ses études».

Pierre Bourdin, 5.09.1937.

1947-1948: vicaire à Tasdon, quartier de la gare à La Rochelle
(Charente-Maritime),

Religieux de la Province de France.

Un condisciple de François Mitterrand.

Pierre est né à Angoulême le 6 juin 1915, dans une famille d’hommes de loi, amie de l’Assomption. Le foyer compte 8 enfants. Pierre fait ses études à l’école Saint-Paul (1920-1932) où il se trouve être condisciple de François Mitterrand avec lequel il gardera des liens courtois, puis à l’école Stanislas de Poitiers (Vienne). Le 4 octobre 1933, il commence un temps de postulat à Nozeroy dans le Jura. Il y prend l’habit et le nom d’Henri le 27 décembre et fait partie du petit contingent qui en janvier 1934 vient fonder le noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime), alors réservé aux candidats de la Province de Bordeaux. Prononcée le 28 décembre 1934, sa première profession est déclarée nulle, le recipiens n’ayant reçu aucune délégation. Il la refait le 28 janvier à Saint-Maur (Maine-et-Loire) où il enseigne jusqu’à la fin de l’année scolaire. Il va ensuite à la maison Saint-Jean de Scy-Chazelles étudier la philosophie (1935-1937) et accomplit son temps de service militaire comme marin à Toulon (1937-1940). Enfin, il rejoint Lormoy (Essonne) pour les études de théologie: il y est ordonné prêtre le 9 avril 1944.

Un curriculum vite rempli.

On ne possède de lui que la liste de ses différentes obédiences qui sont nombreuses en raison d’un état de santé assez déficient.

1944-1943: surveillant général au Collège Jeanne d’Arc de Tarbes (Pyrénées atlantiques).

1945-1947: économe à l’alumnat de Cavalerie (Dordogne). Il y souffre d’éblouissements et de dépression.

où il est atteint de lésions pulmonaires.

1948-1949: au repos à La Ville du Bois, pensionnat des Oblates (Essonne).

1949-1956: vicaire à Notre-Darne de Salut à Bordeaux-Caudéran (Gironde’ qu’il quitte à la suite d’une nouvelle dépression.

1956-1957: économe de la maison des vocations tardives à Blou (Maine-et-Loire).

1957-1982: à Angoulême, au repos chez son frère Etienne, dont il devient vicaire à la paroisse Saint-Martial en 1960. Rattaché à la communauté du Sacré-Cœur à partir de 1959. Le P. Marcel Bizien qui y est son confrère le dit heureux de partager les repas, de participer aux rencontres, de prendre des nouvelles de la famille assomptionniste.

1982-1983: dans l’équipe pastorale de Fumel (Lot-et-Garonne).

1983-1995: au prieuré de Layrac (Lot-et-Garonne). Le P. François Rumeau son supérieur le « retrouve dans cette maison au soir de sa vie, collectionnant des timbres pour les missions, branché sur son poste de radio afin de capter une conférence ou un morceau de musique, aimant vivre avec ses frères religieux ». Cet homme, facilement dépressif, a besoin surtout de chaleur fraternelle. Sa personnalité est bien typée. Fidèle à la prière commune, courageux dans ses épreuves de santé, il demeure attentif à sa famille humaine comme à sa famille religieuse. Il meurt à l’aube du samedi 4 février 1995 à Layrac, dans sa 80ème année accomplie. Ses obsèques sont célébrées le 6 février par le P. Joseph Henry, dans une belle après-midi ensoleillée. Y participent notamment sa sœur, Odile, Petite-Sœur de l’Assomption, et trois P.S.A. de Malause (Tarn-et-Garonne), des paroissiens de Layrac et quelques amis venus de Saint-Martial d’Angoulême qui ont gardé des liens d’amitié avec lui jusqu’à la fin.

Bibliographies

Bibliographie: Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, P. 64-65. A.T.L.P., Nécrologie-France, année 1995, p.302-303.