Henri (Ronan) CALVARIN – 1924-1988

Portrait par des jeunes.

« Pour tous les fidèles il était le bon Père Henri, le prêtre toujours
souriant. Pour les jeunes, il était le copain, l’adulte de bon conseil,
l’homme qui savait parler aux enfants avec des paroles d’homme. Ce grand
Breton d’origine était arrivé à Gimont il y a une dizaine d’années.
Sec, le visage buriné par la vie au grand air qu’il adorait, le Père sut
devenir rapidement une figure gimontoise. Sa foi, ses croyances, il les
partageait comme il partageait son pain avec ceux qui avaient faim. Jamais
il ne força personne à manger. C’est certainement la raison pour laquelle à
la table de la vie du Père, il y avait beaucoup de monde. Sa passion était
les enfants. Du scoutisme, il en fit toute sa
vie. Il fut à l’origine de la naissance de la troupe gimontoise. Il en
devint certes l’aumônier, mais surtout l’animateur, le guide, l’ami, le
copain. Le plus enfant, le plus espiègle, le plus boute-en- train, c’était
lui. Tous l’aimaient, l’adoraient, le respectaient. Il serait trop facile
de parler de sa vocation, de son long cheminement d’homme d’Eglise. Le Père
n’aurait pas aimé cela. Très bon, parfois trop bon, Henri le Père aimait
par dessus tout la discrétion … ».

Religieux de la Province de France.

Un enfant de la Bretagne.

Henri-Ronan est né le 27 décembre 1924 à Saint-Renan (Finistère), dans le diocèse de Quimper. Il fait ses études secondaires dans les alumnats de Saint-Maur (1938-1942) et Blou (1942-1944) dans le Maine-et-Loire. Doué d’une bonne constitution physique et d’une excellente mémoire, il se montre doux, serviable mais parfois aussi susceptible et impénétrable, n’aimant guère se livrer. Il prend l’habit le 8 décembre 1944 à Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime) et fait sa première profession le 9 décembre 1945. Le P. Protais jaïn, son maître des novices, le présentant à l’admission, lui reconnaît une âme assez formée, mais trop fermée, une vocation sérieuse dont certaines épreuves n’ont pas ébranlé la résolution. Il accomplit ses études de philosophie à Layrac de 1946 à 1947 (Lot-et- Garonne), passe une année (1948) au Collège Jeanne d’Arc à Tarbes (Hautes-Pyrénées) et revient à Layrac pour ses études de théologie. Il y est reçu profès perpétuel le 9 décembre 1949 et ordonné prêtre le 8 mars 1952. On lui reconnaît un caractère souple et consciencieux, un bon jugement et une grande pondération, peut-être une certaine apathie mais plus en surface que réelle. Le P. Calvarin obtient deux certificats d’une licence de lettres.

Un éducateur et un entraîneur.

C’est dans l’enseignement qu’il aime que le P. Henri va faire ses armes apostoliques. Nommé professeur à Tarbes, il va y rester de longues années, jusqu’en 1972 date de la reprise du collège par le diocèse et du départ de la communauté. Après le supérioriat du P. Toulerastel, il est nommé en 1964 supérieur du collège (1964-1967): c’est dans ce contexte qu’il reçoit la lourde tâche de préparer le passage de la direction du collège

entre les mains du clergé diocésain. Restant sur place, il assume la transition et veille sur la poursuite d’une vie communautaire limitée à trois religieux, sans compter trois autres rattachés, âgés et assez isolés. En 1967, il lui est demandé de poursuivre encore une année sa fonction de supérieur pour le bien de cette communauté en diaspora, les trois religieux du collège prenant également en charge une paroisse de la banlieue tarbaise (Soues), les autres Pères se trouvant assez dispersés mais en situation pastorale adaptée: le P. Carrère à Nay, le P. Vignes à Lahitte- Lourdes, le P. Escoubas à Anères, le P. Izans à Bétharram. Après un an en recyclage à l’I.E.R.P. de Toulouse (1972-1973), le P. Henri est nommé au Centre d’accueil de Saint-Maur (Maine-et- Moire): ce changement ne lui est pas facile et sa santé s’en ressent. En 1976, il est nommé au secteur paroissial de Gimont, dernière étape d’une vie apostolique courageuse.

Le P. Henri, une figure gimontoise marquante.

Lors de l’homélie des obsèques du P. Henri, le P. Xavier Le Du, son supérieur, a su retracer les lignes fortes de cet apostolat paroissial; « Avoir un cœur d’enfant: je crois pouvoir dire que c’était l’essentiel de ta vie, Henri, à savoir la simplicité et le naturel qui surprennent et étonnent. C’est certainement le secret qui t’a toujours permis de rassembler les enfants et les jeunes que tu aimais particulièrement… Je reprends les mois du P. Vincent Hémon au sujet du Frère Pierre pour le les adresser aujourd’hui: ‘N’ayant rien et se prenant pour rien, il a présenté celle disponibilité hors de laquelle le Puissant lui-méme ne peut déployer ses merveilles’. Dans ta pauvreté, tu as été merveilleux de foi et de charité. Ta personne comptait peu. Tu as su nous faire goûter la valeur d’une vraie foi et tu nous obligeras à voir autrement la vie, qui n’a de sens et de valeur que par les autres … ». Homme franc, direct, vrai, respectueux des personnes rencontrées, il sait mettre en valeur les aspects positifs de chacun. En juin 1988, le P. Henri est hospitalisé à Auch pour un cancer. De là il gagne Layrac. Il meurt le vendredi 26 août 1988. Les obsèques y sont célébrées le lundi 29 août suivant par Mgr Vanel, archevêque d’Auch avec la participation de 450 fidèles venus en car.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe IV, 1987-1990, p. 31-32. Assomption-France, Nécrologie, année 1988, p. 142-143. Voulez-Vous? (bulletin de Layrac), 1988, n° 146, p. 18-24. Les ARC contiennent un rapport du P. Henri Calvarin sur Tarbes (1966). Articles nécrologiques dans les journaux SUD-OUEST, la DEPÊCHE DU MIDI et le bulletin paroissial L’ECHO DE NOS VALLEES (août 1988).