Henry Jérome (H.-C.-M.) ARGOUGES – 1914-1999

Tarbes, 1950.

« En ce jour de votre fête, je viens joindre mes vœux et mes prières à ceux
et celles de toute la Congrégration et vous redire toute ma filiale
affection. Ce matin, tous les religieux tarbais ont eu à cœur de vous
entourer par leurs prières. J’ai une raison en plus de le faire, car vous
savez tous les liens qui unissent ma famille à la Congrégation. Nous sommes
maintenant deux prêtres et une religieuse. En août, un autre neveu à la
mode de Bretagne, Jean- Claude de Rosny, entrera au
noviciat des Essarts et j’espère bien qu’un autre neveu propre prendra le
même chemin d’ici trois ou quatre ans. Le dimanche 30 juillet, le P.
Olivier chantera sa première messe à Arquenay. Je viens vous demander la
permission d’y assister et de prolonger mon séjour du 28 juillet jusqu’au
17 août, date pour laquelle je dois descendre à Lourdes pour prendre mon
poste au National. La maison ici continue son petit train de vie jusqu’au 5
juillet, date des prix. Actuellement on attend les premiers résultats
d’examens. La fin de l’année aura été dure, les orages dont le ciel nous
gratifie chaque
jour ont parfois des échos parmi nous, mais l’année est pratiquement finie
».

Henry Jérome (H.-C.-M.) d’ARGOUGES

Religieux de la Province de France.

Une fratrie à l’Assomption.

Henry-Camille-Marle-jérôme d’Argouges est né le 9 août 1914 est né à Arquenay (Mayenne). Il fait ses premières études au château familial La Motte-Henry, puis au collège de l’Immaculée Conception de Laval (1926-1929). Il passe au collège Saint-Caprais d’Agen (Lot-et-Garonne), de 1929 à 1933. Le 5 février 1934, il prend l’habit, sous le nom de Frère Henry-Jérôme au novicat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime) où le reçoit le P. Pol de Léon Cariou. Il y prononce ses premiers vœux le 11 février 1935: « Le Frère Henri-Jérôme, issu d’une famille aristocratique, s’est mis avec beaucoup de courage, de simplicité et de dévouement, à sa formation. On souhaiterait avoir beaucoup de vocations de cette trempe, des jeunes enjoués, sérieux et dévoués ». Henry- Jérome n’est pas le seul de sa famille à embrasser la vie religieuse à l’Assomption. Une de ses sœurs devient Petite-Sœur de l’Assomtion, son frère Olivier assomtionniste ainsi que leur neveu, le P. François de Crozé, mort noyé au Chli (1934- 1992). De 1935 à 1937, le Frère Henry-Jérôme étudie la philosophie d’abord à Layrac (Lot-et- Garonne), puis au scolasticat de Scy-Chazelles (Moselle). Viennent ensuite les années de service militaire à partir d’octobre l937, suivies de longues années de captivité en Allemagne dans un camp de travail (Oflag XVII A) où sont organisés des cours de grand séminaire. Il peut poursuivre dans ces conditions particulières sa formation théologique, grâce à l’abbé Gard, directeur du grand séminaire de Lille chargé des séminaristes prisonniers et à l’abbé Patenotre du séminaire de Bourges. En rentrant de captivité, il prononce ses vœux perpétuels à Lormoy (Essonne), le 8 décembre 1945, suivis assez rapidement du sous- diaconat.

Il est ordonné prêtre à Lormoy le 24 mars 1946, la formation théologique durant le temps de captivité ayant été validée.

Activités et services.

C’est dans l’enseignement d’abord que commence la vie sacerdotale du P. Henry-Jérôme. Il est envoyé au collège Sainte-Jeanne d’Arc de Tarbes (Hautes-Pyrénées) où il enseigne de 1946 à 1950, puis à celui de Toulouse (Haute-Garonne), dénommé Sainte-Barbe. Il réside 27 ans dans la ville rose, joignant à son travail de professeur et d’éducateur de nombbreuses activités pastorales: aumônerie des Scouts de France, animation spirituelle de la Fraternité catholique des malades et handicapés, sans compter tous les services paroissiaux volontiers acceptés. Chaque été, le P. Henry-Jérôme est fidèle à son rendez-vous de Lourdes pour le National. Il assure des heures de présence et d’accueü à la chapelle Notre-Dame pour les confessions et assume en plus la responsabilité du train de Toulouse. En 1978, il participe au pèlerinage des Polios, si fâcheusement écourté par la grève de la S.N.C.F. En 1979, on lui demande le service du supériorat à la maison des Pères âgés ou malades de Layrac (Lot-et-Garonne), prenant le relai du P. Lucien Laurent qui y a assuré lui-même un triple triennat (1970-1979). Très apprécié, le P. Henry-Jérôme est reconduit dans ses fonctions en 1981 et 1984, totalisant aussi de belles années de dévouement auprès de ses confrères. Lui-même essaie de rendre plus dynamique la vie des religieux anciens, en leur proposant des activités à leur niveau, suscitant des équipes de volontaires pour les discussions ou pour les jeux de société. Sa sollicitude est grande pour faire de cette maison de personnes âgées une maison de vie. Il reste toujours proche particulièrement de ceux qui sont atteints par la maladie, fidèle ainsi en tout lieu à un vrai charisme de compassion. Il se forme à Toulouse par des cours à l’animation des centres de personnes âgés. En 1987, le P. Henri-Jérôme est nommé à la communauté de Toulouse- Casselardit. En 1996, parvenu à l’âge de 82 ans, il lui est demandé de reprendre le chemin de Layrac, cette fois comme pensionnaire. C’est là qu’il passe les trois dernières années de sa vie. Il meurt à l’âge de 85 ans, à Layrac, le 19 janvier 1999. Il y est inhumé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, p. Assomption-France, Nécrologie année 1999, p. Voulez-Vous? (Layrac) , 1979, n° 107, p. 21 (nomination comme supérieur a Layrac). Lettre du P. Efenry-jérôme d’Argouges au P. Gervais Quenard, Tarbes, 19 juin 1950. Dans les ACR, du P. Henry-Jérôme d’Argouges, quelques correspondances (1946-1978).