Hervé (Joseph) DENNIEL – 1911-1996

A la fondation de Blou.
« En m’expédiant l’avis d’admission aux vœux
[renouvellement annuel] du Frère Hervé Denniel, le P. Provincial [Séraphin
Protin] me disait qu’il vous demandait de me déléguer, moi ou le P. Avit
[Chapuis] pour recevoir les vœux de ce Frère. Comme rien ne m’arrivait,
j’ai écrit de nouveau au Père Séraphin qui me répond de m’adresser
directement à vous. Je serais bien content que pour cette cérémonie vous
déléguiez le
P. Avit qui est le vrai
fondateur de La Modethaye. Il est juste qu’il préside la première cérémonie
de ce genre dans cette maison qui
est son couvre, Evidemment, s’il en était empêché, je le remplacerais avec
votre autorisation. Le P. Cécilien
[Le Berre] est ici depuis le 7 juillet. Jusqu’ici il a été calme, du moins
extérieurement et pas désagréable. Mais cela se gâte. Aujourd’hui il n’a
pas dit sa messe et il m’a déclaré, pour des raisons que j’ignore, qu’il ne
la dira pas pendant plusieurs jours. Cette
abstention n’est pas de nature à édifier nos postulants et les quelques
religieux de la
maison dont la vocation traverse une crise».
P. Mathias Nicolas, 1er août
1933.

Hervé (Joseph) DENNIEL

1911-1996

Religieux de la Province de France.

Un religieux Frère, discret et bon compagnon de route.

Joseph Denniel est né à Ploudaniel (Finistère) le 9 mars 1911 et il est baptisé le jour même. La famille compte neuf enfants dont une religieuse qui reste en 1996 la seule survivante. Joseph adolescent fréquente le sanctuaire tout proche de Notre-Dame du Folgoët et il se réjouit des visites du P. Mathias Nicolas (1873- 1964), recruteur pour l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire) et ami de la famille. Le 21 novembre 1928, à 17 ans accomplis, Joseph prend l’habit au noviciat de Scy-Chazelles (Moselle) et reçoit le nom de Frère Hervé. Profès simple le 22 novembre 1929, il est nommé à la paroisse de Laleu-La Pallice en Charente-Maritime, près de La Rochelle. Il accomplit ses obligations militaires à Saint-Brieuc en 1931- 1932. Il exerce à la caserne un apostolat discret mais efficace, auprès de ses camarades appelés et leur procure les joies de la lecture avec les publications qu’il reçoit de la Bonne Presse.

Appelé à tous les services.

En 1932, le P. Mathias Nicolas auquel le Frère Hervé reste très lié, et lui-même sont envoyés à Blou (Maine-et-Loire) pour aménager la gentilhommière de La Modethaye qui ouvre ses portes en 1934 aux vocations tardives. Le Frère Hervé rejoint alors l’alumnat d’humanités de Melle (Deux-Sèvres) qui se prépare à émigrer et qu’il accompagne en 1935 à Cavalerie (Dordogne). C’est là qu’il prononce ses vœux perpétuels le 29 mars 1937. Il est mobilisé en septembre 1939, fait prisonnier lors de la grande débâche de mai-juin 1940 et ne sera libéré qu’au printemps 1945. Nous n’avons guère d’informations sur cette longue période de la guerre qui fut une épreuve pour de nombreux jeunes religieux.

Libéré, le Frère Hervé passe un an au scolasticat de Layrac (Lot-et-Garonne), puis retourne en service à Cavalerie. En 1951, il est de nouveau à Melle où l’alumnat rouvre pour accueillir des élèves de grammaire. Le 29 mars 1962, est célébré à l’alumnat de Melle le 23ème anniversaire de profession perpétuelle du Frère Hervé, touché et surpris de recevoir à cette occasion la bénédiction du pape Jean XXIII. Le Père Claude Guenneau, assistant provincial, préside la cérémonie et prononce un sermon de circonstance. Tous les religieux originaires de Ploudaniel se sont donné rendez-vous ce jour-là à Melle pour entourer le Frère Hervé de leurs prières et de leur amitié fraternelle. En 1963, le Frère Hervé se brise accidentellement les jambes, doit réduire ses activités et part pour Blou où il reste jusqu’à la fermeture de la maison en 1966. Il franchit alors la Loire et Saint-Maur bénéficie de ses services pendant 9 ans (1966-1973). Connu de tous dans la Province de l’Ouest, il est, partout où il est passé, « apprécié pour sa piété, sa régularité, ses qualités naturelles: discrétion, égalité d’humeur, ardeur au travail, dévouement sans limites, aptitudes à rendre des services multiples ». Ce témoignage du P. François Rumeau concorde bien avec la physionomie humaine et spirituelle de ce religieux pour lequel l’estime est unanime. Nommé à Layrac en 1975, le Frère Hervé y connaît une « longue période ,d’activité: homme à tout faire et à tout bien faire, à toute heure. Occupant ses loisirs à la prière et à la lecture, il sait profiter de son esprit curieux et cultivé pour s’intéresser aux sciences et à l’histoire. Sa compagnie est agréable, son visage à la fois sérieux et souriant. Les dernières années de sa vie, sa démarche devient plus pénible. Il n’a qu’un petit appétit d’oiseau. Sa mauvaise vue le prive de lectures. Sa piété, sa foi, son abandon à la volonté de Dieu sont constants et se manifestent jusque dans son accueil du sacrement des malades et de l’indulgence plénière, quelques heures seulement avant de remettre son âme entre les mains de Dieu. ». C’est à l’aube du vendredi 13 décembre qu’il rend le dernier soupir. Le surlendemain, troisième dimanche de l’Avent, 15 décembre 1996, le Père Joseph Henry, vice-provincial de l’Ouest, préside les obsèques auxquelles viennent se joindre quelques Assomptionnistes du Sud-Ouest et la sœur du défunt. Le Frère Hervé repose dans le cimetière de Layrac, dans le caveau de l’Assomption.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 50-51. Assomption France, Nécrologie 1996, p. 378-379. Lettre à la Famille, 1962, n° 337, p. 276. Lettre du P.Mathias Nicolas au P. Gervais Quenard, Blou, 1er août 1933. Notices Biographiques