Hervé Stephan – 1925-2014

Quatrième des onze enfants de la famille, Hervé Stephan est né le 3 octobre à Henvic (Finistère). Son premier parcours est celui de nombreux assomptionnistes de la province de l’Ouest à l’époque : études secondaires dans les alumnats de Saint-Maur et de Blou en Anjou, noviciat en 1943 en pleine guerre à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime), philosophie
et théologie à Layrac (Lot-et-Garonne) où il est ordonné prêtre le 17 février 1951. Obtenant par la suite une licence en sciences, il est nommé professeur de physique au collège de Sainte-Barbe à Toulouse de 1953 à 1968, tout en se passionnant pour la JEC dont il deviendra aumônier diocésain, puis régional. En 1968, en pleine agitation estudiantine et sociale, il intègre la direction générale de Bayard-Presse, sans avoir été journaliste précédemment, en devenant également supérieur de la communauté assomptionniste. Années difficiles, reconnaîtra-t-il, mais marquantes :
« Sept années de peine et d’enrichissement, vécues dans un temps d’épreuves pour l’Église et les communautés religieuses ».
À sa grande surprise, il est élu supérieur général de la congrégation le 18 avril 1975 au chapitre général des Essarts.
Comme bien d’autres, la congrégation traverse alors une passe difficile : l’hémorragie des religieux et des prêtres quittant le ministère conjuguée avec de nombreux décès et très peu d’entrées la conduisait à douter d’elle-même et de son avenir.
Sans tarder, le P. Hervé s’attela à la tâche. Ses premières lignes au lendemain de son élection, fixent la ligne de conduite qui sera la sienne durant les deux mandats de sa charge : « Je souhaite que vous trouviez dans les orientations du chapitre une certaine passion pour l’Homme et pour Dieu. Une passion pour Jésus Christ, dont il nous faut dire le Nom, à temps et à contretemps, à l’homme avec qui nous vivons côte à côte. Ce fut la passion du P. d’Alzon. »
Que notre être et notre agir deviennent réellement évangéliques et annoncent Jésus Christ : toutes les opérations qui vont suivre pour stimuler l’Assomption de tous les continents visent ce but : l’affermissement de notre identité par la redécouverte du P. d’Alzon à la faveur du centenaire de sa mort ; l’expression parlante de notre esprit dans la Règle de vie ; les appels réitérés pour appuyer l’Assomption en devenir au Zaïre, à Madagascar, en Asie via la Corée ; la relance de la pastorale des vocations ; la mise en oeuvre de Vatican II ; la constitution d’une seule province de France ; la promotion du laïcat ; les retrouvailles en famille des branches de l’Assomption. Il laisse à son départ en 1987 une Assomption plus vigoureuse avant de rentrer dans le rang : une année à Jérusalem, trois au noviciat, huit en Roumanie comme volontaire.
Puis ce sera la rue Morère à Paris, les liens plus étroits avec les religieuses de l’Assomption et finalement, depuis 2009, Albertville où il est décédé dans sa 90e année le 1er novembre 2014 après 70 ans de vie religieuse.

P. Claude Maréchal

Bibliographies