Hilarion (Josef) LEROI – 1917-1990

Blessure.
Répondre par écrit sur la question du dégoût et de l’éc?urement dont j’ai
parlé m’est pratiquement impossible. Malgré la meilleure bonne volonté, je
ne
fais que déchirer les brouillons que je commence. Sans les faits du passé
inextricable, sans exposé des situations concrètes, mes affirmations ne
sont que des paroles creuses et gonflées, car je ne puis
détailler par écrits les faits passés. Vous me demandez dans votre réponse
si cela peut vous éclairer et vous aider à gouverner avec sagesse et
efficacité là où doivent
s’opérer des redressements je réponds que ce résultat ne peut être atteint.
Au contraire,
ouvrir les plaies du passé ne ferait qu’envenimer les choses. Tournons la
page et oublions le passé. Mon expérience la plus pénible durant ces trois
dernières années a été de constater qu’il est presque impossible de prendre
totalement ses responsabilités soit comme supérieur local
soit comme assistant provincial, sans rencontrer beaucoup d’amertume, sans
être contrecarré et même menacé. Même le P. Général n’est pas toujours au
courant de façon exacte! Ne dramatisons rien, le passe est passé, mais je
ne puis faire comme si de rien n’était ».

Religieux de la Province de Belgique-Nord.

Le temps de la formation.

Jozef ou Jef Leroi est né à Rutten, en Belgique, au diocèse de Liège, le 16 septembre 1917. Il est élève à Zepperen, de 1929 à 1933, puis à Kapelle-op-den- Nos, de 1933 à 1933. Il entre au noviciat à Taintegnies, le 29 septembre 1935 et prend le nom de Frère Hilarion. Il est attiré à l’Assomption pour une forme de vie religieuse et sacerdotale et éprouve de l’attrait pour l’enseignement. Il prononce ses premiers v?ux à Taintegnies le 30 septembre 1936. Le P. Domitien Meuwissen l’estime comme « un novice très intelligent, de grande piété, très affable, simple et ouvert à l’égard de son supérieur, donnant déjà la bonne mesure d’un esprit religieux, même si son ingénuité le rend parfois un peu ‘enfant terrible’ ». Après le temps du noviciat, ce sont les deux années d’études de la philosophie à Saint-Gérard (1936-1938). Il accomplit une année de service militaire et commence sa théologie à Louvain (1939-1940) que la guerre interrompt, après sa profession perpétuelle (30 septembre 1939). Il retourne donc avec ses confrères à Saint-Gérard, moins exposé aux combats de mai 1940 qui ont détruit l’ancien scolasticat de Louvain. Il y est ordonné prêtre le 26 juillet 1942. De 1942 à 1946, il se spécialise dans les sciences religieuses à l’Université de Louvain où en 1946 il décroche le grade de docteur en théologie.

Enseignement et responsabilités.

Homme réfléchi et pondéré, le P. Hilarion est doué d’une grande forme d’intelligence spéculative. Ses capacités et ses dispositions le rendent apte à la charge d’enseignant dans les maisons d’études de la province belge. De 1946 à 1948, il est professeur d’histoire de l’Eglise et de patrologie à Saint-Gérard, puis à Hal, de 1948 à 1952.

De 1952 à 1957, il est vicaire à la basilique Saint-Martin de Hal en même temps que professeur de religion dans une école technique de la ville. De 1957 à 1962, le P. Hilarion est nommé supérieur de la maison d’études Saint-Augustin à Leuven. Il y accompagne comme préfet spirituel les étudiants en philosophie et en théologie qui suivent les cours chez les jésuites à Heverlee. La confiance de ses supérieurs et de ses confrères le font choisir comme conseiller du Provincial de Belgique. Ayant éprouvé quelques difficultés dans l’exercice de ses fonctions et pour faciliter l’adaptation de la communauté à la situation nouvelle, il préfère en mai 1962 présenter sa démission comme supérieur de la communauté à Louvain, demi-rue. Le P. Martial Ronvaux, supérieur Provincial, souhaite cependant que le P. Hilarion reste sur place comme professeur au scolasticat. A partir de 1962, le P. Hilarion enseigne lui-même la philosophie à la maison d’études et jusqu’en 1972 il est également professeur de religion à l’école secondaire de l’Etat à Ifeverlee. A partir de 1967, il devient professeur de théologie au Centre d’études ecclésiastiques créé à Leuven dont le scolasticat assomptionniste est membre. En décembre 1972, il est nommé vicaire à Borsbeek-Saint-jacques et il le reste jusqu’en 1988. De 1975 à 1983, en plus du professorat, il est chargé de l’inspection des écoles primaires catholiques. A Pâques 1988, il fait l’expérience d’une douloureuse épreuve de santé qui le conduit au repos forcé, puis à une hospitalisation et enfin à une vie en maison de retraite à Tongeren. Il y meurt le 15 décembre 1990, à 73 ans. Ses obsèques sont célébrées dans sa paroisse natale à Rutten, le 19 décembre, où il est inhumé. Religieux très travailleur, accomplissant sa tâche d’enseignant avec beaucoup de conscience professionnelle, le P. Hilarion a exercé un réel ascendant sur toute la jeunesse assomptionniste. Plus adapté au rôle de conseiller spirituel qu’à celui d’administrateur où il a été parfois victime de sa naïveté ou surpris dans sa bonne foi, le P. Hilarion a su montrer dans des moments de difficulté toute la mesure de son esprit religieux dévoué, humble et effacé, tout en sachant faire part de sentiments personnels d’une grande franchise.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 109-110. Onder-Ons, maart 1991, p. 12- 19. Lettre du P. Hilarion Leroi au P. Wilfrid Dufault, Taintegnies, 1er septembre 1961. Dans les ACR, du P. Hilarion Leroi, des notes et remarques sur la révision des Constitutions et du coutumier (1960-1961), des rapports sur Hal (1953-1957), sur Louvain (1957-1961), quelques correspondances (1959-1961). Le P. Hilarion Lerai a donné des articles pour les revues Ontmoeting (Leuven) et Onder-Ons (1964-1967) et des nouvelles de Louvain qui ont été publiés dans La Lettre à la Famille (1958 … ).