Hilary (Terence) CARTER – 1921-1993

Noël anglais à Heathfield,
1962.

« Merci bien pour nous avoir envoyé l’amission du Frère Raphaël [Reilly].
Nous
avons fait la cérémonie avec autant de ferveur que possible. Nous étions
vraiment dans la paix et le silence parce que nous étions ensevelis dans la
neige. Personne ne pouvait venir assister. Le pauvre Frère
était si ému qu’il pouvait à peine arriver à la fin de la formule de
profession. C’est un brave garçon qui ira loin. Nous avons bien cé1ébré la
fête de Noël avec une grande messe solennelle. Les gens
du dehors ont chanté et nous étions 1ibres pour les cérémonies. Après la
messe de minuit, nous avons invité les fidèles à venir dans notre grand
salon où nous avions un grand feu de bois pour les égayer et un verre de
vin et
‘Christmas cake’ pour leur vie intérieure.

Je vous offre, mon Père, mes meilleurs vœux pour une heureuse et sainte
année, ainsi qu’à toute votre bonne communauté ».

P. Hilary au P. Wilfrid
Dufault.

Religieux de la Province d’Angleterre.

Origine et formation.

Terence Carter est né le 9 janvier 1921 à Brockley, de John Carter et d’Eisen Behan domiciliés sur la paroisse de Brockley où travaille une communauté assomptionniste. Il suit ses cours secondaires au Collège de Hitchin de 1934 à 1938 avant d’entrer au noviciat des Essarts (Seine-Maritime): le 29 septembre 1938 il prend l’habit sous le nom de Frère Hilary et la conduite du P. Maître, Albert Devynck. Il prononce ses premiers vœux le 30 septembre 1939 aux Essarts, mais à peine arrivé à la maison d’études Saint-Augustin de Lormoy (Essonne), il doit fuir l’invasion allemande et rejoindre l’Angleterre par Bordeaux et Liverpool. C’est ainsi que, du fait du contexte, ses études de philosophie et de théologie se déroulent dans le cadre du Collège de Hitchin et à Nottingham où il est en même temps professeur. Le 30 septembre 1942, il est admis à prononcer ses vœux perpétuels. Il est ordonné prêtre le 16 mars 1946 par Mgr Lee, évêque de Clifton, à Bindon. « De caractè,re joyeux, aimant les facéties, très distrait, sensible et porté à la confiance, le P. Hilary se montre sérieux et zélé dans les diverses responsabilités qui lui ont été confiées jusque là. Très dévoué et serviable, il accepte facilement de servir là où il sera envoyé ».

Nominations et obédiences diverses.

Le P. Hilary commence sa vie sacerdotale dans l’enseignement au collège de Hitchin qu’il connaît bien (1947-1953) avant d’être affecté au ministère paroissial à Chariton (1953-1955) en même temps qu’il assure la charge de recruteur. Il devient maître des novices de 1955 à 1964 à Cross-in-Hand (Heathfield) dans le Sussex..

Notices Biographiques A.A Fidèle à sa charge, il apprend à se défier de ses propres impressions pour garder une plus grande objectivité dans ses jugements et appréciations sur les jeunes qui lui sont confiés. On lui reproche parfois d’être un peu trop direct et violent dans ses expressions. A partir des années 1965, à cause du petit nombre de novices anglais, Heathfield est en semi-activité et l’on envoie de préférence les candidats anglais à la vie religieuse se former en France à Pont-l’Abbé d’Arnoult. Pour les études de philosophie, les jeunes religieux anglais sont confiés à la maison belge de Saint-Gérard. C’est ainsi que le P. Hilary se rend à Pont-l’Abbé d’Arnoult en octobre 1962 pour recevoir les vœux du Frère Raymond Jones. En 1964, le P. Hilary participe au chapitre général à Rome. Ensuite, le P. Hilary est successivement nommé curé et supérieur de Bethnal Green où il réveille la paroisse un peu endormie, supérieur à Foxholes, curé à Hitchin (1976) où il est responsable de la construction de la belle église paroissiale actuelle. Après une période à Londres et de nouveau à Foxholes, il est nommé aumônier des religieuses Marie- Joseph à Baldock. En 1993, le couvent étant fermé, il aide dans la petite paroisse de Hertford où le 4 avril 1993 il est foudroyé pendant qu’il porte la sainte communion aux malades.

Personnalité.

Le P. Hilary est un homme actif, plein de vie. Il a toujours une histoire ou une anecdote à raconter. Comme beaucoup de sa génération, il a du mal à accepter les changements qui ont lieu après le concile de Vatican Il et les nouvelles directives. Malgré sa souffrance personnelle, il ne bronche jamais dans sa loyauté à l’Eglise. Il est reconnu parmi les religieuses comme prédicateur et confesseur et c’est sans doute dans ces fonctions qu’il a vécu le plus heureusement. La grande foule présente à ses obsèques témoigne du respect qu’on lui porte.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption Nécrologe (V) 1991-1993, p. 93-94. On doit au P. Hilary Carter quelques rapports sur les maisons de Capenor et Heathfield (1955-1960) ainsi que pour Heathfield de 1960 à 1963 et un peu de correspondance aux religieux de la Curie entre 1956 et 1963.