Hildebert (Pierre) BLOIS – 1878-1965

Au lendemain d’un jubilé d’or.

« Le P. Bornand m’a remis à Dijon où m’attendait la bonne et réconfortante
lettre que vous avez bien voulu
m’envoyer à l’occasion de mon cinquantenaire sacerdotal.

Ce cinquantenaire, je le dois à Dieu qui a bien voulu me donner la santé
pour y parvenir. Je l’en remercie. Je le dois aussi à ma chère famille
religieuse. Elle m’a permis de travailler la réalisation de l’Adveniat
Regnum qui forme sa devise. Sans doute j’aurais pu mieux faire. Je demande
pardon de mes défectuosités dues souvent à un tempérament pas assez
combattu. J’espère que Dieu me tiendra compte de ma bonne volonté. En
Orient surtout, sous la direction des chefs éminents qu’étaient les
P. Picard, Bailly, Mariage, Félicien, Louis Petit, le P. Gervais si connu
en Bulgarie, je me suis consacré aux œuvres si chères au P. d’Alzon. Votre
lettre m’a rappelé tous ces souvenirs. Laissez-moi vous remercier et vous
dire combien en ces fêtes jubilaires j’ai prié pour vous et pour
l’Assomption. »

P. Hildebert au P. Gervais
5 juillet 1957.

Religieux de la Province de Lyon.

Comme Abraham, va, quitte ton pays.

Pierre est né le 3 août 1878 à Bellac, gros bourg près de Limoges (Haute-Vienne). Une de ses sœurs se fait religieuse. Pierre commence sa scolarité à l’école des Frères des Ecoles chrétiennes et entre à l’alumnat du Breuil (Deux- Sèvres) en 1892. Il poursuit ses études à Clairmarais (1895-1897). Comme Abraham, il quitte son pays pour entrer au noviciat de Phanaraki en Turquie où il prend l’habit le 7 novembre 1897 et le nom de Hildebert, sous la direction du P. Alfred Mariage. Il va passer 26 ans dans les maisons d’Orient! Il est marqué au cours de sa formation par les PP. Félicien [Vandenkoornhuysel et Benjamin [Laurès]. Ses premiers vœux prononcés le 16 novembre 1898, le Fr. Hildebert est envoyé comme professeur ‘au banc d’essai’, à Karagatch (1899-1900) où il prononce ses vœux perpétuels le 21 novembre 1899. Son parcours orientai est sinueux: Plovdiv, école Saint-André (1900-1902), philosophie et théologie à Kadi-Keuï (1902- 1907) où il est ordonné prêtre le 25 mai 1907 par Mgr. Tacci, Karagatch à nouveau (1907- 1912), Worcester aux USA (1912-1914). La guerre le maintient plus de quatre ans mobilisé (1914-1919), il en revient décoré de la Croix . En juin 1919, il reprend le chemin de Karagatch (1919-1921), puis Plovdiv (1921-1923). Il fait un séjour en France, à Saint-Sigismond (1923- 1924) comme supérieur de l’alumnat, passe ensuite à Lorgues (1924-1926), à Saint-Denis près de Paris (1926-1927) et repart pour la troisième fois en Orient, sa terre d’attache: Plovdiv (1927-1929), Yamboi (1921-1931), Beius en Roumanie (1931-1934) où il est supérieur.

En service pastoral, le ‘Père populaire’.

En 1934 le P. Hildebert quitte définitivement

l’Orient pour rentrer en France: son activité va s’exercer dorénavant dans le cadre paroissial pour lequel il a beaucoup d’attrait et où il réussit bien. Résidant à Scy-Chazelles (1934-1937), il est curé de Rozereuilles et aumônier du Noël messin, alors florissant. Il remplace à ce poste le P. Lavigne parti établir l’Assomption en Tunisie. La Lorraine n’est qu’une courte étape dans la vie pastorale du P. Hildebert: en 1937, le P. Zéphyrin Sollier l’envoie à Maranville (Haute- Marne) où l’Assomption vient d’accepter de prendre en charge un groupe de paroisses, un centre dédié à Saint-Joseph et une maison de prêtres à la retraite. Il y passe 18 ans en deux tranches: 1937-1946 comme supérieur et 1949-1959. En 1946, il est nommé supérieur de Carnolès (Alpes-Maritimes), de là il passe à Nozeroy (Jura) de 1947 à 1949. Maranville le retrouve de 1949 à 1959: il est le ‘Père populaire’. Curé de campagne, desservant plusieurs paroisses, il les parcourt à pied, portant son casse-croûte en poche. Il aime aller tranquillement en chemin, causer avec les paysans aux champs. C’est à Maranville qu’il fête le 30 mai 1957 ses noces d’or sacerdotales avec les PP. Michel des Saints Cauliez et Renaud Burdin. L’évêque de Langres, Mgr. Chiron s’est déplacé pour la circonstance et une grande affluence de fidèles viennent témoigner au ‘Père populaire’ leur attachement et leur reconnaissance. Homme simple, aux contacts naturels faciles, il laisse dans les âmes l’empreinte de sa jeunesse de cœur, de sa bonté et de sa gaîeté. Mais le P. Hildebert vieillit, les forces s’en vont, le paludisme le fait souffrir comme l’indifférence religieuse des campagnes. Il veut encore servir à l’orphelinat Saint-Loup (Haute-Marne) et à Agencourt, près de Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or). L’heure de la retraite sonne même si le P. Hildebert a du mal à l’admettre. Les infirmités l’obligent à gagner Lyon où il est opéré à l’hôpital Saint-Joseph et finalement Lorgues (Var) où sa bonté et sa bonne humeur le rendent sympathique à tous (1959-1965). Il tient encore à assurer un ministère de confession chez les sœurs Oblates. Il envisage sa mort avec sérénité. il meurt à Lorgues le 15 janvier à 12h15. Ses funérailles sont présidées par le P. Christophore Figuet, délégué du P. Provincial, Noël Bugnard empêché.

Bibliographies

Bibliographie : B.O.A mars 1966, p. 116-117. Rhin-Guinée, 1965, n°59, p. 6-9. Seamine religieuse de Langres du 29.01.1965.