Hippolyte (Jacob-A.-C.) LAMBERIGTS – 1919-1952

Soisy, 1950.

Vous sachant très occupé, j’ose néanmoins vous adresser ce petit mot, en y
ajoutant mes meilleurs v?ux de la part de tous ceux qui avec regret doivent
rester à Soisy. Nous vivrons avec vous, nous sommes heureux avec vous et
espérons que le beau travail, commencé il y a cent ans par notre bien aimé
Fondateur, puisse se développer de plus en plus et que tous vos fils, la
main dans la main, continuent la volonté de leur premier
Père, la sanctification de leur personne et, par elle, celle des autres.
Maintenant, j’ose vous demander une petite autorisation. Il y a plusieurs
mois que la Mère Lucie, supérieure à Bergeyk
(Hollande) vient prendre des leçons de français ici. Une de ses grandes
tristesses, si je puis dire, est que les S?urs hollandaises n’ont même pas
le Directoire des Oblates dans leur langue. Je vous serais très
reconnaissant si vous puissiez me permettre de les encourager dans leur
tâche par ce petit moyen. La Supérieure générale y consent volontiers pour
sa part ».

P Hippolyte Lamberigts.

Religieux de la Province de Hollande, transféré à la Province de Paris.

Formation.

Jacob-Albert-Christiaan Lamberigts est né, le 7 mars 1919, à Blérick, au Limbourg hollandais, dans le diocèse de Roermond (1). il fait ses études littéraires à Boxtel, de 1931 à 1938. Le 25 septembre 1938, il prend l’habit au noviciat belgo- hollandais de Taintegnies, sous le nom de Frère Hippolyte. C’est à Bergeyk (Pays-Bas) qu’il prononce ses premiers v?ux, le 26 septembre 1939. Le P. Domitien Meuwissen, son maître des novices, le présente comme « un religieux ayant réalisé beaucoup de progrès pendant son noviciat pour corriger sa légèreté et son esprit’ espiègle ». Profès perpétuel à Bergeyk le 23 septembre 1944, il poursuit toute sa formation cléricale entre Saint- Gérard et Bergeyk: philosophie et théologie (1939- 1945). Il est ordonné prêtre le 15 avril 1945.

Services en France.

Après son ordination, il est envoyé en France, à l’alumnat de Soisy-sur-Seine (Essonne) où il enseigne la classe de cinquième jusqu’en 1951. En octobre 1951, il passe au collège Saint-Louis de Gonzague à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales (2): il y enseigne le catéchisme, fait de la surveillance et y prépare l’examen du baccalauréat.

Mort accidentelle.

Le mercredi 4 juin 1952, le Père Hippolyte revient vers 14 h. 10 au collège Saint-Louis, avec l’autobus qui collecte les élèves de sa surveillance. Il fait chaud, l’atmosphère est lourde et tout le monde transpire. Il a la malencontreuse idée d’aller se rafraîchir à la piscine dans cet état, en pleine digestion et dans une eau assez froide. En sortant du dortoir où il a sa chambre à coucher

et où il est allé chercher une serviette de toilette, il dit à la personne qui fait le ménage combien il va pouvoir jouir de ce bain. Mais deux minutes plus tard, il coule au fond de la piscine, sans bruit et sans cri, car le P. Manuel Vandepitte, dont la fenêtre donne sur la piscine, n’entend rien. Une demi-heure plus tard environ, le P. Régis Fontenat, préfet de discipline, fait une tournée de surveillance, aperçoit une soutane déposée sur le bord, mais pas de nageur. Il inspecte l’eau et voit immédiatement le corps du P. Hippolyte reposant sur le fond, par deux mètres de profondeur, la tête sur le bras droit replié. On lui prodigue tous les secours religieux possibles; on tente pendant deux heures, avec le concours d’un médecin et d’appareils modernes, de le ramener à la vie. Mais il faut se rendre à l’évidence, le P. Hippolyte est bien mort et les circonstances de son décès, à 34 ans, laissent tout le collège dans la stupéfaction. Ses obsèques sont organisées dans l’émotion générale. L’évêque du diocèse, Mgr Bernard, prend part à la cérémonie. Le corps du P. Hippolyte repose non loin de celui du Frère Aloys Rossi, dans le cimetière Nord de la ville. Par la suite, la communauté de Perpignan se préoccupe de recueillir les restes des religieux morts à Perpignan dans un caveau de l’Assomption.

(1) Roermond est parfois désigné sous sa forme latinisée de Ruremonde (diocesis Remundensis), évêché suffragant d’Utrecht, érigé en 1559, supprimé en 1901, érigé à nouveau en 1840 sous la forme d’un vicariat apostolique, redevenu évêché en 1853. (2) le collège Saint-Louis de Gonzague à Perpignan possède une longue histoire qui remonte au XIXème siècle. Les bâtiments sont spoliés en 1907, du fait des lois scolaires et religieuses en vigueur. Il renaît en 1925 sous la forme d’un petit séminaire diocésain dans un ancien couvent- pensionnat des Dames du Sacré-C?ur, situé dans un quartier appelé Haut-Vernet, à trois km du centre-ville. A cette institution scolaire en est liée une autre, un externat dit ‘Petit Saint-Louis’. En 1928, sur la demande des autorités diocésaines, l’Assomption y envoie pour renforcer l’équipe de direction et d’enseignement trois religieux, puis à partir de 1931, suite au retrait du collège de Sens (Yonne), un plus fort contingent, sous la direction du P. Herbland Bisson. En 1935, l’évêché de Perpignan vend à la Congrégation de l’Assomption le domaine immobilier de Saint-Louis, par transfert de propriété des actions de la Société juridique ‘Espira de l’Agly’. La construction de la piscine date de 1938.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. avril 1953, p. 34. Lettre à la Famille, 1952, n° 139, p. 67. Lettre du P. Hippolyte Lamberigts au P. Gervais Quenard, Soisy-sur-Seine, 28 mai 1950 [D’après cette correspondance, le P. Hippolyte Lamberigts serait le traducteur néerlandais du Directoire des Oblates].