Honorat (Albert-J.-M.) HEUGUET – 1907-1994

Intercession. « Lors de la nomination au supériorat à Cahuzac du P.
Armel-Guen, notre recruteur jusque-là, le P. Provincial [Zéphyrin Sollier]
avait promis de le remplacer. Au chapitre à Lourdes, il lui avait assuré
que le P. Lançaro nous était réservé. Depuis lors, aucune nouvelle. Désolé
de
ces atermoiements incompréhensibles, le P. Armel vous a écrit mais n’a reçu
aucune réponse. Or les alumnats sont pépinières de
vocations. Nous ne savons que faire. Nous ne sommes que cinq prêtres pour
assurer classes, surveillance, service
du sanctuaire, prédications aux environs, deux paroisses à notre charge
pour l’instant, sans compter tous les services à rendre aux curés si peu
nombreux dans le diocèse. Si le Supérieur se charge du recrutement, la
maison restera sans tête des mois durant. Il y
a urgence à nous donner le moyen de peupler Cahuzac. Vous le comprenez
d’autant mieux qu’il y a 4 ans, lors de votre visite, vous vous êtes plaint
que nos classes n’étaient pas assez fournies. IL faut courir des mois, à
pied, en bicyclette, dans deux ou trois départements pour récolter à peine
20 nouveaux. Le remède, c’est d’avoir un recruteur à temps plein. Nous
comptons sur vous pour obtenir le P. Lançaro.

Religieux de la Province de France.

Une grande mobilité.

Albert-Jean-Marie Heuguet voit le jour à Pléchâtel (Ille-et-Vilaine) le 25 octobre 1907 et est baptisé le jour même. Après ses études dans les alumnats de Zepperen (Belgique), de 1921 à 1923, de Saint- Maur (Maine-et-Loire), de 1923 à 1924, du Bizet (Belgique), de 1924 à 1925 et enfin d’Arras (Pas-de- Calais), de 1923 à 1926. Il prend l’habit à Saint- Gérard, le 31 octobre 1926 avant de gagner le noviciat de Taintegnies, sous la conduite du P. Savinien Dewaele et le nom de Frère Honorat. Profès le 6 novembre 1927 à Scy-Chazelles (Moselle), il se rend de nouveau à Saint-Gérard pour les études de philosophie pendant trois ans (1927-1930) et fait son service militaire à Rennes (1930-1931). Commencée à Louvain où il est reçu aux v?ux perpétuels le 1er novembre 1932, sa théologie s’achève à Lormoy (Essonne) en 1934- 1935, où il est ordonné prêtre le 25 décembre 1934. En 1935, le P. Honorat est nommé professeur de sixième à Saint-Maur. Proche de ses élèves, patient avec les alumnistes débutants et parfois récalcitrants, il est aimé de tous. Au bout de trois ans, des problèmes pulmonaires l’obligent à vivre au soleil du midi. En 1938, il est en route vers Lorgues (Var) et fait une halte à l’alumnat de Cahuzac (Gers). Le P. Régis Escoubas, sûr que le climat lui sera bénéfique, obtient du Provincial, le P. Michel Pruvost, qu’il y reste. Complètement rétabli, il devient professeur de quatrième en 1941. Il est ensuite économe de 1950 à 1954. Le P. Honorat a trouvé la stabilité.

Dans les alumnats et paroisses de l’Ouest.

De 1954 à 1957, le P. Honorat est supérieur de la maison des Vocations Tardives de Blou (Maine-et- Loire) qui compte, à l’époque, autour de 25 élèves et qui, en 1956, envoie cinq postulants au noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime)

où sept anciens sont déjà novices. D’autres sont dans les séminaires diocésains (7 à Angers) ou d’autres noviciats religieux. De 1957 à 1959, le P. Honorat est professeur au collège Jeanne- d’Arc de Tarbes (Hautes-Pyrénées). En 1959, il retourne sur les bords de la Gimonne à Cahuzac, horizon qu’il ne va plus quitter. Il enseigne à nouveau à l’alumnat de Cahuzac et assure le service de diverses paroisses. Lorsque l’alumnat ferme ses portes en 1967, il reste dans l’équipe pastorale de Gimont dont le territoire est planté d’une douzaine de clochers. Il dessert Maurens, Juilles, Montiron, Giscaro, Escornebceuf. A la fin des années 60, son Provincial, le P. Henri Guillemin, lui suggère de s’orienter vers l’apostolat des personnes âgées, nombreuses dans le canton. Il découvre alors avec joie une forme d’apostolat qui lui permet de rencontrer les gens autrement que dans les fonctions officielles d’un curé. « A pied dans Gimont, en voiture à l’extérieur, il se déplace constamment vers les personnes àgées et les malades, sans oublier sa présence presque continuelle à l’hôpital » (1). Cet hôpital de Gimont, d’une capacité de 100 lits, devient sa résidence en décembre 1992. Il revient en communauté le dimanche, lorsque son état de santé le permet. Transféré dans une clinique d’Auch (Gers) le 7 mars 1994, il s’y éteint le 11 mars suivant à deux heures du matin. Le lendemain, Mgr Vanel, archevêque d’Auch, entouré de 35 prêtres assomptionnistes et diocésains, préside les obsèques. Le P. Honorat repose dans la tombe des Assomptionnistes à Gimont, à côté du Frère Joannès Dumas, du P. Faustin Gerbet et du P. Armel Guen. « Nous avons de lui limage d’un homme dévoué, charmant, apostolique, d’un homme chez qui la jeunesse d’esprit permet la coquinerie et les répliques les plus inattendues. Du point de vue religieux, le P. Honorat laisse le souvenir d’un modèle de régularité, d’une grande fidélité à la Règle, au service de la communauté » (2).

(1) Sud-Ouest du 30 décembre 1987, à l’occasion des 60 ans de profession du P. Honorat. (2) Du P. Xavier Le Du, toujours à l’occasion des 60 ans de profession du P. Honorat.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1994-1995, p. 12-13. Assomption France, Nécrologie, 1994, p. 304-305. A Travers la Province (Paris), 1988, n° 54, p. 18. Lettre du P. Honorat Heuguet au P. Gervais Quenard, Cahuzac, le 13 mai 1946. Du P. Honorat Heuguet, dans les ACR, quelques correspondances (1930-1946) et rapports sur Blou (1954-1957).