Hubertus (Adrian.-M.) VAN DER – 1911-1981

Alem Paraiba, 1966.
« Nous espérons qu’après tes nombreux vagabondages tu es rentré à Rome sain
et sauf et que tu es de nouveau pleinement accaparé par la direction de la
Congrégation. L’intensité du travail est telle que ce boulot quotidien doit
te prendre à la gorge. Mais quand tu auras mis le pilote automatique, les
choses seront sans doute plus faciles! Avant ton départ du Brésil, je me
suis encore rendu à Rio avec l’espoir de t’y rencontrer.
Comme tu es un brave garçon, je venais te faire voir la 3ème partie du
Directoire que j’avais déjà traduite; mais tu n’étais pas encore arrivé.
Alors j’ai laissé cette traduction au Supérieur de Rio en lui demandant de
te la donner. Depuis lors je n’en ai plus entendu parler. Maintenant j’ai
la forte impression que la traduction du Directoire est un petit travail
que tu confies à l’un ou à l’autre et qui est finalement jeté quelque part
dans un tiroir. C’est pourquoi
je n’ai vraiment plus envie de continuer ce travail dont je ne saisis plus
le sens. J’aimerais savoir si pour toi cette traduction est une entreprise
sérieuse. C’est tout ce que j’ai sur le cœur. Les Pères ici sont très
occupés par le soin des âmes et ils te souhaitent tout le bien possible ».
P. Humberto.

Religieux de la Province des Pays-Bas. Premier parcours. Adrianus-Martinus Van Der Linden, dit Arie, est né le 27 juin 1911 à Schiedam, aux Pays-Bas, au diocèse de Haarlem. Son père porte les mêmes prénoms, sa mère s’appelle Dorothea Van Der Ende. Adrianus-Martinus junior commence sa scolarité à Rotterdam et gagne Boxtel en 1924, d’abord au château, puis, à partir de 1927, dans la nouvelle école apostolique Sainte-Thérèse. Il prend l’habit au noviciat de Taintegnies, le 28 septembre 1930 et il y prononce ses premiers vœux le 29 septembre 1931, sous le nom de Frère Hubertus. Le P. Romanus Declerq, maître des novices, émet un avis nuancé pour la première profession de ce religieux: « Le Frère Hubertus est loin d’être un des novices les mieux formés. Sans doute de façon inconsciente, il ne s’est pas assez prêté à la formation souhaitée pour lui. Il n’est pas des plus faciles, trop têtu et discutailleur, porté à la contradiction. Peut-être, ce trait doit-il être mis au compte de la taquinerie, mais je crains qu’il ne dégénère à la longue en une tournure d’esprit. Le Frère raisonne volontiers doctoralement sur des sujets qui le dépassent et qu’il ne connaît qu’à peu près. Je le crois sincère, mais trop peu ouvert. C’est pourquoi si je ne pense pas devoir le retarder aux vœux, je crois opportun de signaler qu’il doit être gardé en vue et repris avec bonté». Il gagne la maison de Saint-Gérard pour l’étude de la philosophie (1931-1934), suivie de quatre années à Louvain pour les études de théologie (1934-1938). Le P. Aubain Colette le présente à la profession perpétuelle, émise le 29 septembre 1934: « Le Frère Hubertus au cours des deux dernières années m’a fait l’impression d’un religieux loyalement soucieux de sa formation et préoccupé de se vaincre. Il s’est ici occupé des fleurs avec soin et persévérance, Page :175/175 se privant de promenades et de récréations ». Le 6 mars 1938, le Frère Hubertus est ordonné prêtre à Louvain. Il est nommé professeur à l’alumnat de Zepperen. Missionnaire au Brésil. A partir de novembre 1939, il fait partie du groupe de religieux hollandais du Brésil où il va travailler jusqu’en 1976, sous le nom de Père Humberto. On lui connaît comme affectations les paroisses d’Alem Paraiba (1), de Rio de Janeiro, de Sao Paolo, d’Aventureiso, de Guiricema. Il enseigne aussi dans le collège de Joao Pessoa, le petit séminaire de Rio Preto et l’école apostolique de Pinhal. C’est en 1976 qu’il rentre définitivement aux Pays-Bas. Il est membre de la communauté de Boxtel-château à partir de 1977 et prend du service dans les paroisses et communautés religieuses des environs. Le Vendredi Saint de l’année 1981, il doit être hospitalisé. Il comprend très vite qu’il n’y aura pas pour lui de guérison possible. Après une longue maladie, supportée avec beaucoup de résignation, il meurt le 7 décembre 1981, à l’âge de 71 ans. Ses obsèques sont célébrées dans la chapelle des Ursulines à Boxtel, le 10 décembre, suivies de l’enterrement dans la concession des Religieux de l’Assomption à Boxtel. (1) Nous extrayons les informations suivantes de son rapport comme curé intérimaire de la paroisse en décembre 1957, en l’absence du P. Cyriel Lubbers: « La communauté est composée de cinq religieux (2). Cette année, le nombre de communions s’est élevé à 133.000, celui des baptêmes à 1.108, des mariages à 174 et des enterrements à 129. Malheureusement nous avons eu un religieux qui a acheté une maison à 150.000 cruzeiros et a entrepris une oeuvre qui coûte 200.000 cruzeiros sans prendre l’avis de ses confrères. On ne peut compter sur lui pour les oeuvres qui sont assumées par la communauté. En janvier nous reprendrons les exercices religieux prescrits par le P. Provincial. Le mois de décembre est particulier en raison des missions données à Notre-Dame de Fatima. ». Une fois rentré le P. Cyriel croit bon de préciser en observations complémentaires. « Après avoir pris des informations au sujet des observations faites par le P. Humberto, on peut conclure qu’il n’y a en fait rien de grave. Le religieux en question a utilisé régulièrement l’argent de la paroisse pour le transfert de l’hospice ». (2) Nous en trouvons en fait sept indiqués comme suit dans le Repertoire des religieux: PP. Cyriel Lubbers, supérieur; Athanasius Snijder, Hubertus Van Der Linden, Wenceslaus Stoop, économe, Christofoor Stoffelen, Arnoldus Nulle et Gerardus Coenen. Page :176/176

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 30-31. De Schakel, 1981. lettre du P. Hubertus Van Der Linden au P. Leander De Leeuw, Alem Paraiba, 16 août 1966 (traduction du P. Daniel Stiernon). Du P. Hubertus Van Der Linden, dans les ACR, rapports sur Alem-Paraiba (1957- 1958). En 1997, le P. Emanuel Van Der Stappen a édité un fascicule ‘Nos Frères Défunts: 1935- 1995, contenant une notice sur les Assomptionnistes défunts qui ont parti- cipé à la mission au Brésil, depuis les origines (1935), soit en 1997: 36 reli- gieux dont 27 Néerlandais, 7 Français, 1 Belge et 1 Espagnol.