Hugo (Henk) VAN TUIJL – 1926-1997

Bergeyk, 1952.
« En vous félicitant de votre élection comme Général, me voici un de vos
fils, Frère Hugo V. Tuijl, de Bergeyk. C’est d’un cœur plein de confiance
que je m’adresse à vous, espérant que vous voudrez bien me lire malgré vos
occupations. Le trois mai, il y a eu ici les ordinations, je n’ai pas eu le
bonheur d’être ordonné sous-diacre avec mes condisciples parce que j’ai été
retardé. J’ai accepté cette mesure prise pour mon bien.
Je reconnais avoir agi avec empressement sans réfléchir et sans apporter la
prudence nécessaire quelquefois. Je tâcherai de faire en sorte que cela ne
se reproduise plus et je m’efforcerai de devenir un digne fils du P.
d’Alzon. En intercédant pour moi auprès de Dieu, j’espère aussi faire
quelques progrès. Je viens
vous demander, avec l’approbation de mon Supérieur, s’il ne serait pas
possible, à l’occasion de votre élection comme Général de me remettre en
partie le délai imposé afin de pouvoir bientôt célébrer la messe. Vous
comprenez quel bonheur ce serait pour moi! Je tiens à vous assurer que le
fait d’être ordonné plus tôt ne me fera pas faiblir dans ma résolution
d’effort ».
Hugo Van Tuijl.

Religieux de la Province des Pays-Bas. Deux Frères à l’Assomption. Henk Van Tuijl est le frère aîné de Joep (1931-1990). Lui-aussi est né à Eindhoven, le 18 juillet 1926. A l’âge de 13 ans il commence ses études secondaires à Boxtel où il est scolarisé de 1939 à 1945. Le 26 septembre 1945, il prend l’habit, sous le nom de Frère Hugo à Boxtel. Le temps de noviciat se déroule à Halsteren sous la conduite du P. AEgidius Beckers, au terme duquel le Frère Hugo prononce ses premiers vœux, le 27 septembre 1946. C’est à Bergeyk que se déroulent toutes ses études philosophiques et théologiques, de 1946 à 1953. Il est admis à la profession perpétuelle en septembre 1950 et à la prêtrise le 22 mars 1953. Missionnaire au Brésil. Le P. Hugo va d’abord passer les 16 premières années de sa vie sacerdotale au Brésil (19531969), principalement à Fernandopolis. Il y vit ‘à la brésilienne’, portant une prédilection toute spéciale aux sans-abris, aux drogués, aux réfugiés. Sa créativité et son tempérament musical l’aident à concevoir une Cité des enfants pour les jeunes de la rue. Comme lui-même se sent apparenté aux sans- abris, il trouve tout à fait normal, à l’exemple du Christ, de fréquenter les marginaux et les quartiers déshérités des cités pour distribuer du pain la nuit. C’est sa façon à lui de rendre le Christ présent auprès des pauvres. Sa façon d’être religieux est caractérisée par la simplicité de sa personne. Toujours joyeux et content, il ne construit pas de grandes théories sur l’apostolat. Sa religiosité s’exprime dans ses relations simples avec les personnes rencontrées. Il peut méditer pendant des heures, sans notion du temps. Il vit sa vie religieuse à sa manière. Le P. Hugo qui reprend son prénom de baptême, Henk, a bon cœur, Page :251/251 agit sans malice et porte intérêt à l’homme. Il n’a aucune idée sur la valeur de l’argent et partage volontiers tout ce qu’il possède. En 1969, le P. Henk retourne aux Pays-Bas oÙ il est occupé jusqu’en 1979 à l’animation d’un centre de jeunes à Weert. Aumônier militaire et aumônier du tourisme. De 1979 à 1986, le P. Henk trouve une activité ministérielle dans l’aumônerie militaire. C’est ainsi qu’il passe quelque temps au Liban. À l’armée il se comporte comme par le passé au Brésil. il distribue ce qu’il gagne, paye bière et café aux soldats. Son talent musical et sa créativité naturelle le rendent sympathique. Pendant les combats qui ensanglantent la région de Beyrouth, il joue de l’accordéon! De 1986 à 1990, le P. Henk réside en Espagne, à Costa del Sol, au service des touristes hollandais. Il s’attache plus spécialement aux personnes âgées. Nombreuses lui sont reconnaissantes de ce qu’il fait pour elles. En 1990, le P. Henk retourne aux Pays-Bas et s’installe dans un appartement à Woensel, tout en faisant partie de la communauté régionale de Boxtel III. Il participe régulièrement aux réunions mensuelles de la communauté de Molenweide. Il s’y fait remarquer dans ses interventions pour ses avis et points de vue clairs, sollicitant aussi les réactions et les répliques de ses confrères. Il se montre fidèle aux réunions annuelles de la Province, à la mémoire des confrères défunts. Son chant de cygne. Atteint d’un cancer, le P. Henk sait qu’il n’en a plus pour très longtemps. Cela ne l’effraie pas. Il est resté ce qu’il a toujours été, un homme un tantinet naïf, spontané, cherchant l’aventure, très sensible et émotionnel. C’est paisiblement qu’il évoque l’approche de ses derniers jours, disant lui-même qu’il a vécu content et qu’il mourra comme il a vécu. Il est décédé en paix à l’hôpital Sainte-Catherine à Eindhoven le 8 septembre 1997. Les obsèques ont lieu dans l’église paroissiale de Lenisheuvel. Il est inhumé à Stapelen (Boxtel). Page :252/252

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 91-92. De Schakel, oktober 1997, p. 181-190. Lettre du P. Hugo Van Tuijl au P. Wilfrid Dufault, Bergeyk, juin 1952. Dans les ACR, du P. Hugo Van Tuijl, quelques correspondances (1952-1966) dont quelques- unes, de Pernandopolis, sont éditées dans le bulletin De Schakel en 1954. En 1997, le P. Emanuel Van Der Stappen a édité un fascicule ‘Nos Frères Défunts: 1935- 19951 contenant une notice sur les Assomptionnistes défunts qui ont participé à la mission au Brésil, depuis les origines (1935), soit en 1997: 36 religieux dont 27 Néerlandais, 7 Français, 1 Belge et 1 Espagnol.