Ignacio (Doroteo) GARCIA BERRUETA – 1916-1996

Demande d’aide.
« Excusez-moi devenir vous déranger dans votre travail si utile de
replonger ces jeunes Pères Assomptionistes dans leurs ferveurs premières.
Je vous félicite aussi pour votre jubilé sacerdotal, 25 années de vie bien
remplies. Vous savez que je conduis à Lourdes une soixantaine de pèlerins.
Mais
il ne resterait ici que deux Pères:José Luis et Molitor. Donc il faudrait
que le P. Celestino soit ici le 14 août, veille de l’Assomption, alors je
pourrai partir tranquille. J’ai averti le P. Provincial et le P. Francisco
[San Martin]: ils m’ont dit de m’adresser à vous. Je vous prie d’arranger
avec le P. Dugachard le côté économique. Merci Père Farne.
P. Ignacio au P. Farne, Barcelone, 30 juillet 1963. Réponse:
Le P. Celestino m’avait averti dès le début de la probation que vous auriez
besoin de lui
et de sa présence à la paroisse pour le 15 août et je lui avais donné mon
accord. Il nous quittera le 12 et vous arrivera pour la vieille de
l’Assomption. Même avec 5 semaines de probation au lieu de 6, il en aura
profité. La pension du P. Celestino sera réglée.

Ignacio (Doroteo) GARCIA BERRUETA

1916-1996

Religieux de la Province d’Espgne.

Avoir 20 ans en 1936, en Espagne. Doroteo Garcia B. est né à Gastiain (Province de Navarre en Espagne), le 2 septembre 1916. Baptisé le 9 septembre, il est confirmé en mai 1918. Il entre à l’alumnat d’Elorrio (Pays Basque) en 1926 pour ses études secondaires. En 1931, il va en France et le 4 octobre, à 15 ans, il prend l’habit religieux et commence son noviciat à Nozeroy (Jura) sous le nom d’Ignacio. Une année après, il fait sa première profession (4 octobre 1932) et se rend à Scy-Chazelles (Moselle) pour une année complémentaire d’humanités (1932-1933) et deux ans de philosophie (1933-1935). Selon l’usage, en 1935, il retourne à Elorrio pour l’année d’œuvre. C’est là que le surprend la guerre civile. Il est fait prisonnier (décembre 1936). En 1937, les ‘Républicains’ le conduisent de Larrinago, prison de Bilbao, au front, dans la zone de feu, et l’invitent, avec d’autres prisonniers, à passer de l’autre côté, c’est-à-dire dans l’armée nationaliste de Franco, sous le feu des pistolets. Le Frère Ignacio arrive à traverser le champ de bataille sain et sauf. Puis, peu de temps après, il entre à l’Académie militaire et obtient le grade de sous-lieutenant de réserve (1939). A la fin de la guerre, et après quelques jours de vacances en famille dans son pays natal, il réintègre la communauté d’Elorrio avec un groupe ‘d’anciens combattants’: FFr. Solano, Francisco San Martin, Sebastian Fernandez… Il commence là sa première année de théologie. En fin 1940, avec les Frères Sebastian Fernandez et Miguel Berrueta, il rejoint la maison généralice de Rome et accomplit, à l’Angélique, les trois dernières années de théologie. Il est ordonné prêtre à Rome le 19 septembre 1942. A la fin de ses études, après une première messe célébrée dans son village natal, le Père lgnacio est nommé vicaire à la paroisse de Dulce Nombre de Maria à Madrid. Temps de création et de fondation pastorales: Madrid. Il fait partie de l’équipe composée des P. Luis Madina, Tarcisio Lorente, Pedro Frias, Francisco San Martin qui sont les pionniers dans ce quartier de Vallecas, à Madrid, collaborant avec Robirosa et Don José Ripoll dans la fondation et le lancement de l’H.O.A.C. (Hermandad Obrera de Accion Catolica). Le P. lgnacio est le responsable du groupe et s’occupe activement du ‘barrio’ de ‘Las Latas’ à Vallecas, créant entre autres choses les groupements de travailleurs. Il collabore aussi avec le P. Luis Madina à la fondation de la ‘Ciudad de los Muchachos’. Il est avec toute l’équipe, fondateur de la garderie: il place et bénit la première pierre et préside la cérémonie du 13 février 1955, avec réfectoire, dispensaire: tout cela dans un quartier triste et pauvre à cette période-là.

Il développe une pastorale très dynamique et vivante, pleine d’initiatives. Il réalise un énorme travail en compagnie de ses frères, réunissant enfants et jeunes qui marchent dans la saleté et les détritus, se préoccupant de leur donner une formation humaine et professionnelle qui les prépare pour la vie, et une formation chrétienne qui les aide à mieux connaître Dieu, qui leur apprend à mieux vivre le sens de la famille, l’amour des autres et la responsabilité des engagements pris. Le monde ouvrier se sent animé et soutenu par lui. Il forme et aide des militants ouvriers à s’organiser, favorisant la réflexion chrétienne, la prise de conscience, la lutte pour la justice, le respect et l’amour des êtres humains.

Emplois et résidences.

Avec un zèle d’authentique pasteur et de vrai responsable de communautés chrétiennes, il travaille comme curé ou comme vicaire dans de multiples emplois: 1943-1959: Dulce Nombre de Maria à Vallecas (Madrid), 1959-1964: San Francisco davier, de Casas Baratas de Horte (Barcelone), 1964-1971: Dulce Nombre de Maria, 1971-1996: Nuestra Senora Reina del Cielo et Estrella (Madrid). Ses talents de pasteur, on peut essayer de les décrire avec ces trois mots qui répondent aux objectifs et aux attitudes apostoliques de notre spiritualité assomptionniste: social, doctrinal, oecuménique. Le Père Ignacio est un homme cordial et il rayonne une grande sympathie. Il dialogue et il aime le contact, il écoute pour pouvoir donner une parole adéquate ou pour dédramatiser une situation complexe. Il participe très volontiers à la vie et aux activités familiales, culturelles; sociales et sportives, dans ses jeunes années. Sa vaste culture et aussi ses dons musicaux, son excellente préparation théologique et spirituelle et sa capacité d’analyse et de réflexion, tout cela il le met au service des personnes qui lui sont confiées, à travers ses célébrations liturgiques, toujours très chaleureuses et dignes. Il anime toutes sortes de groupements, catéchétiques, préparations au mariage, réunions d’adultes, œuvres caritatives… Homme de communion le P. lgnacio l’est tout au long de sa vie. Sa cordialité et sa façon particulière d’être le prédisposent à cela. De longues années, il est supérieur de communauté, curé, conseiller. Le P. lgnacio est une personne aimée et acceptée, capable de créer entre les personnes le maximum de communion, malgré les idées, les mentalités, les opinions diverses… par sa façon d’être, par sa parole, mais surtout par ‘Celui’ qui unit au-delà des différences légitimes. Il invite à aller à l’essentiel et au fond de la réalité.

Le P. Ignace est décédé à Madrid dans la communauté de Reina del Cielo, le 21 juillet 1996, à l’âge de 79 ans.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption,Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 32-34. Venga Tu Reino (Boletin de los Asuncianistas de Espana), octubre 1996, p. 9-16. Du P. Ignacia Garcia, dans les ACR, correspondances (1953-1965), rapports sur Barcelone (1960-1963). Notices Biographiques