Ignatie (Trajan) POPA – 1910-1982

Lunco Mures, 5 décembre
1978.
« A tous les Pères de la Curie généralice,

J’ai donné cours à l’invitation de suivre un traitement médical à Lorgues,
dans le Midi de la France, où j’ai passé un peu plus d’un an.

Maintenant je suis bien
content d’être rentré dans mon cher pays natal, la République Socialiste de
Roumanie.

Je remercie tous ceux qui ont contribué à ce traitement pendant mon séjour
provisoire en France. Ici, je suis bien à l’aise, sur la terre de la
Roumanie socialiste.

Bonnes Fêtes, joyeux Noël».

P. Popa.

« D’accord avec mon supérieur local, j’ai commencé l’an passé à repasser
les matières en théologie. J’ai passé deux examens au séminaire d’Oradea
Mare, le premier comprenant les matières d’histoire de l’Église roumaine et
du chant, le deuxième en théologie fondamentale et en histoire universelle
».

Beius, 30 septembre 1938.

P. Popa.

Notices Biographiques A.A

Religieux roumain de la Province de France. Le temps de la formation. Trajan Popa est né le 26 octobre 1910 à Podeni, dans la région de Turda en Roumanie. Il accomplit sept années d’études à Aiud au terme desquelles il passe son baccalauréat à Blaj en septembre 1929. Le 20 septembre 1930, il prend l’habit au noviciat de Beius en Roumanie, sous le nom de Frère Ignatie. Le P. Tiburce Donche le présente à la première profession le 21 octobre 1931 à Beius: « Ce novice est un excellent sujet,, c’est le premier qui ne soit pas passé par nos internats. Il est un peu faible en français mais il a son baccalauréat. Pour la santé, nous l’avons fait examiner par deux médecins qui ne diagnostiquent rien de pathologique chez lui. Il est de caractère timide, réservé et plutôt timoré. Il a du dévouement mais peu de savoir-faire». Le Frère Ignatie est envoyé au scolasticat de Saint-Gérard en Belgique pour ses études de philosophie (1931- 1934). Il passe ensuite en France, au scolasticat Saint-Augustin de Lormoy (Essonne) pour ses études de théologie. Profès perpétuel le 21 novembre 1934, il y est ordonné prêtre le 12 décembre 1936, devant compléter son bagage théologique en Roumanie. En 1937, il est envoyé à Beius et en janvier 1939 il se rend à Blaj d’où il fait connaître son intention de quitter la Congrégation pour se faire incardiner dans l’archidiocèse de Blaj, de rite gréco-catholique. Les années hors Congrégation (1939-1971). « Je soussigné, Ignatie Trajan -Popa, suis décidé à quitter la Congrégation des Prêtres de l’Assomption et demande d’être délié de mes vœux de religieux pour devenir prêtre séculier. Les motifs qui me poussent et me déterminent à cela sont les suivants: non seulement je n’ai point connu la vie religieuse avant d’y entrer, mais je n’ai même pas entendu parler suffisamment de cet état ensuite. A.A Sans réfléchir suffisamment, je suis entré dans la vie religieuse pour des motifs d’ennui et de misère, ne sachant quoi faire. Pendant sept ans de vie religieuse, j’ai constaté que tout autre est le motif de mon entrée et je ne m’y sens plus à ma place. Je rencontre et j’ai rencontré des difficultés intérieures qui se rattachent à la pratique de la vie commune et de l’obéissance. Elles ne se sont pas beaucoup manifestées extérieurement, car je les ai cachées d’une manière pharisaïque. Même avant de prononcer des vœux, j’ai envisagé mon départ de cet état de vie. Par timidité et crainte, je n’ai rien dit à mon directeur spirituel, mais j’ai toujours cru que Rome pourrait me dispenser de mes vœux et les dissoudre. J’espère mener une sainte vie sacerdotale dans une paroisse où l’ordinariat de Blaj me mettra. Cet ordinariat est prêt à me recevoir dans l’archidiocèse, après avoir obtenu de Rome la dispense de mes vœux Je souhaite dépenser toutes mes forces pour mes paroissiens et contribuer au bien de la sainte Eglise, pour la plus grande gloire de Dieu. Je n’oublie pas pour autant la Congrégation de l’Assomption à laquelle je dois tant et dont je lui suis reconnaissant à vie pour mon sacerdoce. J’espère être pour elle un bienfaiteur temporel dès que je le pourrai ». 20 janvier 1939. Réintégration. Avec insistance, après de longues années de vie pastorale dont nous ne savons rien, l’abbé Popa demande d’être reçu à nouveau dans la Congrégation. Il souffre d’une sclérose en plaques, de paralysie des pieds. On sait son caractère un peu difficile en raison de crises de mélancolie. Mais les religieux roumains qui se portent garants de lui, les PP. Bérinde, Stef et Ilea, savent aussi sa piété et son attachement affectif à la Congrégation. Ils décident de le prendre en charge et, très charitablement, de lui faire vivre un nouveau temps de noviciat, à partir du 29 octobre 1971. Le Père lgnatie est admis à la profession le 29 octobre 1972. En 1977, il vient en France, à Lorgues (Var) pour raison de santé. Une de ses sœurs le soigne admirablement jusqu’à la fin. Il meurt le 9 février 1982.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (11) 1981-1983, p. 37. A Travers la Province (Paris), mars 1982, n° 19, P. 17-18. Trois correspondances du P. Ignatie Popa dans les ACR (1938, 1939 et 1978). Notices Biographiques