Illtyd (James) BELT – 1912-1996

Ordinations insolite en temps de guerre: 21 décembre 1940.

« Les deux Frères Anglais Illtyd Beit et John Vassallo sont enfermés dans
la prison de Fresnes. Stefan Berinde, roumain qui parle couramment
l’allemand, va trouver le directeur de la prison de Fresnes et demande un
congé de douze heures pour l’ordination de nos deux prisonniers. Refus.
Stefan finit par fléchir un gardien, à condition qu’une escorte accompagne
les prisonniers.
La préfecture de Paris consent à fournir une voiture et 4 agents de la
police secrète.

De bon matin, ils arrivent à la rue François 1er. Sœur Félicie sert à tous
une tasse de café et un verre de vin. Puis tous se rendent à la chapelle de
l’archevêché où la cérémonie a lieu de 8 à 10 heures. C’est le cardinal
Suhard qui fait l’ordination.

Ensuite les policiers donnent aux prisonniers un supplément d’excursion en
les conduisant à Lormoy, on fête les ordinands et leur escorte,
joyeusement.

Finalement, la voiture de police ramène leurs prisonniers comme prévu à la
prison de Fresnes pour les 19 heures ».

Lettre à la Dispersion 1940, n°
831, p. 52.

Religieux de la Province d’Angleterre.

Le seul Assomptionniste gallois.

James Beit est né à Cardiff au pays de Galles, le 16 novembre 1912. Enfant, il souffre de convulsions violentes et il demeure invalide jusqu’à l’âge de 7 ans lorsqu’une attaque de rougeole le guérit des convulsions et lui permet de se développer normalement. Toutefois il ne sera jamais bien fort de santé et, périodiquement, le reste de sa vie, il est affligé de tremblements de la tête et des mains. jeune homme, il ressent l’appel à un travail missionnaire en Afrique. Il entre dans une congrégation missionnaire dédiée à ce but, mais après deux ans on lui signifie que sa santé n’est pas assez forte pour ce travail. Il retourne vivre avec ses parents. Mais son désir de servir l’Eglise dans la vie religieuse demeure bien vivant et une seconde occasion se présente à lui quand il demande à rejoindre les Assomptionnistes. Il se rend en France pour son noviciat, aux Essarts (Seine-Maritime) où il prend le nom de Frère Illtyd et continue en France ses études de 1936 à 1940 d’abord à Scy- Chazelles (Moselle) et à Lormoy (Essonne). Il est du petit nombre d’Assomptionnistes anglais à être pris et internés par les Allemands à la prison de Fresnes, après un essai avorté de rejoindre les ports de la Manche et sans doute une imprudence de la part de certains de ses confrères. Le Frère Ilityd est détenu dans les prisons de Fresnes et de Saint-Denis jusqu’:à la libération de Paris en août 1944. Ce long temps de détention est agrémenté par de fréquentes visites de religieux français de Lormoy. Il est ordonné prêtre durant cette période, le 21 décembre 1940, à Paris, dans la chapelle de l’archevêché.

De retour en Grande-Bretagne.

Lorsque le Père Illityd retourne en Angleterre en 1944,

Notices Biographiques A.A Page : 229/229 il faut du temps pour se remettre de ses émotions du continent. Sa première obédience est celle d’assistant-maître des novices à Bindon House. La plupart de ses souvenirs des autres membres de la Province d’Angleterre restent fixés à cette période. En 1946 il est nommé à la paroisse de Newhaven et, après une année, il va à Chariton (1947-1950). Sa santé semble avoir été le motif de son déplacement à Convent School, Billingshurst, où il devient l’aumônier résident pendant 15 ans. En 1968, il retourne à Cardiff pour raisons de santé. Lorsqu’il est remis sur pied, il prend du service, pendant les 15 années suivantes (1970-1985) dans les paroisses de Cardiff. Il se retire à Nazareth House en 1985 où il reçoit de bons soins et se montre très heureux.

Traits de personnalité.

Bien que fortement desservi par une pauvre santé quasiment durant toute son existence laquelle a contrarié dès le départ une vocation missionnaire, le Père Illityd vit sans rancœur et sans amertume. Il porte son épreuve patiemment et aisément, grandement aidé par un étrange sens de l’humour et une famille qui l’entoure beaucoup et de façon constante. C’est un prêtre aimable que la maladie ne replie pas sur sa personne, demeurant attentif aux autres, avec un don particulier pour s’adresser aux malades. Bien qu’il soit dans la pratique coupé de la vie de la Province anglaise pendant les 25 dernières années il ne perd pas contact avec elle et accorde une grande importance à son identité assomptionniste et à son lien avec la Congrégation. Une de ses responsabilités à Bindon House consiste à s’occuper du P. Stephen Raynor qui meurt également en 1996. Le Père Illtyd conserve des souvenirs vivants et amusants de cette période. Le Père Illityd meurt sereinement à l’infirmerie Cardiff Royal, le mardi 17 décembre 1996, au début de sa 85ème année. Deux infirmières l’assistent au moment du grand passage et l’aumônier de l’hôpital lui donne le sacrement des malades. Quelques jours auparavant il a fait une mauvaise chute, due à la faiblesse générale de son état. Ce coup supplémentaire l’a rendu vulnérable à l’infection pulmonaire qui entraîne son décès. Ses obsèques ont lieu à Nazareth House à Cardiff le lundi 30 décembre 1996. Dans son éternité, il peut retourner à la source de ses nombreux souvenirs et vérifier si ses histoires légendaires ne se sont pas amplifiées au fil du temps avec l’épaisseur de leur récit !.

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Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VII), 1996-1997, p. 52-53. Lettre à la Dispersion, 1940, n° 831, p. 52.