Irénée (Maurice-J.-A.) MERLIOZ – 1887-1958

Budapest, 1947.
« Les deux nonces apostoliques à Bucarest, celui qui nous vient d’Amérique,
celte ou irlandais, et celui qui s’en va et que j’ai prié de vous
rencontrer à Rome, viennent de faire une longue visite, près de deux heures
et demie en notre grand hôpital de l’Assomption. Sachant l’intérêt que vous
portez à chacune de nos oeuvres et surtout à une qui est commençante, je
confie ces quelques lignes au P. Vasile Cristea qui vient d’arriver de Blaj
et qui vous les portera à Rome, dès demain. Je me hâte donc. Les deux
nonces ont été très satisfaits d’une installation qui promet vraiment. Je
n’ai aucune compétence en ces matières, mais avec ses deux grands
sous-sols, rez-de- chaussée et ses trois étages, sans compter trois longues
terrasses où les malades pourront les jours de chaleur absorber de la
lumière, notre hôpital est vraiment tout un monde. Le médecin-chef m’a dit
qu’il n’a pas son pareil en Roumanie et d’autres ont ajouté dans tout l’Est
européen. Les machines seules représentent des milliards de lei, les
installations sont bien avancées: déjà trois malades et demain quinze
annoncés. Nos six Oblates et six candidates
de Moldavie se sont jointes aux 6 Franciscaines ».

Religieux de la Province de Lyon.

Chassé-croisé entre l’Europe et le Proche-Orient.

Né à Peisey (Savoie) le 6 septembre 1887, Maurice- Joseph-Athanase Merloz est alumniste à Notre- Dame des Châteaux de 1900 à 1903, puis à Mongreno dans le Piémont italien, de 1903 à 1904, et à Calahorra en Espagne (1904-1905). Il prend l’habit à Louvain en Belgique, le 13 septembre 1905, sous le nom de Frère Irénée, et y fait sa première profession, le 13 septembre 1905, suivie un an plus tard, à la même date, de la profession perpétuelle. « Ce qui domine dans son caractère, écrit son maître des novices, le P. Benjamin Laurès, c’est la bonté et une très grande sensibilité. Il aime sa famille, mais d’une façon très chrétienne, et cet amour, il le reporte sur la Congrégation ». Après deux ans de professorat à l’alumnat de Vinovo en Italie (1907-1909), il accomplit deux années de philosophie à Rome et une troisième à Louvain. En 1912, il se rend à Jérusalem pour ses études de théologie, mais en 1914 la guerre l’oblige à se replier à Rome où il est ordonné prêtre en 1915.

Au gré des obédiences.

En 1916, l’obéissance envoie le P. Irénée à l’alumnat d’Elorrio en Espagne. Il y enseigne d’abord la grammaire, puis les humanités jusqu’à la division de la Congrégation en quatre Provinces (1923). Ses élèves l’aiment pour son dévouement, sa simplicité et son enthousiasme. C’est ensuite à la mission de Roumanie, fondée dans les années 1923-1924, que le P. Irénée est consacré. Le P. Marie-Alype Barral, l’un des pionniers et artisan de la première heure, en récapitule l’histoire. « Inaugurée dans l’enthousiasme d’une fondation, enthousiasme facile chez lui, cette période de la vie du P. Irénée va s’achever dans le désarroi de l’invasion russe, succédant aux bombardements terrifiants de 1944- 1945.

C’est une grâce qu’il a eue de partir en France, pour un congé de quelques semaines et de ne plus revenir au moment de l’installation du régime communiste. Le P. Irénée n’aurait pas pu supporter la terreur des années 1948-1949. Ce qui caractérisa le P. Merloz, ce fut d’abord un profond esprit religieux, un sens aigu de la communauté (il n’aurait pas pu vivre isolé de ses frères) et une très grande piété, non dépourvue d’expressions sensibles, ce fut ensuite un zèle apostolique toujours en éveil: professeur, préfet de discipline, préfet des études, directeur d’alumnat, conférencier, directeur de revue, confesseur ».

Les dernières années.

Le P. Irénée revient en France en 1947 pour un congé, mais il perd rapidement l’espoir de retourner en Roumanie dont il garde jusqu’à la fin un profond souvenir. Ce n’est que difficilement qu’il peut se fixer dans une oeuvre. En 1947, il est affecté à l’aumônerie du pensionnat des Oblates de La Ville-du-Bois (Essonne). L’année suivante (1948) le trouve à Marseille (Bouches-du-Rhône), aumônier du pensionnat de Cluny. Bientôt il est attaché à la paroisse du Rouet. Puis ses infirmités le conduisent à Lorgues (Var) d’où il revient fréquemment à Marseille pour fréquenter médecins et hôpitaux où il subit plusieurs opérations. Il doit passer ses dernières années à la Procure des missions, s’intéressant à la chapelle, y assurant une messe ainsi que des confessions. Très diminué, il reste préoccupé de son ministère et entretient d’assez nombreuses relations. Sa cordialité, sa piété et sa candeur lui attirent la sympathie de tous. C’est à l’hôpital de La Timone (Marseille) qu’il passe ses dernières semaines avant de se rendre à Lorgues où il arrive le 28 septembre 1958. Trouvant difficilement ses mots, il souffre d’une sclérose artérielle cérébrale. Le seul remède pour lui est le calme dans le cadre d’une maison de repos. Ses jours sont comptés. -Le 5 décembre 1958, il est victime d’une hémorragie qui le paralyse du côté droit. Il meurt le dimanche 7 décembre 1958, assisté par le Frère Gabriel Riban.. Ses obsèques sont célébrées le 9 décembre. Le P. Irénée est inhumé à Lorgues.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A juin 1959, p. 56. Lettre à la Famille 1959, n° 267, p. 188. Lettre du P. Irénée Merloz au P. Gervais Quenard, Bucarest, 1947. Du P. Irénée Y-eroz, dans les ACR, rapports sur Elorrio (1914-1920), correspondances (1913-1956).