Ivan PISTICHKI – 1853-1920

Chartreuse d’Aula Dei, 1920.
« Je vous suis très reconnaissant de la notice que vous m’avez envoyée.
J’ai connu et estimé grandement le P. Ivan, mais je n’avais pas l’idée
qu’il eût fait de si grandes choses. Quel bien peut faire un saint
religieux! C’est à l’œuvre qu’on connaît l’ouvrier. Je prierai Notre-
Seigneur de donner à l’Assomption beaucoup de vocations semblables. Que
sont devenus les PP. Francesco [Schiskov] et Luigi
(Dimitrov]? Je vous serais très obligé de me faire part de la mort des
anciens religieux et religieuses que j’ai connus,
afin de leur donner une part dans mes prières et mes saints sacrifices. Si
vous avez l’occasion de voir les Anciennes de nos Oblates, recommandez-moi
à leurs prières. Je vais commencer dans quelques jours ma 82ème année. Il
est grand temps de me préparer à la mort. Je partage vos inquiétudes au
sujet de vos religieux d’Asie Mineure et je m’unis à vos prières pour cette
intention et pour toutes les autres ».
P. Athanase Mallassigné (1).

(1) Ce Chartreux est un ancien religieux de l’Assomption qui fut avec le P.
Galabert un des pionniers de la mission d’Orient.

Notices Biographiques A.A

Religieux bulgare. Un des premiers fils du P. Galabert. Ivan Pistichki (1) est né le 31 janvier 1853 à Kalachlia, près de Plovdiv (Bulgarie). Il est l’un des premiers élèves de l’école Saint-André que dirige le P. Galabert à partir de 1863. En 1868, d’Andrinople, il vient faire son noviciat au Vigan (Gard), sous la direction du P. Hippolyte Saugrain, avec un compatriote, Luca Lukov, que le P. d’Alzon dut renvoyer par la suite et qui devint colonel. Avec les futurs PP. Luigi Dimitrov et Francesco Schiskov, il forme le premier espoir d’une souche bulgare assomptionniste. Ivan prend l’habit le 2 octobre 1868, à 15 ans, et après son noviciat rejoint le collège de Nîmes (Gard) pour un complément de formation et une aide aux services de l’institution scolaire (1870). Il prononce ses vœux perpétuels le 5 juin 1871. Il devient le compagnon du P. Pierre Descamps aux origines de la fondation du premier alumnat, à Notre-Dame des Châteaux (Savoie), de 1874 à 1876. Il revient à Nîmes pour se préparer à l’ordination sacerdotale. Il devient prêtre à Montpellier (Hérault), le 17 mars 1877, des mains de Mgr de Cabrières et -part cette même année, en octobre, pour l’Orient où il va passer toute sa vie. Le P. Galabert le charge à Andrinople-Karagatch de prendre la direction d’un orphelinat, créé aux lendemains de la guerre russo-turque, puis il lui confie la direction du premier alumnat oriental. En 1881, il fonde l’éphémère école de Sofia, dans la capitale bulgare, grâce au concours du P. Norbert Mathieu et à l’aide d’un futur général bulgare, Tchervenkov. L’essai d’implantation ne pouvant être poursuivi, il est envoyé à Philippopoli-Plovdiv, à l’époque où naît le collège Saint-Augustin (1884- 1885). On l’envoie en 1885 diriger pendant 5 ans l’alumnat installé à Koum-Kapou à Constantinople, puis à Phanaraki sur la rive orientale de la ville. A.A Il donne un concours actif au curé de Kadi-Keuï pour la desserte de quelques chapelles environnantes, à Corpi et Toubini. Il revient encore à Karagatch (1889) et reçoit la mission de s’occuper du nouveau poste de Yamboli (1889-1892). En 1892, il part au cœur de l’Asie Mineure pour organiser la mission Saint Paul à Konia (1892-1895), poste qu’il atteint en charrette au bout d’un voyage de 8 jours, accompli sans grands moyens mais au prix de nombreuses aventures. La Bulgarie le rappelle pour la difficile mission paroissiale de Bellini, au diocèse de Roustchouk, sur le Danube, où son action rend possible l’implantation d’une communauté d’Oblates. Il s’en faut de peu que ses paroissiens en révolte ne le jettent dans le fleuve. En 1897, il revient à Philippopoli-Plovdiv où, pendant quinze ans, il dirige la petite école paroissiale Saint-André où lui-même a commencé, et il dessert également la paroisse de 1897 à 1907. Le confessionnal et l’aumônerie de diverses communautés religieuses deviennent son vrai champ d’action pastorale. Il multiplie ses services, conférences, catéchismes, réunions des Enfants de Marie, récollections. Tôt levé, à 4 heures, été comme hiver, il s’adonne à son ministère et n’hésite pas à parcourir des milliers de km pour visiter les communautés religieuses dispersées, à Sofia, Varna et Bourgas. On estime ses courses apostoliques annuelles à plus de 5000 km! Les employés des chemins de fer bulgares connaissent si bien sa silhouette familière qu’ils demandent longtemps encore après sa mort des nouvelles de ce missionnaire intrépide. Ce zèle infatigable est la marque de sa vie que rien n’arrête quand il s’agit du soin des âmes. C’est en se rendant à son confessionnal, en janvier 1919, qu’il tombe malade et qu’il doit mettre fin par nécessité à son apostolat’ Réduit à l’inactivité et à l’impuissance, il attend avec confiance l’heure du grand passage. Dans la nuit du 25 mars 1920, il s’éteint doucement, à l’âge de 67. Son corps repose au cimetière de Philippopoli-Plovdiv, après ses obsèques célébrées le 27 mars par le curé de la cathédrale, l’abbé Sélimov, en présence de Mgr Péev. (1) On trouve des transcriptions ou attestations variées pour ses noms et prénoms: Pistichki ou Pistich, Ivan, Yvan et Jean.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption, 1920, n° 228, p. 203-205. Nouvelles de la Famille, 1920, n° 353, p. 137; n° 355, p. 155-157; n° 358, p. 183. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Missions des Augustins de l’Assomption, 1920, n° 229-231, p. 93-94 et 1921, n° 245-246, p. 257-259. Lettres d’Alzon, t. XIII, 1996, p. 462. Dans les ACR, du P. Ivan Pistichki, rapports sur le Mission d’Orient (1892, 1898, 1903), correspondances (1871-1919). Christophe Pirson, L’Eglise Bulgare-Unie, Genèse de la mission orientale des Religieux de l’Assomption au XIXème siècle, Bruxelles, 1994. Notices Biographiques