Jacques (Louis-Joseph) SALES – 1901-1965

Tarbes, 1965.
« La communauté de Tarbes qui, l’an prochain, va se disperser dans les
différentes oeuvres de la Province de Bordeaux, lors du départ des
religieux du collège, n’oubliera pas son cher compagnon de lutte et de
travail. L’œuvre, à ses débuts, a coûté aux religieux bien des souffrances
morales, des renoncements de tous ordres. Les trois vocations
assomptionnistes qui en sont sorties étaient une promesse et une moisson
pour l’avenir. Dans la perspective du départ, il lui fallait des larmes.
Mais
cette mort du Frère Jacques est si belle qu’elle est une grâce,
un couronnement. Le Frère Salès qui a passé 16 ans de sa vie en terre
bigourdane, aura marqué de sa bonté, de son opiniâtreté à la besogne, de
nombreuses générations d’enfants, tant dans ses cours qu’en colonie de
vacances. Quant à nous, nous avons conscience d’avoir perdu un ami et un
frère. Par son extrême modestie, son sens de la régularité et de l’ordre,
sa discrétion et son effacement, par sa présence cordiale aussi, il était
de ceux avec qui il fait bon vivre en commun. Et c’est là, nous pensons, le
plus juste éloge que nous puissions lui rendre et le meilleur souvenir
religieux qu’il nous
laisse».René-D. Hélaouët.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Bordeaux. Une vocation de Frère enseignant. Louis-Joseph Salès est né le 7 janvier 1901 à Rabastens (Tarn). Après l’école primaire à la communale de Rabastens, il fréquente le lycée d’Albi (1917-1919). Il accomplit son service militaire durant deux ans dans un service topographique de l’armée (Lunel, Hérault), il est attiré par le service de l’enseignement primaire des écoles libres. Il débute comme instituteur dans l’école libre Saint-Louis, puis à Toulouse (Haute- Garonne) à l’orphelinat de la Grande-Allée (1923- 1926), puis à l’alumnat Saint-Joseph de Melle (Deux-Sèvres), de 1926 à 1928. Il y fait la connaissance de l’Assomption et demande à entrer dans la vie religieuse. Le 28 octobre 1928, le P. Savinien Dewaele lui donne l’habit au noviciat de Scy-Chazelles (Moselle) et le nom de Frère Jacques. Ce dernier y prononce ses premiers vœux, le ler novembre 1929. Son maître des novices consigne sur son rapport que « le Frère Jacques, un peu faible de caractère, a un cœur excellent, accepte volontiers les avis qui lui sont donnés et s’y conforme de son mieux. Il ne demande qu’à rendre service clans l’enseignement ». Profès, le Frère Jacques revient enseigner à l’alumnat de Melle (1929-1936). Il gagne l’alumnat de Chazac (Gers), en 1936. Mobilisé en septembre 1939, il est fait prisonnier en mai 1940 et est déporté en captivité d’où il revient fort amaigri et fatigué. En 1946, il reprend du service au collège Saint-Caprais d’Agen (Lot-et- Garonne), où il reste trois ans (1946-1949). Le collège de Tarbes (Hautes-Pyrénées) le reçoit en 1949, sa dernière résidence jusqu’à sa mort le 16 février 1965. Récit d’une mort Imprévue. Le Frère Jacques souffre depuis la guerre de l’estomac et s’il suit de temps en temps un régime alimentaire, A.A il n’aime pas passer pour un original, reprenant très vite le menu commun. A la rentrée scolaire de septembre 1964, ses confrères le trouvent anormalement fatigué. Il accepte sur le conseil de son Provincial d’alléger son emploi de temps, en consentants une diminution d’horaire. Discret, lui que tous ont connu plein d’entrain, il peine à faire ses cours. Il tient cependant à tenir jusqu’au départ prévu de la communauté en 1966, après 16 années de vie tarbaise. Le lundi 16 février 1965, il déjeune sobrement, comme d’habitude, car l’appétit l’abandonne. Dans l’après- midi, il est trouvé par des élèves effondré sur le palier d’un escalier, terrassé par une attaque hémiplégique. Transporté dans sa chambre, il est rapidement visité par le docteur traitant, M. Péré, dont le diagnostic est rapide. Des piqûres tentent d’adoucir les souffrances du Frère qui s’exprime difficilement. Très vite il entre dans le coma. Conduit par ambulance à l’hôpital de la ville, il est l’objet de soins assidus dans les services du Docteur Turon. Les analyses lui trouvent beaucoup de sucre clans le sang. Peu avant 20 heures, ce même jour, un coup de téléphone avertit la communauté que l’état du Frère Jacques s’est subitement aggravé. Lorsque les religieux arrivent à l’hôpital, ils trouvent le Frère décédé. Sa dépouille est ramenée presque aussitôt au collège et son corps est exposé dans le parloir. L’émotion est grande dans tout le collège où le Frère était très estimé pour ses compétences professionnelles pour sa disponibilité pendant les vacances d’été qu’il passait en colonie avec les jeunes à Gujan-Mestras et où tous profitaient du bon air et d’une saine détente pendant les mois ensoleillés. Il savait dispenser un enseignement pratique, résultant du don de soi qu’un maître fait à ses élèves et qui les pousse non pas tant vers celui qui enseigne mais vers Celui de la part de qui il enseigne. Le mardi 17 février, le corps est mis en bière. La cérémonie des Funérailles se déroule le mercredi dans l’église paroissiale Saint-Jean de Tarbes. A l’issue de l’absoute, le corps est placé dans une fourgonnette pour être inhumé au cimetière de Layrac (Lot-et-Garonne), le jeudi 18 février. Religieux modeste, très régulier et sérieux, il prélude au départ de toute la communauté du collège en 1966.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. janvier 1966, p. 115-116. A Travers la Province (Bordeaux) mars 1965, n° 128, p. 5-6 et avril 1965, n° 129, P. 6-9. Sud-Ouest, édition des Hautes-Pyrénées, février, 1965. Notices Biographiques