Jan (Johannes-Wilhelmus) STRAVER – 1882-1962

Bergeijk, 1945.
« Pendant la guerre, j’ai passé quelques jours dans ma famille et j’ai
travaillé pour les âmes du Purgatoire; j’ai gagné plus de 800 nouveaux
membres pour l’Association des âmes du Purgatoire
(Jérusalem). Parmi ces braves gens, de bons catholiques m’ont demandé de
trouver en France où il y a des prêtres catholiques hollandais comme curés,
une région où il y ait des prairies, des champs de labour et des vaches.
Notre Père Wiro m’a conseillé d’écrire aux PP. Sauveur Martin et Servais
Schlenter, à
Viels-Maisons dans l’Aisne. Je viens vous demander la permission de faire
un voyage en France avec trois fermiers pour voir quelques fermes que nos
Pères nous indiqueront. Je vois en ceci un bienfait pour
les curés en France quant à recevoir de bons paroissiens. Mes anciens amis
de jeunesse ont confiance dans nos Pères hollandais pour des
renseignements. J’ai eu à Louvain une décoration pour mon dévouement
pendant le bombardement en 1940. C’est une grande médaille dorée avec, d’un
côté, l’hôtel de ville et, de l’autre, les mots: uit Dank aan, Br. Jan
Straver, mai
1940 ».

Fr. Jan Straver.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Hollande. Le cours d’une vie itinérante et exposée. Johannes-Wilhelmus Straver est né le 18 août 1882 à Zevender aux Pays-Bas, dans la province d’Utrecht. Il est d’une famille paysanne aux nombreux enfants. Après avoir fréquenté l’école de son village et conquis des diplômes agricoles, il se sent appelé à la vie religieuse. Il va frapper à la porte de différents couvents des environs, mais il n’y reste que quelques jours. Il rentre à la maison natale et réfléchit sur les différents genres de vie rencontrés. On lui connaît au moins deux essais de vie religieuse, chez les Pères du Saint-Sacrement et chez les Dominicains. C’est ainsi que le 4 avril 1919 il se présente au château de Stapelen (Boxtel) où l’Assomption a fondé, quatre années auparavant, un petit alumnat. L’essai est concluant et la fondation naissante est heureuse d’accueillir ce solide jeune paysan en qualité de postulant à la vie religieuse de Frère. Au bout de huit jours, on dirige Johannes sur l’alumnat de Zepperen où il peut accomplir un temps de postulat prolongé et où même il prend l’habit le 29 septembre 1920. Le Frère Jan commence réellement son temps de noviciat à Saint-Gérard, le 12 décembre 1922, où il est admis comme Frère coadjuteur. Un an plus tard, au lendemain de sa prenùère profession religieuse (13 décembre 1923), il est dirigé sur Jérusalem où il se dévoue d’abord à Saint-Pierre en Gallicante comme sacristain du sanctuaire et jardinier, puis à Notre- Dame de France pour les travaux d’intérieur. Il rentre en Europe en 1928 et il est envoyé à l’alumnat de Saint-Sigismond en Savoie où il prononce ses vœux perpétuels, le ler mars 1929. En 1929, on lui demande de gagner la maison de Lorgues (Var), en 1932 la communauté bruxelloise de Woluwe-Saint- Lambert, en 1933 l’alumnat de Zepperen, enfin en 1937 Louvain. Dans ces diverses maisons, A.A le Frère Jan est employé aux travaux de la ferme et du jardin, sans parler des nombreux autres services qu’il rend volontiers à l’un ou l’autre religieux. On recourt volontiers à son dévouement pour servir une messe matinale ou tardive. Le service de l’autel, c’est là un des traits caractéristiques de sa vie, le trouve toujours prêt. C’est à Louvain que le Frère Jan est surpris par la déclaration de la seconde guerre mondiale. La ville est soumise dans les premiers jours de mai 1940 à un intense bombardement. Le scolasticat a été évacué. Le 15 mai au matin, il n’y reste que le Père économe, le Frère Jan et le jardinier, André, quand une première bombe tombe sur la voûte de la chapelle qui s’écroule d’un bloc. Deux autres bombes tombent sur la maison. Des bombes incendiaires font le reste et transforment tout l’ancien couvent et le scolasticat en un champ de ruines. On ne peut rien sauver, sauf quelques objets, en particulier les calices et ciboires qui avaient été remisés dans une cave. Le Frère Jan, avec un courage héroïque, parcourt les rues de la cité pour retirer les blessés ensevelis sous les décombres. Nombreux sont les morts qu’il enterre lui-même dans le jardin de la Demi-Rue. Louvain sait lui témoigner une forme de reconnaissance en lui conférant la médaille d’or de la ville et en le nommant citoyen d’honneur. Le 3 mai 1941, il revient au berceau de sa vocation, à Boxtel. Trois ans plus tard, en 1944, il est nommé au scolasticat de Bergeijk qui va être sur cette terre sa dernière résidence. Comme il ne lui est pas possible de faire équipe avec les plus jeunes Frères coadjuteurs pour les travaux de la menuiserie, de la ferme ou du jardin, on lui confie le soin exclusif d’un petit troupeau de brebis. Avec l’âge, ses forces déclinent peu à peu. Il se plaint de vertiges continuels. Le médecin diagnostique une artériosclérose incurable. Le malade souffre d’une faim insatiable et sombre dans une inconscience à peu près totale. Deux jeunes religieux le soignent nuit et jour, mais le malade parvient parfois à échapper à leur vigilance. On doit le transporter le 14 mars 1962 dans une maison de santé spécialisée à Boekel. Le jour de l’Assomption, 15 août, on avertit les religieux que le Frère est à toute extrémité. Contre toute attente, il vit encore 15 jours, réagissant faiblement à ce qui se passe autour de lui. Le ler septembre 1962, le Frère Jan expire entre les bras de son infirmier. Son corps est ramené à Bergeijk où ont lieu ses funérailles le 4 septembre. Son corps est inhumé dans le petit cimetière du scolasticat.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1963, p. 205. Lettre à la Famille, janvier 1963, n° 345, p. 341. De Schakel, septembre 1962, In memoriam Broeder Jan Straver, p. 1-6. Lettre du Frère Jan Straver au P. Gervais Quenard, Bergeijk, 15 juillet 1945. Notices Biographiques