Jean-Berchmans(Jean-Marie LE JONCOUR – 1913-1974

Echo diocésain.
« Si la terre bretonne garde le corps du Père Jean, celle de Saintonge
retrouvera longtemps, dans le ciel dégagé des brumes de l’oubli, le
souvenir toujours vivant de
son sourire éclatant. Le peuple de Saintonge avait tenu à être présent aux
obsèques (en Bretagne) et un car entier avait pris la longue route. Sept
prêtres amis étaient allés représenter La Chaume et le doyenné. Le
brouillard colle à la route en ce premier avril, point n’est possible de
prendre le célèbre clocher comme point de repère. Cela ajoute à la
tristesse que nous avons tous de nous rendre à Pont- l’Abbé-d’Arnoult pour
assistera un service funèbre pour le repos en Dieu du P. Jean-Marie Le
Joncour, de la Congrégation des Augustins de l’Assomption, curé de la
paroisse depuis dix ans. Près
de 300 personnes et plus de 25 prêtres assistaient à la cérémonie du
souvenir. Mgr Ducoux présente les excuses
de Mgr Verdet, ce dernier disant par lui la gratitude pour l’?uvre pastoral
e du prêtre défunt et également pour la Congrégation, fidèle appui de
l’animation spirituelle en Charente-Maritime.
Mgr Ducoux relève l’apport exceptionnel fait par l’ancien curé à l’école
Saint-Pierre… ». A.T.L.P.

Religieux de la Province de Bordeaux.

Formation et temps de guerre.

Jean-Marie Le joncour est né le 1er septembre 1913 au hameau du Croëzou, de la commune Plogonnec (Finistère). Il ne connaît pas son père, victime de la première guerre mondiale et est élevé par sa mère, Marie-Anne née Le Grand, ainsi que sa s?ur Marie. Il fait ses études primaires à l’école publique de Plogonnec et en 1926 entre à l’alumnat de Saint- Maur (Maine-et-Loire) où il reste jusqu’en 1930. Bon camarade, ami de la paix, gai et taquin, il n’est guère passionné par les études. Il poursuit ses études secondaires à l’alumnat de Melle (Deux-Sèvres), de 1930 à 1932. Le 2 octobre 1932, il prend l’habit au noviciat de Nozeroy (Jura), sous le nom de Frère Jean-Berchmans dont il ne gardera bientôt que la première partie. Profès le 3 octobre 1933, il va étudier la philosphie au scolasticat de Scy-Chazelles (1933-1936). Il fait son service militaire à Quimper (1936-1937) et Lormoy (Essonne) l’accueille pour les années de théologie jusqu’à la guerre. Profès perpétuel le 1er novembre 1938, il est ordonné prêtre le 27 juillet 1941 à Lormoy. Auparavant, mobilisé en septembre 1939, il fait la drôle de guerre et, avant l’ultime affrontement qui le conduit à Dunkerque (Nord), il est sérieusement blessé à la jambe par une balle explosive. Il en souffrira longtemps. N’ayant pas été fait prisonnier, il a pu revenir à Lormoy à la fin de l’année 1940. C’est une époque difficile à cause de la pénurie et de la dispersion. Il faut faire faire des prouesses pour trouver une cigarette et sa subsistance. Le P. Jean, grand fumeur, se débrouille tant bien que mal.

Professorat et ministère paroissial.

Le P. Jean est nommé professeur à Saint-Maur (1942-1933) pour la classe de cinquième,

correcteur minutieux des copies et les annotant de se con écriture ample comme ses gestes. Il gagne le surnom de ‘Butum’. De 1953 à 1955, il passe à Blou (Maine-et-Loire), puis au collège de Tarbes dans les Hautes-Pyrénées (1955-1961). les deux années qui suivent forment le tournant de sa vie ministérielle: vicaire et économe à Layrac (Lot-et-Garonne), de 1961 à 1963, il souffre d’une situation qui lui impute une responsabilité débordant en fait le titre reçu et qui le gêne pour assumer la plénitude de sa tâche. Il ne peut calquer le rythme de la vie paroissiale sur les heures communautaires du prieuré. Après une année de transition à Sainte-Barbe à Toulouse (1963-1964), il prend le relais du P. Bienvenu à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente- Maritime) comme curé de la paroisse, tout en participant à la vie du noviciat. Il passe dix années d’un fructueux apostolat, gardant le contact avec toute la population. Homme simple, un peu fruste aussi parfois, avec une pointe de laisser-aller et beaucoup de désordre, travers compensés par un c?ur d’or et un accueil chaleureux qui ne se dément pas, il sait être direct dans ses interventions en évitant d’être dur. Très taquin, il aime participer aux rencontres du doyenné. Ses confrères apprécient sa gaieté, son bon sens, son dévouement et même cette hargne qui le pousse parfois à trouver que les choses n’avancent pas suffisamment vite. Le lundi 25 mars 1974, le Père Jean s’apprête à prendre le chemin de la Bretagne pour y célébrer le baptême d’une petite nièce. Le P. Etienne Rivoalen, venu le chercher pour le conduire jusqu’à la gare, le trouve inanimé dans le jardin, ses bagages de voyage à portée de main. Le P. Jean est aussitôt hospitalisé à Saintes. Le 26 mars, sa famille insiste pour que le malade soit transféré dans sa terre natale. Bien entouré, visité par les religieux de Kerbernès, le Père Jean meurt le 27 mars à l’hôpital, à l’âge de 61 ans. Ses obsèques sont célébrées à Plonevez-Porzay, le vendredi 29 mars, présidées par le P. Claude Guenneau. Le corps du P. Jean repose à Plonevez-Porsay. Une autre cérémonie à sa mémoire rassemble les paroissiens à Pontl’Abbé-d’Arnoult le 1er avril suivant.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A., mars 1975, p. 262. A Travers la Province (Bordeaux), 1974, n° 222, p. 5-8.