Jean-Berchmans (Michel) BERCHEM – 1907-1983

La vertu du temps présent:
endurer le provisoire.

« Vous me parlez de vos difficultés d’installation à Strasbourg dans un
sous-sol sombre et humide, près de la cuisine et des débarras, peu indiqués
pour recevoir les visiteurs et pèlerins. Il faut reconnaître que la maison
de l’Orangerie n’est pas encore adaptée aux services qui lui sont demandés.
Mais je pense que vous êtes dans du provisoire. Je suis sûr que vos
supérieurs qui ont décidé des dispositions dont vous
souffrez l’ont fait en voulant concilier la bienveillance et le possible.

Toute condition de vie, quelle qu’elle soit, exige de notre part patience
et courage. Ne vous laissez ni assombrir, ni décourager par celle qui vous
éprouve à Strasbourg. Je suis sûr qu’en étudiant, dans la patience et la
bienveillance, ce petit problème d’installation, une solution possible
apparaîtra. Et vous saurez hausser votre patience au niveau du bon vouloir
qui
chez votre supérieur est certainement très grand. Restez fidèle à la
mission qui vous a été confiée. Vous avez reçu des dons qu’elle vous permet
d’exercer au service des âmes ».

P. Dufault au P. Berchem, novembre 1965.

Religieux de la Province de France.

Un religieux luxembourgeois à l’Assomption.

Michel a vu le jour le 27 novembre 1907 à Dudelange, dans le Grand-Duché de Luxembourg. Il reste, depuis les origines de l’Assomption, l’un des rares citoyens de ce pays à entrer à l’Assomption. Après ses classes primaires (1914-1919), il est d’abord élève des Frères des écoles chrétiennes (1920-1922) avant d’entrer à l’alumnat de Scy-Chazelles (Moselle) de 1922 à 1924 et de faire ses humanités à Miribel-les-Echelles (Isère) de 1924 à 1926. Il prend l’habit le 31 octobre 1926 à Saint-Gérard (Belgique) sous le nom de Jean-Berchmans et accomplit son temps de noviciat à Taintegnies (1926-1927) sous la férule du P. Savinien Dewaele pour venir le terminer à la maison Saint-Jean de Scy où il prononce ses premiers vœux le 6 novembre 1927. On dit que partout il est resté un élément modèle, ne faisant jamais l’objet d’un reproche ou d’une observation. Il étudie la philosophie à Saint-Gérard (1927- 1929), enseigne une année à l’alumnat de Scy- Chazelles (1929-1930) et vient à Rome pour ses études de théologie (1930-1934). C’est là qu’il prononce ses vœux perpétuels le 6 novembre 1930 et qu’il est ordonné prêtre le 24 février 1934. Il est reçu docteur en théologie.

Une vie apostolique nourrie.

Bien doué, ayant acquis une solide formation, très méthodique dans son travail, d’une grande rectitude de vie et de conscience, mais aussi d’une disponibilité parfaite, le P. Jean- Berchmans devient un religieux polyvalent comme l’attestent ses nombreuses obédiences: professeur à Nozeroy (Jura) et Miribel (1934- 1936), il enseigne dans les scolasticats de Scy, Lormoy et Layrac de 1936 à 1943. Il passe ensuite à Marseille en 1944 comme chapelain à Notre-Dame de la Garde.

Notices Biographiques A.A Page : 235/235 Le P. Berchem écrit au P. Dufault en février 1959:

« J’ai lu avec intérêt la relation sur vos rencontres avec le pape Jean XXIII. Il me fut donné de déjeuner avec Mgr. Roncalli à Marseille, en compagnie du recteur de la basilique, Mgr. Borel et du Consul d’Italie. A cette occasion, il m’avait dit toute sa sympathie pour l’Assomption. On devinait chez lui un cœur d’or. Remercions Dieu de l’avoir pour ‘Pape ».

De 1947 à 1950, il est supérieur de la communauté à Menton-Carnolès (Alpes-Maritimes) et exerce la charge d’économe provincial à Lyon (1950-1952). En 1952, il revient dans son pays natal, au Grand-Duché, où il est neuf ans durant curé de Bechkieimacherer (1952-1961) et, après une année passée à Mayen en Allemagne, il remplit l’office de procureur à Lyon- Debrousse (Rhône). Supérieur de la communauté généralice à Rome en 1964, il prend à Strasbourg la direction régionale des pèlerinages (1965-1969), puis revient à Marseille comme aumônier des Sœurs Orantes (1969-1971). De 1971 à 1980, il fait un nouveau séjour dans le Grand-Duché comme aumônier de l’hôpital d’Esch, avant de venir passer ses dernières années a Lorgues (Var): août 1980-septembre 1983). C’est là qu’il meurt dans la nuit du 23 au 24 septembre 1983. Il est inhumé le 26 septembre, en la présence de deux sœurs religieuses.

Le témoignage d’un confrère, le P. Justin Munsch.

« Le P. Berchem ne s’incrustait jamais ni à une œuvre ni à une communauté. Il avait le don évangélique de la désinstallation et de la disponibilité. Toujours il restait le ‘modèle’ auquel les autres s’adaptaient ou ne s’adaptaient pas. Conscient de sa valeur, plutôt autoritaire, il manquait un peu de psychologie et de diplomatie. Ses qualités réelles et ses limites le situaient dans une relative solitude vis-à-vis de ses frères. Il s’en rendait compte, car il était sensible. Peu nombreux sont les religieux auxquels on aurait pu confier des tâches si variées et des responsabilités si délicates. Il assuma tout avec abnégation, pauvreté et esprit surnaturel ».

Page : 236/236

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II), 1981-1983, p. 99-101. Assomption-France, Nécrologie n° 1, décembre 1983, p. 20-21. Le P. Jean-Berchmans a laissé dans les archives de Rome un lot de correspondances écrites surtout entre 1935 et 1955, relatant ses joies et ses difficultés dans les divers postes servis à l’Assomption. Peu à l’aise dans l’enseignement et dans les scolasticats, c’est à sa demande qu’il en fut déchargé, comme le montre clairement la lecture de cette correspondance. De même son deuxième séjour à Rome en 1964 ne fut pas heureux et, par suite, écourté.