Jean-Bernard (Jean-Alphonse) PILLON – 1920-1944

Nouvelles en juillet 1941.

« A Blou, par suite de la situation créée par la guerre, la maison des
vocations tardives est devenue alumnat d’humanités. Sur 28 élèves,
l’alumnat en a présenté 11 au baccalauréat. Tout le monde est plein
d’entrain et a bon espoir.
Le P. Didier Nègre a fait une excursion à Chanac, puis est revenu pour les
fêtes jubilaires du P. IIdefonse Causse, le 2 juillet.
Mgr Neveu a donné l’extrême- onction à la Mère Etienne, nonagénaire, des
P.S.A., le 23 juillet.
Le P. Marie-Bruno Curot, de Lormoy, est envoyé le 18 juillet à Nozeroy.
Pourra-t-on y maintenir le noviciat de la province de l’Est?
Le P. Marie-Charles Brochier, professeur à Soisy, est parti pour Briey le
18 juillet, en vue d’y ressusciter le collège.

Le Frère J.B. Pillon s’est trouvé très fatigué de la poitrine en finissant
sa 2ème année de philosophie à Lormoy. Il a été admis, le 26 juillet, à la
clinique de la rue Violet, tenue par les Sœurs de Saint-Joseph de Chambéry,
pour y subir l’opération du pneumothorax ».
Lettre à la Dispersion, 1941, n° 842, P. 296.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris. Une vie inachevée. Jean-Alphonse Pillon est né le 6 août 1920 à Puteaux, alors département de la Seine, aujourd’hui dans les Hauts-de-Seine. Il fait ses études secondaires à Sainte-Croix de Neuilly (Hauts-de- Seine), de 1931 à 1935, complétées à l’alumnat de Clairmarais (Pas-de-Calais), de 1935 à 1937. Il a connu l’Assomption par l’intermédiaire des Petites Sœurs de l’Assomption établies à Puteaux en relation avec deux de ses tantes. Sa mère en effet, Pauline Didier, est décédée et son père, Albert, s’est remarié. Le 2 octobre 1937, le P. Marie-Lucien Couderc l’accueille au noviciat des Essarts (Seine- Maritime) où Jean-Alphonse prend l’habit sous le nom de Frère Jean-Bernard. Il y prononce ses premiers vœux, le 3 octobre 1938. Le P. Marie- Albert Devynck, son maître des novices, le présente avec sympathie à la première profession: « Le Frère Jean-Bernard est un novice d’une intelligence claire sans être brillante, appliquée, méthodique. C’est un heureux caractère, peut-être influençable mais conciliant. Il manifeste du bon sens, de la bonne humeur, de la serviabilité et a bon cœur. La vie de famille à l’alumnat et dans les maisons de la Congrégation lui convient très bien. Sa santé est suffisante, mais on n’est pas fort dans sa famille. Il semble qu’il doive se surveiller ». De 1938 à 1940, le Frère Jean-Bernard passe à Lormoy (Essonne) pour ses études de philosophie. Le 3 octobre 1942 il prononce ses vœux perpétuels à Lormoy. D’après le rapport de présentation écrit de la main du P. Athanase Sage, il est clair que le Frère Jean-Bernard n’a pas suivi trois ans des cours de philosophie, mais qu’il a perdu une année à cause de sa santé. D’après une autre indication, il est resté en soin à Lorgues (Var), entre 1941 et 1942: « Le Frère Jean-Bernard a d’excellentes aptitudes morales; A.A sur le plan intellectuel, c’est un étudiant moyen, mais il a beaucoup de sens pratique. Il est très attentif et naturellement distingué ». Le Frère Jean-Bernard entreprend également à Lormoy ses études de théologie, à partir de l’année 1942. Il reçoit le sous-diaconat le 11 avril 1944. Le 5 mai 1944, le P. Athanase Sage signe son appel au sacerdoce, avec dispenses d’interstice et induits, précisant que le Frère Jean-Bernard a suivi de façon personnalisée sa formation en théologie, soit à Lorgues, soit à Puteaux dans sa famille. Il est ordonné prêtre en juin 1944. Il meurt dans sa famille, le 27 septembre 1944, à 24 ans, après avoir célébré la messe une dernière fois le jour de l’Assomption. Son inhumation se déroule à Puteaux, le 30 septembre, avec un grand concours de participation de la paroisse. 1944, année de tous les dangers. Avec la joie de la libération en juillet-août 1944 sur le front occidental, l’Assomption connaît aussi quelques épreuves liées à l’insécurité du temps. A Paris, le gouvernement provisoire, né de la Résistance, interdit provisoirement la parution du journal La Croix. Lormoy évite de justesse la destruction, mais le noviciat des Oblates à Evry-Petit-Bourg est en partie détruit par le feu. L’alumnat de Soisy est réquisitionné pour soigner les blessés. L’abbaye de Saint-Maur, occupée par les Allemands, reçoit en août 6 bombes lâchées de deux avions américains, l’école de Sainte-Barbe à. Toulouse est occupée par les F.F.I. Le 8 septembre, toute la communauté des Petites Sœurs de l’Assomption à Brest, 8 religieuses, périt dans une action de résistance allemande au cœur de la ville, qui fait plus de 400 morts. À Marseille, le Foyer du Marin a beaucoup souffert d’un second bombardement allié. Le collège de Briey ne perd que ses 139 carreaux. Clairmarais est endommagé par l’explosion d’un Vl. Aux Essarts, deux fermes sont incendiées, Saint-Denis est en ruines. La Province d’Angleterre paie un lourd tribut à la guerre. les écoles de Bethnal Green sont détruites, église et presbytère à Brockley sont fortement endommagés. En Belgique, à Saint-Gérard, deux frères sont déportés…

Bibliographies

Bibliographie et documentation– Nouvelles de la Famille libérée, 1944, no 37, p. 1. Lettre à la Dispersion, 1941, no 842, p. 296. Nouvelles de la Famille libérée, année 1944 (passim). Dossier personnel, ACR. Notices Biographiques