Jean CEULEMANS – 1909-1932

Les instructions au noviciat de
Taintegnies, 1932.
Pour le traité des vœux, les novices ont entre les mains le
‘Catéchisme des vœux’ par Pierre Cotel, s.j., dans l’édition revue par
Jombart. J’ai personnellement le livre du maître: ‘Les Principes de la vie
religieuse ou l’explication du catéchisme des vœux’. Je trouve ce manuel
excellent. J’équilibre les cours, en français et en néerlandais, de
la manière suivante pour la semaine:
Grand noviciat: 3 h 45 (Saint- Thomas)
Petit noviciat: 3 h.
(Constitutions)
Explications d’Evangile: 2 h. Psaumes: 1 h.
Liturgie: 1 h. Hagiographie: 1 h.
Histoire de la Congrégation:
45 minutes
Cours de politesse ou lecture:45 minutes Classes de chant: 1 h30.
Les classes du dimanche sont supprimées, outre les jours de fête, les jours
d’adoration diurne. Le cours du petit noviciat est dicté et commenté
oralement. Je réserve le Traité de l’oraison au temps de postulat.
P. Romanus.

Religieux de la Province belgo-batave.

Années de formation.

Jean Ceulemans est né à Malines (Belgique) le 11 septembre 1909. Ses études primaires se déroulent à l’Institut Saint-Pierre à Bruxelles de 1920 à 1923, puis à l’Institut Saint-Nicolas d’Anderlecht de 1923 à 1924. Il entre à l’alumnat Saint-Louis de Zepperen en 1924, à l’âge de quinze ans. En 1927, il passe à l’alumnat de Sart-les-Moines où se déroulent ses humanités de 1927 à 1929. Sa santé laisse déjà à désirer. Facilement rêveur, il déconcerte ses professeurs. Jean est orphelin depuis l’âge de six ans, peu de parents s’occupent de lui. Etre sensible, il souffre de sa situation familiale et se réfugie volontiers dans le monde de la rêverie. Sans être brillant, il donne cependant satisfaction à ses enseignants. En 1929, il est inscrit à la compagnie des infirmiers-brancardiers de Beverloo où il accomplit son temps de service militaire, selon la coutume belge qui réserve ce service aux ecclésiastiques. Libéré le 4 août 1930, il peut mettre en œuvre son projet d’entrer dans la vie religieuse assomptionniste. Il arrive à Taintegnies le 19 août 1930, reçoit l’habit religieux le 28 septembre des mains du P. Romanus Declercq. Novice régulier, énergique, naturellement sérieux, avec des moments de déprime, il a la charge d’infirmier, une charge qu’il accomplit avec minutie et dévouement. Il rajeunit le local, lui redonne ordre et propreté avec ce sens du goût artistique qui le caractérise. Les jours de travail manuel, Frère Jean s’occupe à peindre les salles communes: récréation, étude. Avec lui, le travail est fait de façon minutieuse.

Frère Jean atteint de la tuberculose au noviciat.

Le 29 mai 1931, Frère Jean doit s’aliter, son état paraît tout de suite alarmant. Il tousse de façon continue et une forte fièvre se maintient de façon inquiétante.

Le médecin diagnostique une grave tuberculose pulmonaire et laisse peu d’espoir sur une chance de guérison. Après un temps de pointe, la maladie semble connaître une accalmie. On en profite pour faire prendre au malade le grand air, le soleil, dans le verger de la propriété et le petit bois de sapins attenant. A la fin du moins de juin, le médecin conseille d’éloigner le Frère Jean de la communauté pour éviter tout danger de contagion. Contacté, le P. Provincial, Norbert Claes, est d’avis semblable. Après deux jours de recherches et de démarches, le malade est admis dans un service de sanatorium, à l’intérieur de l’hôpital de Tournai où il est soigné par une communauté de Sœurs Noires, infirmières et garde-malades de cet hôpital. Le transfert est opéré le 6 juillet. Le Frère Jean va passer presque 7 mois dans cette atmosphère, souvent dans un état pénible et douloureux, aggravé par une solitude forcée et une propension innée à la mélancolie. Certes des visites sont organisées auprès du malade qui s’intéresse au récit des menus faits de la vie au noviciat, mais elles ne peuvent pallier au manque de ce rythme régulier de vie communautaire auquel le Frère Jean tient beaucoup. A chaque visite, on s’inquiète de son amaigrissement et l’on constate qu’il perd l’appétit. Lui ne se rend pas compte de la gravité de son mal et chaque parole encourageante est interprétée par lui comme une promesse de guérison. Le maître des novices, le P. Romanus Declercq, se fait un devoir de lui tenir le langage de la vérité. Le 23 septembre 1931, le Frère Jean reçoit le sacrement des malades et prononce, selon son désir, ses vœux perpétuels in articulo mortis. Les médecins laissent entendre une issue fatale vers la fête de la Toussaint. Cependant un mieux se produit, qui prolonge la vie du Frère Jean de quelques mois.

A la mi-janvier, le mal s’aggrave et le Frère Jean, à bout de forces, meurt le 1er février 1932. Le 3 février ses obsèques sont célébrées à Taintegnies. Il repose au cimetière aux côtés des PP. Ismaël Thomarat, Paulus Beyer et du Frère Marie-Arnold Colin.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1932, n° 426, p. 25-27. Réponses du P. Ramanus Declercq aux questions posées par la Curie Généralice su: le noviciat, Taintegnies, 8.07.1931. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy.