Jean de Dieu (Victor) DANSET – 1878-1967

Nouvelle affiliation.
« Afin de rendre régulière mon affiliation à la Province de Paris, je vous
en fais la demande par la présente. J’ai passé 47 ans dans nos missions du
Chili et de l’Argentine. Au début de l’année 1957, j’ai prié le P.
Escoubas alors Provincial de l’Amérique du sud de me permettre de rentrer
en France et d’être affilié à la Province
de Pari s à laquelle j’appartiens par le lieu de ma naissance
(Halluin).
A cause de mon âge avancé, je suis né le 7 mai 1878, et de mes infirmités,
j’exprimais au
P. Escoubas le désir de rester définitivement en France, ce qu’il m’accorda
volontiers. A la même date, j’écrivis au P. Provincial de Paris qui était
alors le P. Bélard qui mourut sur ces entrefaites et dont j’ignorais le
décès.
Vous avez eu connaissance de cette lettre et vous avez eu la bonté
d’envoyer deux religieux m’attendre à mon débarquement au Havre, ce qui m’a
touché. Je vous prie donc d’avoir la bonté de notifier à qui de droit ma
demande d’affiliation à la Province de Paris ».
P. Jean de Dieu, Montpellier,
21 novembre 1962.

Jean de Dieu (Victor) DANSET

1878-1967

Religieux en mission en Amérique latine, affilié à la Province de Paris (1962).

Le temps de la formation.

Victor est né le 7 mai 1878 à Halluin (Nord). En 1891 il entre à l’alumnat de Taintegnies (Belgique, 1891- 1894) puis à Clairmarais (Pas-de-Calais) de 1894 à 1896. Ses études secondaires achevées, il opte pour le noviciat assomptionniste et prend l’habit à Livry- Gargan le 8 septembre 1896 sous le nom de Frère Jean de Dieu. Il y prononce ses premiers vœux le 8 septembre 1897 et ses vœux perpétuels le 8 septembre 1898. Le passage à Livry de Mgr Ramon jara, un des plus illustres évêques du Chili, augure peut-être de son avenir missionnaire? Les études de philosophie et de théoliogie se déroulent sous les cieux de Rome (1896-1898) et de Louvain (1898-1899, 1899-1904). Le Frère Jean de Dieu est ordonné prêtre le 25 juillet 1904. Jeune prêtre, il est maintenu à Louvain pour l’enseignement (1904-1906) comme professeur de philosophie. De 1906 à 1909, il enseigne les humanités :à Taintegnies, le temps de se faire apprécier: « Sincère, communicatif, spontané dans l’admiration des auteurs expliqués il n’a aucune peine à susciter l’intérêt et à faire partager ses sentiments. C’est un éveilleur et un animateur. On dit qu’il collabora à l’ouvrage du P. Octavien Caron, Ouvrages de lesprit, paru à la Bonne Presse en 1908 ». En 1909, le voici à Sart-les-Moines jusqu’en 1910, chargé de réformer le programme de formation secondaire des vocations tardives. Mais il sent en lui l’aspiration à la vie missionnaire du grand large. Il s’en ouvre au P. Bailly qui l’envoie en renfort au Chili.

Vie missionnaire en Amérique du Sud (47 ans).

Après une traversée sans histoire, il met le pied à Buenos Aires le 24 décembre 1910 et gagne Santiago du Chili où pendant deux ans il est occupé à des prédications,

s’initie au ministère et dirige une revue. Pages Chiliennes (1911-1912). Il est ensuite désigné pour prendre en charge la paroisse de Talcahuano. Il commence dans l’enthousiasme, se fait bâtisseur, crée une paroisse nouvelle, mais en 1919 une grave épidémie de typhus emporte deux de ses compagnons, les PP. Louis Deltour et Claudius Pavillet, tandis que deux autres très atteints, doivent partir. Ce drame humain et fraternel le bouleverse, en 1921 il quitte la mission, elle-même délaissée en 1923. En 1921, il est nommé supérieur de Mendoza, près de Rengo, à la fois maison de retraite et alumnat. Il participe également au chapitre général de 1921-1922. En 1923, le P. Félicien Vandenkoornhuyse, supérieur régional est élu assistant général, le P. Jean de Dieu lui succède dans sa responsabilité sur place et se déplace à Santiago. Mais comme le sanctuaire est érigé en paroisse, il se trouve suffisamment chargé, comme supérieur local, avec le ministère. De 1926 à 1933, il est curé de Rengo, paroisse très étendue, où il doit batailler contre l’emprise de la franc-maçonnerie. En 1933, il passe les Andes pour rejoindre Buenos Aires et aider le P. Camille Pémoulié, nouveau curé de la paroisse Saint-Martin de Tours. Pendant 12 ans, il est son vicaire modèle et aumônier des Petites-sœurs de l’Assomption. En 1945, il revient au Chili comme supérieur et maître des novices à la maison du Golf de Santiago. Cultivé, profond et compréhensif, il sait faire partager les sages exigences de la vie religieuse à ses jeunes dirigés. En 1950 il devient vicaire à Lota, mais dès 1953 à cause de ses problèmes de santé il revient à Santiago comme aumônier du Collège Jeanne d’Arc tenu par les Religieuses de la Providence de Grenoble. Il a la joie de fêter la naissance de la province d’Amérique du Sud (1953). En 1956, il quitte à nouveau le Chili pour l’Argentine, Belgrano. Il rentre en France le 7 juin 1957.

En demi-service et un temps de repos bien mérité.

Le P. Jean de Dieu, à 78 ans, se présente au P. Bétard en quête d’un gîte et d’un emploi. En septembre 1957, on l’affecte au scolasticat de Lormoy (Essonne), mais l’hiver lui est pénible et le climat du Sud préférable: il trouve à Montpellier la compagnie de son Frère, le P. Aubert et pendant 8 ans il remplit encore, à la mesure de ses forces, des services d’aumônerie chez les Religieuses de l’Assomption et les Sœurs de la Sainte Famille. Il confectionne un fichier des 12000 abonnés de la revue thérésienne et malgré ce travail assidu, se traite de ‘vieille bourrique’. Religieux charitable, compréhensif et souriant, il diffuse autour de lui la bonne humeur et chasse les nuages du découragement. D’une propreté impeccable, il entretient avec soin sa chambre. En août 1966, il est conduit à Lorgues (Var) qu’il dépeint ainsi: e une communauté d’estropiés, de sourds, d’aveugles, de boiteux où chacun se rend service et se prête ce qui lui reste de mieux, où l’harmonie des voix n’est pas parfaite mais où l’organiste fait de son mieux pour couvrir les fausses notes de ceux qui chantent faux et fort, mais où c’est l’idéal pour les vieux jours ». Il n’est jamais facile de mourir, il en fait l’expérience. Il perd la parole et conserve la paix. Son agonie se termine le 11 février 1967, fête de Notre-Dame de Lourdes. Il est inhumé le 13 suivant.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. janvier 1968, p. 227-228. Notice biographique par le P. Manuel Vandepitte 6 pages (pour Paris-Assomption). La Semeuse de roses (Montpellier), 1967 n° 271, p. 6264-6268. Le P. Jean de Dieu Danset a laissé dans les ACR une forte correspondance (1899-1958) qui rend compte de ses longues années d’apostolat en Amérique du Sud. Notices Biographiques