Jean de la Croix (Joseph) GALLAND – 1905-1991

Projet de voyage.
«Nous avons fait le projet le P. Joachim [Hervio] et moi de venir par Rome
Bari Dubrovnik, Belgrade. Pour
des missionnaires orientaux, c’est le meilleur des pèlerinages, celui qui
leur convient le mieux, à eux qui représentent en Orient l’unité
catholique. Quelle ne serait pas notre joie si vous aviez la bonté de nous
accorder cette faveur! D’ailleurs du seul point de vue pécuniaire, cela ne
peut rendre notre voyage
plus coûteux; au contraire, les expositions qui ne manquent pas en Italie
et celle de Bari en particulier nous donneraient droit à de belles
réductions. Obligé de prendre cette année un billet aller et retour, je
vous demanderais de vouloir bien faire le nécessaire pour que la réponse
nous parvienne avant le 24 juin. Il est temps pour nous à ce moment de
faire les démarches pour notre départ. Nous ne vous avons jamais importuné
de nos demandes, permettez-nous d’insister aujourd’hui. Le grand air nous
fera du bien et ce pèlerinage nous donnera du cœur pour travailler à cette
œuvre où vraiment l’on ne voit pas ce que l’on fait … ».
Jean de la Croix, Plovdiv, le
12 juin 1937.

Jean de la Croix (Joseph) GALLAND

1905-1991

Religieux de la Province de France.

Jeunesse: 1905-1930.

Joseph, benjamin d’une famille de 5 garçons, naît à Chabottes (Hautes-Alpes), le 19 décembre 1905. Il passe par les alumnats de Saint-Sigismond (1918- 1920) et de Vinovo (1920-1922), prend l’habit à Saint-Gérard (Belgique) le 31 octobre 1922 fait profession le 1er novembre 1923. Il choisit le nom religieux de Frère Jean de la Croix. La philosophie se fait à Taintegnies (1923-1924), suivie d’une année de service militaire (1925) et de quatre années de théologie à Louvain (1926-1930). Profès perpétuel le 8 décembre 1927, il est ordonné prêtre à Malines le 20 avril 1930.

Enseignernent: 1930-1966.

Pendant 36 ans le P. Jean de la Croix enseigne les mathématiques et les sciences, à Philippopoli d’abord (1930-1948). En 1948, il doit comme tous les religieux étrangers quitter la Bulgarie dont il va garder un souvenir inoubliable. En France, il prépare au baccalauréat des collégiens, des alumnistes ou de jeunes frères assomptionnistes: Briey (1948-1950), Miribel-les-Echelles (1950-1955) Valpré (1955-1959) et Lormoy (1939-1966). Il laisse le souvenir d’un charmant confrère, d’un professeur aux explications lumineuses qui arrive en classe comme en Orient, sans un livre sous le bras. Sa première leçon de mathématiques méduse quand il trace un cercle parfait au tableau noir. Le P. Gorazd Kourtev ancien de Plovdiv, témoigne: « Bon professeur et éducateur, ayant très à cœur son travail, le Père est aimé de ses élèves. Voilà plus de 40 ans que le collège est fermé, mais certains de ses anciens que je rencontre se souviennent encore de lui, évoquent son nom avec joie et vénération. Apprenant que cette année je pars de nouveau pour la France,

plusieurs me chargent expressément de saluer deux professeurs que je leur dis toujours vivants: les FP. Boillot et Galland. Au premier j’ai transmis leur salut et exprimé ma propre joie de le revoir. Pour le P. Jean de la Croix je suis allé au caveau des Pères, dans ce jardin de Lorgues où nous nous sommes promenés en 1979 et 1981. Il est mort presque à l’improviste pendant que j’étais à Rome. Et moi je me réjouissais à la pensée de le rencontrer de nouveau… ».

Economats: 1966-1976.

De 1966 à 1971, le P. Jean de la Croix est économe à Miribel-les-Echelles dont l’alumnat ferme en 1969, après 82 ans d’activité et d’où l’Assomption se retire en 1971, après avoir réussi à vendre les bâtiments au département, pour l’hôpital de Saint-Laurent du Pont. Des personnes âgées et handicapées viennent y remplacer la jeunesse. Le P. Jean de la Croix est nommé économe de la maison de repos à Lorgues (Var). Mais en 1976, effrayé par les travaux à entreprendre, il donne sa démission.

Dernières années: 1976-1991.

« Quand on a passé sa vie au service des jeunes, on ne s’imagine pas que l’on puisse vieillir. Les infirmités de l’âge exercent une forte influence sur le comportement et le caractère du Père. Mais il garde toujours le sourire devant les petites taquineries de ses confrères » atteste le P. Albert Heckel. Le 5 février 1991 le P. Jean de la Croix fait une chute dans le grand couloir de Lorgues qu’il arpente en priant son chapelet. C’est une fracture du col du fémur. Hospitalisé et opéré à Draguignan, il tient jusqu’au 11 février: Notre-Dame du Laus vient chercher son fidèle serviteur. Le P. Jean de la Croix a noté sur son carnet cette dernière prière: « Viens, Jésus! Que ta visite soit notre paix. Que notre cœur trouve la joie parfaite en ta présence. Alleluia! » (1). Les obsèques sont célébrées à Lorgues le mercredi des Cendres, 13 février. Le P. David Laurent prononce une abondante et substantielle homélie, en évoquant le P. Jean de la Croix homme de prière et de dévouement qui a su donner, se donner, penser aux autres, selon le conseil de Paul aux Corinthiens: « Faites de toute votre personne une offrande agréable à Dieu».

(1) Prière relevée par le P. Léon Pellicier supérieur de Lorgues le jour des obsèques.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre du P. Jean de la Croix Galland au P. Gervais Quenard, Plovdiv, 12 juin 1937. Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 6-7. Assomption France, Nécrologie année 1991, p. 194-195. Le Jubilé d’argent du P. Jean de la Croix dans Le Petit Alumniste, 1955 (article reproduit dans la Lettre à la Famille, 1955). Notices Biographiques