Jean-Frédéric-Francois (Olaf) HENDRIKS – 1905-1972

Une vocation d’orientaliste .
« Tout en comprenant que vous êtes débordé de travail et de difficultés au
commencement de votre lourde tâche, j’ose cependant vous soumettre le plan
suivant: D’accord avec le P. Provincial [Wiro Van Den Dungen] et le P.
Marius V. D. Boogaard, je vous demande s’il ne serait pas possible que je
vienne à Rome pour faire des études à l’Institut Oriental, suivre le cours
ordinaire pendant 2 ou 3 ans. La demande est un peu étrange à cause de mon
âge, 42 ans. Voici les raisons qui me poussent à cette démarche:
Ayant toujours espéré pouvoir me démettre de ma charge de rédacteur en chef
de la revue
‘Het christelilk 0oesten’ lors de l’arrivée des trois Pères qui ont fini
leurs études à 1’Institut Oriental, je suis obligé de continuer à m’occuper
de cette oeuvre et à organiser une succursale de 1’lnstitut
byzantin dans notre pays. Je dois approfondir les questions orientales. On
respecte surtout les personnes qui ont des titres et des diplômes. Il me
serait utile de faire connaissance
avec les personnes qui s’occupent de ces questions et d’étudier la
possibilité d’unifier toutes nos forces en vue de l’?uvre de l’Union. J’ai
le courage de me remettre sur le banc des écoliers ».

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Formation.

Jean-Frédéric-François Hendriks est né le 19 février 1905 à Haarlem aux Pays-Bas. Après son école primaire à l’école apostolique St Joseph à Nieuwegracht (Haarlem), il entre, pour ses études secondaires, en 1919 à l’école apostolique de Boxtel (1919-1925). Le 31 octobre 1925, il prend l’habit religieux assomptionniste au noviciat à Taintegnies, sous le nom de Frère Olaf et la direction du P. Savinien Dewaële. Le Frère Olaf est reçu à la première profession, le 1er novembre 1926 à Taintegnies (Belgique). Ayant suivi trois années de philosophie à Saint-Gérard (1926-1929), il part en 1929 à Rome pour y étudier la théologie. Il est admis à la profession perpétuelle, le 1er novembre 1929, à Rome où il est également ordonné prêtre le 30 octobre 1932. « Religieux appliqué à la prière et à son travail, plutôt réservé de tempérament, le P. Olaf présente de bonnes dispositions intellectuelles. Doué, il peut être orienté vers un apostolat d’enseignement ou de recherche intellectuelle ».

Enseignement.

Après avoir enseigné la théologie ascétique à Taintegnies et le dogme à Louvain, le P. Olaf devient professeur de rhétorique à Boxtel (1935- 1937). De 1937 à 1939, il est professeur d’histoire de l’Eglise à Louvain et de, de 1939 à 1946, il enseigne la spiritualité à Bergeijk. A partir de 1946, il collabore à diverses publications à Nimègue. Ayant fait deux ans à l’Institut oriental à Rome (1954-1956), il est envoyé à Charfé au Liban en 1956. Sur place, il analyse la situation en observateur attentif: « La lutte au Liban n’est pas encore finie, écrit-il en 1959, le but de la République Arabe Unie (1) restera toujours d’accaparer ce beau pays chrétien.

Aussi les chrétiens sont-ils prêts à combattre, surtout ils voient qu’en Egypte et en Syrie on attaquera J’enseignement chrétien. Tout dépendra de la tournure que prendra l’Iraq. Nous sommes en face du communisme et même la hiérarchie ne fait rien pour détourner le danger, au contraire. Le séjour au Liban me fait connaître des aspects de ce pays que j’ignorais jusqu’ici. Au pensionnat je m’occupe de la jeunesse, de la J.E.C et des orphelines’. Le P Olaf s’occupe de religieuses à Beyrouth, après le départ des religieux du séminaire oriental en 1958, puis d’un noviciat de Frères de la Charité à Oostrum. A partir de cette période (août 1960), le P. Olaf vit hors communauté, rattaché à la Procure de Boxtel. En 1967, le P. Olaf fait partie de l’équipe qui, à Rome, prépare le chapitre spécial pour la refonte des Constitutions. Le P. Léander De Leeuw le présente comme un candidat tout à fait idoine pour cette responsabilité de synthèse: « Le P. Olaf est docteur en théologie, licencié en théologie orientale, qui a été professeur au scolasticat de la Province de Hollande. Il connaît bien le français et sait lire l’anglais. Il a étudié de façon régulière, et, ces dernières années, il a été aumônier dans un noviciat de Frères, se trouvant parfaitement au fait des problèmes de la vie religieuse aujourd’hui. Le P. Marius Van Den Boogaard est d’accord pour le détacher en vue de ce travail général. Le P. Olaf peut venir à Rome dès le mois de juin 1967. Il est de bonne santé, connaît Rome et a 62 ans. Je propose donc de le nommer Président de la Commission ». Sur place, le P. Olaf trouve le concours du P. Joseph Grenier, de la Province d’Amérique du Nord et d’un religieux, frère coadjuteur, dactylographe. En 1968, le P. Olaf retourne aux Pays-Bas à Bergeijk et en 1970, il assure un service pastoral au centre ‘Marienpark’ à Leidschendam.

‘Dans la maison du Père’.

Le P. Olaf meurt prématurément, dans sa 68ème année, à Leidschendam, le 30 avril 1972, après une courte maladie. (1) La R.A.U. est l’état formé en 1958 par l’union (éphémère) de l’Egypte et de la Syrie. En septembre 1961, la Syrie se retire de la R.A.U. L’Egypte garde ce nom jusqu’en 1971.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 235. Stemmen Van Stapelen, juni 1972, n° 26, p.1 De Schakel). ART informations, 1972, n°31, p. 6. Lettre du P. Olaf Hendriks au P. Dominiten Meuwissen, Nimègue, le 30 juillet 1952. Lettre du P. Léander De Leeuw au P. Wilfrid Dufault, Steenbergen, le 30 mai 1967. Du P. Olaf Hendriks, dans les ACR, correspondances (1930-1967), des articles-. ‘Le monachisme monophysite syrien, (1960), ‘L’Orient chrétien et l’Union? (1947-1956) dans ‘Christelijk oosten en Hereniging’, le livre ‘Aux sources profanes de la souffrance ‘ (1949), ‘Erasmus en Leuven? et également des articles publiés dans L’Orient Chrétien. Il est aussi l’auteur d’autres ouvrages se rapportant au protestantisme.