Jean-Gabriel (Louis) ROQUE – 1875-1959

Recommandation.
Louis Roque, né à Sommières
(Gard) de Joseph Roque et de
Henriette Boyer le 12 mars
1875, perdit son père et sa mère à l’âge d’environ 10 ans. Il fut reçu
comme orphelin à l’orphelinat de Servas d’où il n’est sorti que pour le
service militaire. De Servas on a dû donner les meilleurs renseignements à
son sujet et à Sommières, de tout temps, il avait manifesté son désir
d’entrer en religion dès qu’il le pourrait. On fait de lui les plus grands
éloges. On ajoute qu’il sera bien à sa place dans un ordre religieux. La
famille
jouit dans le pays d’une bonne considération. Veuillez agréer, M. le
Secrétaire Général, mes bien respectueuses salutations
».

Battet, curé-doyen, Sommières, le 8 mai 1898.

Le religieux soussigné, conformément au décret d’institution de la Province
de l’Amérique latine, dans le désir d’aider à sa formation et à son
développement, prie le Père Général de bien vouloir l’affilier à la dite
Province, comptant par ailleurs sur une interprétation bienveillante de
l’article6 de ce même décret, au cas d’une demande de retour éventuel à la
Province d’origine. Frère Jean-Gabriel,
1954.

Notices Biographiques A.A

Religieux français de la Province d’Amérique du Sud. Un homme simple au cœur universel. Louis Roque (1) est né dans le Gard, à Sommières, le 12 mars 1875. Très tôt orphelin, il connaît la vie d’un orphelinat agricole, celui de Servas, près d’Alès (Gard), qu’a fréquenté précisément le P. d’Alzon, grand ami de la famille Varin d’Ainvelle promotrice de l’établissement. On sait d’ailleurs que le P. d’Alzon entreprit une fondation semblable à Mireman, dans la banlieue de Nîmes, où il établit, à partir de décembre 1853, au service de la colonie agricole, un noviciat de Frères convers. D’après le témoignage du curé de Sommières en 1898, le jeune Louis ne connaît pas d’autre horizon que celui de l’orphelinat pendant toute sa jeunesse. C’est en 1897 qu’il peut commencer la réalisation de son désir de vie religieuse, en étant accueilli à Livry (Seine- Saint-Denis) par le P. Michael Lebigot chargé sur place de la formation des Frères coadjuteurs. Le 13 juin 1898, il revêt l’habit religieux sous le nom de Frère Jean-Gabriel. Son noviciat dure trois ans, selon la règle en usage pour les Frères et, le 14 juin 1901, il peut prononcer ses premiers vœux. Le P. Ernest Baudouy, maître des novices, écrit à son sujet en mai 1898: « Le Frère Jean-Gabriel aspire depuis longtemps à la vie religieuse et aussitôt qu’il a été libéré du service militaire, il est venu à Livry où se trouve déjà l’un de ses anciens compagnons et ami, notre jardinier le Frère Martin. Il s’est toujours montré souple, pliable, laborieux et pieux ». Pendant trois ans, le Frère Jean-Gabriel se livre sans réserve à la direction de son Père maître qui sait graver dans son âme les traits que l’on se plaît à lui reconnaître durant toute sa vie: énergie, générosité, abnégation, humilité et fidélité à la règle de vie. En 1901, il reçoit sa première obédience pour la maison de Louvain (Belgique), A.A le noviciat de Livry faisant l’objet d’une procédure de liquidation, après le procès de 1900. Son activité se déroule dans le cadre du vaste jardin du couvent admirablement cultivé, produisant fruits et légumes pour la nombreuse communauté. Sous le ciel du Chili. Des missionnaires du Chili, de passage au noviciat, font la conquête du Frère Jean-Gabriel qui s’offre bien volontiers au P. Joseph Maubon, supérieur de la mission. Il s’embarque donc à la fin de l’année 1906 et arrive à Mendoza au Chili en janvier 1907, résidence qui sert alors de lieu de retraites et d’exercices spirituels. Le Frère Jean-Gabriel apprend rapidement à parler l’espagnol. Pendant les mois d’été, il se dévoue à la culture des champs où l’on apprécie son savoir-faire et sa générosité. Ne dit-on pas avec quelque humour poétique que sans relâche, au jardin, il fait la guerre à l’insidieuse ‘cuncunilia’ et dans les murs de la maison il confisque ‘Dama Juanilla’! Durant les mois d’hiver, il est un auxiliaire précieux pour les catéchismes, les répétitions des chants et les nombreux services d’entretien au réfectoire et au dortoir. Préposé à la porte et au tour, il attend les retraitants qui arrivent généralement après de nombreuses libations leur donnant sans doute la force de passer la porte. Le Frère n’hésite pas à empoigner les hésitants et les récalcitrants. Vient alors la nuit dont le repos calme les esprits, vide les estomacs et rend à tous le bon sens. Le Frère Jean-Gabriel est très aimé et respecté des enfants, car il sait faire observer la discipline en silence avec ce mélange qui lui est propre de fermeté et de douceur. Lorsqu’en 1923 le centre de Mendoza est fermé comme lieu de récollection, le Frère Jean-Gabriel passe au service du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes à Santiago. Pendant les années de la construction du sanctuaire, il collecte de nombreuses aumônes. Sa joie est de les remettre le soir à l’économe, sans en soustraire un seul peso. Que de fois il s’impose une ‘rifa’ ou une kermesse pour récolter des fonds! Le 25 mars 1958, il est au premier rang de ceux qui ont le bonheur de participer à la consécration du sanctuaire, enfin terminé pour le centenaire des apparitions de Lourdes. Avec l’âge viennent les infirmités de la vieillesse: en juin 1958, il doit subir une pénible intervention chirurgicale, ce qui ne l’empêche pas de devoir porter une sonde. Son infirmier dévoué, le P. Palma, lui prodigue toutes les attentions les plus délicates, le Frère peut se maintenir encore une année. Il est emporté par une broncho- pneumonie. Il meurt le soir de Noël, le 25 décembre 1959. Il est inhumé à Santiago, dans le ‘nicho’ voisin du P. Isidore Gayraud. Sa vie laisse la trace lumineuse de celles qui sont intégralement consacrées à Dieu dans l’accomplissement le plus fidèle de toutes les humbles tâches quotidiennes. (1) Telle est l’orthographie correcte et originelle de son nom, attestée par l’intéressé lui-même, même si les documents plus récents le concernant mentionnent invariablement ‘Roques’.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : B.O.A. juin 1960, p. 98-99. Lettre à la Famille, 1960, n° 284, p. 323-324. Vinculum (Provincia America Latina de N.S. de Lourdes), enero 1960, n° 28. Notices Biographiques