JEAN ISELER – 1914-2000

Arrivé à Saint-Sigismond en septembre 1996, « il participe activement jusqu’au bout à la vie de la communauté, très fraternel, toujours prêt à rendre service, s’intéressant toujours au monde ouvrier, hanté par le Royaume de Dieu annoncé à ce monde des pauvres qu’il avait tant aimé… »1. Hospitalisé à Albertville le 25 janvier à la suite d’une infection pulmonaire que compliquèrent des problèmes cardiaques, il s’affaiblit progressivement et décéda d’une embolie le vendredi 17 mars à une heure du matin.

Suivies de l’inhumation au cimetière du Chiriac, ses obsèques furent célébrées le lundi 20, en présence de la communauté, d’Assomptionnistes venus de loin (dont le P. Clément Oswald), de quelques membres de sa famille, de paroissiens d’Aumetz (Moselle), dont le maire, du curé d’Albertville, des religieux, religieuses et laïcs qui fréquentent la chapelle.

Dans son homélie, le P. Michel Zabé s’inspira d’Isaïe 42,1-3 et de Matthieu 25,31-46 pour « illustrer, avec Isaïe, le serviteur de Dieu que fut Jean, n’écrasant pas le faible, n’élevant pas la voix, restant le témoin de l’amour de Dieu auprès de ses frères les hommes » et rappeler que la page de Mt 25 « ne porte pas sur l’avenir, mais s’écrit au présent de notre propre histoire. Le visage de Dieu c’est le visage de l’homme ! » Et de citer, un peu plus loin, un Jésuite du XVIIe siècle : « Le Christ se présente à nous sous un déguisement. Les uns ne le reconnaissent pas. Les autres sont d’autant plus prévenants que le déguisement est plus minable ».

Le Père Mermoz, le jour des obsèques.

Curriculum

Né à Wadgassen (Sarre) le 24 décembre 1914, Jean Iseler passa son enfance à Rombas (Moselle) ; « au milieu des usines bruyantes, fumantes, voire brûlantes. Cela dut marquer comme au fer rouge la vie de ce garçon qui se destinait à être missionnaire. Il ne pourrait jamais oublier ces hommes et ces femmes qui allaient, de jour comme de nuit, gagner durement leur pain dans ces enfers en feu »2.

Il passa par les alumnats de Scy-Chazelles et Miribel, entra au noviciat de Nozeroy en 1932 et fut profès le 3 octobre 1933. Il retourna à Scy- Chazelles pour la philosophie, qui fut suivie de deux ans de service militaire. De 1937 à 1941, il fit de brillantes études de théologie à Lormoy, où il fut ordonné prêtre le 27 juillet 1941.

Il resta à Lormoy jusqu’en 1946. Il y enseigna la philosophie pendant deux ans. Il fut ensuite aumônier régional de la J. O. C. Il approfondit alors sa connaissance du monde ouvrier et découvrit les méthodes d’évangélisation de l’Action catholique.

En 1946 il fut nommé à Marseille (rue de Cluny), aumônier régional de laJ. O. C. pour le sud-est. Il fut ensuite curé et supérieur à N. D. du Rouet(1948), qu’il quitta provisoirement pour se soigner au sanatorium de Thorenc (Alpes-Maritimes) en 1951-1952, puis curé de la Capelette de1959 à 1964.

Supérieur du scolasticat de Valpré de 1964 à 1967, il s’efforça « de faire passer aux jeunes en formation un souffle missionnaire nouveau »1.

Avant que l’Assomption ne quittât Scy-Chazelles, Mgr Schmit, évêque de Metz, souhaita qu’elle accepte une implantation pastorale dans son diocèse. En 1967, le P. Iseler, aidé de deux confrères, fut nommé curé d’Audun Le Tiche, quelque six mille habitants, à la frontière du Luxembourg. Les industries y tournaient encore à plein rendement, malgréLe Père Clément Oswald, le même jour.le ralentissement de la production minière de Lorraine (1963) et le premier »Plan Acier » (1966), que suivirent fermetures de sites, suppressions d’emplois, marches sur Paris.

« À peine arrivé dans la paroisse, le P. Jean s’est illustré dans sa mission de solidarité en faveur des immigrés, qui servaient de cibles lors des représailles patronales. Malgré toutes les pressions patronales ou gouvernementales, le Père ne cédait en rien sur le terrain de la dignité de ces hommes et du respect à leur égard… enfoui dans cet environnement marqué par le travail dur et pénible, le P. Jean s’était forgé un caractère dur pour lui-même. Il n’aimait pas perdre son temps. Il étudiait, lisait, s’informait, se cultivait beaucoup dans le domaine politique, économiqueet social. Mais le côté spirituel n’était pas négligé. Au contraire : bréviaire, méditation, récollection étaient constamment repris, soutenus. La révision de vie, apprise au contact de l’Action catholique, nourrissait et actualisait quotidiennement les intentions de sa prière »2.

Sa longue présence à Audun Le Tiche fut interrompue par un recyclage à Paris en 1971-1972. De 1979 à 1985 il desservit la paroisse d’Ottange. Il résida ensuite à Nilvange pendant dix ans, puis à Aumetz en 1995-1996, rendant toujours service.

Durant ses dernières années à Saint-Sigismond, il apprécia « la vie calme et plus régulière, avec la possibilité de prier davantage » qu’il avait souhaitée en y arrivant.

Bibliographies