Jean (Jean-Yves-Maurice) ROBERT – 1925-1988

Aboisso, 1960.
« Les gros soucis sont l’état
Jean-Yves-Maurice Robert est né le 26 février 1925 à
Fontaine-les-Luxeuil, dans la Haute-Saône. À l’âge de douze ans,
il entre au petit séminaire de Luxeuil, qu’il quitte en 1946,
pour deux années de philosophie au grand séminaire de Faverney. Le
23 octobre 1949, il prend l’habit au noviciat de Nozeroy
(Jura), où il fait profession le 24 octobre
1950, sous le nom de Frère Jean. Suivent trois ans de théologie à Valpré
(Rhône), une année à Lormoy
(Essonne), où il est profès perpétuel le ler novembre
1953 et ordonné prêtre le 13 mars 1954. Son ministère débute
en France, en trois postes successifs. le noviciat de
Nozeroy, dont il est économe de 1954 à 1956, l’orphelinat de Douvaine
(Haute-Savoie), où il est surveillant pendant un an, et la Procure
de Marseille (Bouches-du-Rhône), à partir de laquelle il s’adonne à
divers apostolats.

En Côte d’ivoire.

En 1958, le P. Jean part avec le P. Louis Durget pour la mission
d’Aboisso en Côte d’Ivoire. L’année précédente, l’Assomption a ouvert
à Abidjan le Collège Notre-Daine d’Afrique, avec deux classes de
sixième et 80 élèves. La paroisse d’Aboisso, à 80 km à l’est d’Abidjan,
aux confins du Ghana, a été fondée en 1905 par les Missions
,Africaines de Lyon. C’est un territoire de 80 km sur 40, qui
compte une quarantaine de villages et quelque
25.000 habitants dont 4000 catholiques et 1500 catéchumènes. Le P.
Jean Robert narre ainsi ses débuts: « Avec le P. Rose, curé de la
paroisse, je parcours la brousse. Arrivés au village, nous allons à
l’église, où nous entendons les confessions. Ensuite prière et
un petit sermon en français qui est toujours très allongé par le
traducteur. Souvent le curé me laisse seul dans un village et va
dans le village voisin où il fait de même. On soupe à la manière
indigène, et je vous assure que le piment n’est pas épargné. Il ne
reste plus qu’à se coucher,
d’esprit des maîtres qui laisse à désirer actuellement et, vous
le pensez bien, l’état financier… En vue d’assurer d’ici quelques années
des revenus à la mission, nous avons entrepris la remise en état des 21
hectares d’une concession que possède la mission… Depuis deux mois, aidés
de quelques indigènes modestement rétribués, nous avons débroussé un fameux
bout de terrain, près de 10 hectares de forêt impénétrable où nous
retrouvons quelques plants de cacao, de café et de bananes qui ont survécu
à l’étouffement… Pas trop d’accidents jusqu’alors, à part mon malheureux
bras gauche qui, péniblement ressoudé, s’est vu gratifié d’un bon coup de
coupe-coupe, et les rencontres désagréables avec les serpents (une dizaine
de tués) et un python majestueux que les indigènes auraient voulu mettre à
la casserole. N’ayant pas d’armes à distance, il a fallu le laisser à ses
ébats ».

Du P. Jean Robert au P. Celse
Ract, le 3 janvier 1960. D’après La Lettre à la Famille, mai 1960, n° 289,
p. 362.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Un temps de formation. ?Un temps de formation. Jean-Yves-Maurice Robert est né le 26 février 1925 à Fontaine-les-Luxeuil, dans la Haute-Saône. À l’âge de douze ans, il entre au petit séminaire de Luxeuil, qu’il quitte en 1946, pour deux années de philosophie au grand séminaire de Faverney. Le 23 octobre 1949, il prend l’habit au noviciat de Nozeroy (Jura), où il fait profession le 24 octobre 1950, sous le nom de Frère Jean. Suivent trois ans de théologie à Valpré (Rhône), une année à Lormoy (Essonne), où il est profès perpétuel le ler novembre 1953 et ordonné prêtre le 13 mars 1954. Son ministère débute en France, en trois postes successifs. le noviciat de Nozeroy, dont il est économe de 1954 à 1956, l’orphelinat de Douvaine (Haute-Savoie), où il est surveillant pendant un an, et la Procure de Marseille (Bouches-du-Rhône), à partir de laquelle il s’adonne à divers apostolats. En Côte d’ivoire. En 1958, le P. Jean part avec le P. Louis Durget pour la mission d’Aboisso en Côte d’Ivoire. L’année précédente, l’Assomption a ouvert à Abidjan le Collège Notre-Daine d’Afrique, avec deux classes de sixième et 80 élèves. La paroisse d’Aboisso, à 80 km à l’est d’Abidjan, aux confins du Ghana, a été fondée en 1905 par les Missions ,Africaines de Lyon. C’est un territoire de 80 km sur 40, qui compte une quarantaine de villages et quelque 25.000 habitants dont 4000 catholiques et 1500 catéchumènes. Le P. Jean Robert narre ainsi ses débuts: « Avec le P. Rose, curé de la paroisse, je parcours la brousse. Arrivés au village, nous allons à l’église, où nous entendons les confessions. Ensuite prière et un petit sermon en français qui est toujours très allongé par le traducteur. Souvent le curé me laisse seul dans un village et va dans le village voisin où il fait de même. On soupe à la manière indigène, et je vous assure que le piment n’est pas épargné. Il ne reste plus qu’à se coucher, car il n’est guère bon de veiller près d’une lampe-tempête. Ici les jours sont égaux aux nuits. Le matin à six heures, prière, messe, sermon, puis on baptise les enfants. Depuis quinze jours, j’ai fait vingt-deux baptêmes, plus que dans quatre ans de vie sacerdotale en métropole ». En mars 1964, Aboisso compte 8.500 catholiques et 1600 catéchumènes. Le territoire confié aux 5 Assomptionnistes s’est agrandi des missions d’Adiaké où le P. Durget, arrivé en 1962, a bâti une église, et de Bonoua où deux religieux se sont établis en 1963. Les trois missions réunies totalisent 8000 km2, peuplés de 125.000 habitants dont 14.500 catholiques et 5.900 catéchumènes. A l’été de 1964, le P. Jean rejoint le P. Durget à Adiaké. En 1966, ü est nommé à Bonoua. De 1968 à 1970, il est supérieur à Adiaké où il reste jusqu’en 1974. A cette date, l’Assomption qui s’est retirée d’Aboisso en 1967 et de Bonoua en 1969, quitte la région et prend en charge la mission de Port-Bouet où le Père Jean va oeuvrer pendant quatre ans. Cette mission est animée jusqu’en 1987 par l’Assomption. Un essai est tenté pendant deux ans à Grand-Bassam. Retour en France. Rentré en France après vingt-ans d’Afrique, le Père Jean fait un recyclage à Lyon (Rhône) et réside à la maison vice-provinciale, avenue Debrousse. A l’automne 1979, il est nommé à Vellexon (Haute-Saône), patrie du P. Pernet, proche de la sienne. Il a en charge plusieurs paroisses et, comme naguère à Port-Bouet ou encore jadis à Nozeroy, il assure le service de l’économat. Le P. Jean Robert meurt le dimanche de Pâques, 3 avril 1988, à l’hôpital de Vesoul. Il est inhumé à Vellexon au matin du mercredi 6 avril. la personnalité du Père Jean, ancien missionnaire en Côte d’Ivoire, son dévouement, sa serviabilité, les neuf années passées comme curé de Vellexon ont fait qu’une foule importante assiste à ses obsèques, présidées par le P. Jean-Daniel Gullung, entouré de l’abbé Viennet, vicaire épiscopal, et d’une trentaine de prêtres et de religieux. Le P. Gullung rappelle ce que fut la vie missionnaire et la vocation du P. Jean auprès des populations. M. Magnin, vice-président du Conseil général, maire de Vellexon, prononce un émouvant adieu.« En 1979, nous vîmes ce prêtre un peu timide prendre contact avec les uns et les autres, devenir le bon pasteur. Le curé de la brousse devenait le curé de campagne, se penchant sur les joies, mais aussi sur les souffrances de chacun, pour faire luire au-dessus d’elles l’immortelle espérance… » (1). (1) D’après un extrait de la presse locale.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 22-23. Assomption-France, Nécrologie, année 1988, p. 135-136. Du P. Jean Robert, dans Missions des Augustins de l’Assomption, été 1959, n° 50: Premières impressions d’un ‘broussard’, p. 11-13 et automne 1959, n° 51. L’Assomption en Côte d’Ivoire, p. 8-12. Aboisso dans Missions des Augustins de l’Assomption, 1959, n° 50, p. 9-14. Notices Biographiques