Jean-Louis (Louis J.-Baptiste) BALME – 1906-1970

Portrait.

« Parler du P. Jean-Louis Balme, c’est évoquer une époque, celle de la
fondation et des premières années difficiles de Mission de Tuléar.
Personnage haut en couleurs, au verbe sonore, prodigue en claques dans le
dos et en bourrades amicales,
il était au fond un tendre et il a été pour nous un foyer de chaleur
fraternelle.

Il a marqué la période 1953-
1962 d’autant plus que sa fonction d’économe et de responsable de
l’organisation matérielle le mettait en contact avec tout un monde qui, de
près ou de loin, gravitait autour de sa pauvre caisse jalousement gardée…
Que de constructions il a mises en route et surveillées de près, tant à
Tuléar que dans les postes disséminés sur le territoire de la Mission. Je
dénombre douze écoles, églises, résidences, ateliers et dépendances, tous
réalisés en mois de 8 ans. Que de
démarches, de commandes, de transports, de factures..

Lui qui n’avait pas tellement de facilités pour la langue, préparait ses
sermons avec courage, les faisait traduire ou corriger et les répétait
plusieurs fois pour ne pas se tromper dans les accents si importants dans
la langue
malgache… ». L’Assomption

Religieux de la Province de Paris.

Les débuts à l’Assomption.

Louis est né le 25 février à Prévenchères (Lozère), benjamin d’une famille nombreuse dont trois enfants entrèrent dans la vie religieuse. Il fait sa communale à Crouzet et suit les traces de son frère, Marie-Aimé à l’Assomption: en 1918 il entre à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), continue à Vinovo (Italie) en 1921 et enfin à Miribel (Isère) de 1922 à 1923. Le voici le 31 octobre 1923 au noviciat de Saint-Gérard en Belgique et sous le nom de Jean-Louis reçoit l’habit des mains du P. Thomas Darbois. Il est admis aux premiers vœux le 1er novembre 1924. La philosophie se déroule également à Saint-Gérard (1925-1927), sous la direction du P. Hurtevent. De 1927 à 1928, il remplit ses obligations militaires dans l’infanterie à Dunkerque et Valenciennes. Il fait à Louvain trois années de théologie (1928-1931) qu’il achève à Arras (1931-1932), tout en assurant quelques surveillances à l’orphelinat du P. Halluin. Il y est ordonné prêtre le 1er avril 1933 par Mgr Dutoit.

Professeur dans les alumnats.

Pendant douze ans, le P. Jean-Louis est enseignant: au Bizet (1932-1934), à Clairmarais (1934-1939) et, après la guerre à Davézieux en Ardèche (1942-1948). Il s’y révèle précis, clair, à la portée des jeunes, fin humaniste, d’esprit toujours avide. Ses confrères apprécient en lui l’homme gai, spirituel, parfois mordant, mais toujours bon et d’esprit surnaturel. Robuste physiquement, il aime à se dépenser dans les travaux manuels où il excelle grâce à un coup de main et à un sens pratique entraînés. C’est lui le créateur à Clairmarais avec le P. Vivien de la grotte de Lourdes qui attire toujours les foules en pèlerinage. La maison lui doit aussi de nombreuses plantations et Davézieux l’installation électrique dans les caves.

On sait que pendant la guerre de 39-40, il est mobilisé, fait prisonnier le 4 juin dans la fameuse poche de Dunkerque et déporté en Poméranie jusqu’en juin 1943 où il est rapatrié sanitaire, gravement malade.

Un économe entreprenant et avisé.

Désormais ce sont les charges matérielles qui vont le mobiliser à Lambersart (Nord) de 1948 à 1950, aux Essarts (Seine-Maritime) de 1950 à 1953, la mission de Tuléar (1953-1962) , Arras (Pas-de-Calais) de 1963 à 1966 et Chanac (Lozère), sa dernière communauté de 1966 à 1970. Lambersart ouvre ses portes en 1948 et il s’agit pour le P. Jean-Louis de transformer le château du Comte de Pas en un bâtiment scolaire, ce qu’il réussit avec bonheur en utilisant au mieux l’espace disponible. Aux Essarts, il lui faut prendre en main l’exploitation de la ferme et assurer la formation technique des frères coadjuteurs. Volontaire pour la mission de Tuléar, il s’embarque à Marseille le 25 octobre 1953 sur ‘Ville de Tananarive’ et débarque à Tamatave le 21 novembre suivant. Le travail consenti est impressionnant, mais la fatigue se fait sentir et le P. Jean-Louis, en pleine dépression nerveuse, doit rentrer en France le 29 avril 1962. Quelques temps au repos aux Essarts et Clairmarais lui permettent de se refaire (1962-1963). Il accepte encore l’économat à l’orphelinat d’Arras où il agit comme toujours avec compétence, ordre et méthode. En 1966, il devient l’économe officiel de Chanac qui d’alumnat est transformé en maison de repos. En septembre 1968, obligé de consulter un médecin, il doit être hospitalisé à Saint-Charles de Montpellier. Il est opéré le 20 novembre d’une évolution maligne d’un papillome vésical. Il retrouve sa communauté en février 1969 et poursuit ses activités jusqu’en octobre 1969. Il doit de nouveau être hospitalisé à Montpellier le 8 décembre, réopéré le 9 janvier 1970 d’une tumeur cancéreuse. Il meurt le 12 janvier 1970. Les obsèques sont célébrées à Sainte-Thérèse le 14 janvier et le Père est inhumé au cimetière St Lazare.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : B.O.A., novembre 1970, p. 142. L’Assomption 1970, n° 563, p. 26. Paris-Assomption, 1970, n° 121, p. 2-6 (article dû au P. Vandepitte). Les archives gardent quelques correspondances échangées par le P. Balme avec les responsables de la Congrégation, entre 1927 et 1962, principalement durant sa période malgache.