Jean-Marie GUEZENGAR – 1918-1985

Témoignage .
« Le P. Jean-Marie, arrivé à l’âge de la grande sagesse, à qui nous aimions
nous
adresser, nous réserve toujours un accueil très compréhensif. Ses conseils
sont simples et profonds, inspirés d’une
grande foi.
Il a beaucoup de bon sens, de jugement, une bonté extraordinaire.
Il est pacifiant et excessivement encourageant. Il ne dramatise jamais, il
aime beaucoup notre communauté et s’y trouve avec simplicité et joie.
Très discret, il parle peu de lui-même et de ses difficultés. Il a eu des
épreuves
personnelles, spécialement des deuils familiaux. Il n’en parle jamais.
Il répète: ‘Le Seigneur nous connaît tels que nous sommes et nous prendra
tels que nous sommes. Acceptons la volonté du Seigneur, ne cherchons pas
pourquoi’.
Il fait des homélies simples, sans papier. Nous gardons le souvenir d’une
comparaison entre saint Grignion de Montfort et le Jésus de l’Evangile.

Sœurs de la Sagesse, Pont- l’Abbé d’Arnoult, 1985.

Jean-Marie GUEZENGAR

1918-1985

Religieux de la Province de France.

Parcours de vie.

Jean-Marie Guézengar naît le 14 mars 1918 à Plogoff, près de la Pointe du Raz (Finistère), dans une famille qui comptera 11 enfants dont trois seront prêtres. Après les études secondaires à Saint-Maur (Maine-et- Loire), de 1832 à 1935 et Cavalerie (Dordogne), de 1935 à 1938, il entre au noviciat de Pont-l’Abbé- d’Arnoult (Charente-Maritime), le 29 septembre 1938. Mobilisé le 20 septembre 1939, il profite d’une permission, atteint d’une forte grippe, pour quitter la vie militaire et continuer son temps de noviciat. Profès le 2 février 1940, il fait ses études de philosophie et de théologie à Lormoy (Essonne) où il est reçu à la profession perpétuelle le 15 février 1943 et ordonné prêtre le 24 mars 1946. Le P. Jean-Marie est nommé vicaire à Fumel (Lot-et-Garonne) de 1946 à 1951, à Laleu-La Pallice (La Rochelle, Charente- Maritime) jusqu’en 1953, puis à Angoulême (Charente) où, cinq ans plus tard, il succède au P. René Gaury comme curé et supérieur. En 1964, il est nommé professeur à l’orphelinat de Kerbernès (Finistère). L’année suivante, il succède au P. Yves Coat comme vicaire à Bordeaux-Caudéran (Gironde), où il est spécialement chargé de la chapelle Sainte- Monique. De 1971 à 1983, il est curé de Layrac. En septembre 1983, il est envoyé à la maison de repos de Pont-l’Abbé-d’Arnoult. Il prend avec coeur ses fonctions d’aumônier des Sœurs de la Sagesse qui sont au service de la communauté assomptionniste, sur place, à La Chaume. Il découvre avec bonheur ce ministère d’Eglise, nouveau pour lui. Outre son travail d’aumônier, il accepte volontiers, surtout pour les grandes fêtes, de célébrer des messes dans les paroisses voisines. Très régulièrement, il rend visite à son médecin généraliste qui surveille sa tension.

Homme ponctuel, il n’omet pas de prendre ses médicaments et reste fidèle à sa promenade quotidienne. Mais au matin du 23 mai, il n’est pas au rendez-vous de la célébration eucharistique en communauté. La Sœur infirmière l’appelle, sans succès. Il est décédé dans la nuit. Ses obsèques sont célébrées à Pont-l’Abbé d’Arnoult, le samedi 25 mai par Mgr David, évêque de la Rochelle et le corps du P. Jean-Marie est inhumé dans le caveau creusé dans le parc de la propriété. Le mercredi 29 mai une Eucharistie à sa mémoire est également célébrée par le P. Jean Guenegan à Plogoff.

Traits de personnalité.

« Tels parents, tel fils! Car ainsi voyons-nous Jean-Marie: très attaché à une famille qui le lui rend bien, très simple dans le fond, travailleur, conscient de ses limites, dévoué et ponctuel, ce qui n’empêche pas comme des points d’humanité granitique. Ce qui cède le moins en lui est la conscience très vive de son sacerdoce et de sa charge de curé responsable. Ce qu’il avait à faire, il le faisait, et le faisait seul si possible, pour ne déranger personne. Rien n’est jamais laissé à Improvisation. Il n’est jamais pris de court, il est organisé, qu’il s’agisse de catéchèse, de liturgie ou de colonie de vacances. Comme il arrive à d’autres, il a parfois du mal à comprendre plus jeune que lui, à saisir comment assumer l’interminable mutation de notre monde et la lente évolution de l’Eglise. Elevé dans un monde statique où régularité, ponctualité et conscience professionnelle sont une sorte de sommet, voici qu’il sait inventer et créer avec le courage et la finesse de tous les engendrements. Les vents et les tempêtes vous malmènent, et ils n’ont pas manqué en notre temps! Si l’on ne sait pas toujours quelle voile il faut hisser ou carguer, Jean- Marie sait du moins qu’il faut un gouvernail, et le tenir d’une main ferme et maintenir le cap… C’est tout cela qui a mené Jean-Marie à son accomplissement. Quel type d’accomplissement? Pour l’exprimer, je pense que le plus vrai est de laisser la parole à la grande communauté des religieuses au service desquelles il a assumé ici son dernier ministère… ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 70-71. Assomption-France, Nécrologie n° 4, année 1985, p. 73-75. Homélie du P. Vincent Hémon, prononcée à Plogaff par le P. Jean Guenegan. Dans les ACR, du P. Jean-Marie Guézengar, rapports sur Angoulême (1858-1963). Notices Biographiques