Jean-Marie Vianney (Louis) DUC – 1900-1979

Un homme de miséricorde.
«Ce sont les qualités si appréciées chez un prêtre, discrétion, douceur,
sens de l’écoute et affablilité qui lui attirent de si nombreux pénitents,
venus de tous les coins de la ville de Lyon et des environs et qui font de
lui un directeur spirituel éclairé, équilibré soucieux seulement d’aider à
découvrir la volonté
de Dieu et de dire la parole qui rend l’espérance pour engager tout un
avenir. Témoin cette parole d’une religieuse des Hôpitaux de Lyon disant
hier, en apprenant sa mort-. ‘ Si je suis là aujourd’hui c’est grâce au P.
Vianney!’. Qui pourra dire à quel point il est
l’homme de la miséricorde de Dieu, l’homme du pardon, l’homme de la paix,
durant les longues heures où il donne le sacrement de réconciliation? Les
vrais malades ne sont pas toujours ceux que l’on croit tels. A combien de
consciences révèle-t-il la paix de Dieu’? Que de misères rencontrées,
confiées et partagées! Que de patience aussi pour écouter les âmes
scrupuleuses ou découragées, à qui il faut dire juste la parole qui
convient, la parole qui remet debout! Cette bonté du
cœur, Il la puise dans la prière, proche du cœur de Dieu ». Homélie du P.
Joseph Mermoz, 1979.

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Religieux de la Province de Lyon.

Une vocation tardive et contrariée.

Louis Duc est né le 6 février 1900 au village de Queige, dans la vallée de Beaufort-sur-Doron (Savoie), le benjamin d’une famille de 6 enfants. En 1915, la famille quitte Queige pour Albertville, le jeune Louis est attiré par la vie des trappistes, peut- être à cause de la proximité de Tamié. Le curé de la paroisse de Saint-Sigismond le met en relation avec l’Assomption. Louis fait son postulat à Bordeaux (Gironde) de 1918 à 1919 et entre comme vocation tardive, à 19 ans, à Sart-les-Moines (Belgique), de 1919 à 1921, puis aux Essarts (Seine-Maritime) de 1921 à 1922 avant de se présenter au noviciat de Saint-Gérard. Mais sous l’autorité du P. Rémi Kokel, maître des novices, le Frère Pierre-Cosme Gorent, médecin ancien interne des Hôpitaux de Paris, est chargé de veiller à la santé de la maison et soumet chacun à un examen médical sévère. Il diagnostique une maladie de cœur très grave chez le Frère Louis [J.-M. Vianney], effectivement fragile du cœur, mais qui devait quand même atteindre sa 79ème année! Le P. Rémy Kokel juge approprié de renvoyer le frère ‘condamné par la médecine’ dans sa famille. J-M. Vianney, redevenu Louis, se présente à l’alumnat de Saint-Sigismond où le Père Joseph Marchand l’accueille et lui confie des cours. Sur le conseil du P. Elie Bicquemard Louis est réadmis au noviciat. Le P. Savinien Dewaele l’accueille à Saint-Gérard et lui donne l’habit religieux le 29 septembre 1923, sous le nom retrouvé de Frère Jean-Marie Vianney, souvent abrégé en Frère Vianney. Le Frère donne toute satisfaction et prononce ses premiers vœux à Taintegnies le 30 septembre 1924. Il suit les cours de philosophie à Saint-Gérard (1924-1926) et ceux de théologie à Louvain (1926-1930) où il est reçu profès perpétuel le 1er octobre 1927

et ordonné prêtre le 20 avril 1930.

Un émule du Curé d’Ars, professeur et confesseur.

Le Père Vianney est d’abord affecté à l’enseignement dans les alumnats et scolasticats: Miribel- les-Echelles (Isère) de 1930 à 1934, Scy-Chazelles (Moselle) de 1934 à 1939). En 1939, la guerre entraîne la fermeture du scolasticat de Scy, professeurs et étudiants se réfugient à Lormoy (Essonne). Il s’adonne alors principalement au ministère de la confession, dans diverses communautés religieuses, et ce ministère convient bien à son tempérament et à ses qualités de discrétion, de compréhension et d’attention encourageante aux personnes. Mais en 1943, il est rappelé dans sa Province, à Lyon en qualité d’aumônier à la chapelle de l’Adoration réparatrice, rue Henri IV ministère qu’il exerce de 1943 à 1972. En 1952 il est nommé supérieur de la communauté provinciale à Lyon-Debrousse. En 1955, on pense à lui comme supérieur de la maison de Lyon-Valpré, mais par un long plaidoyer, il écarte ce qui pour lui serait un véritable danger. « Simple, modeste, affable, sans maniè,res, donnant toujours l’impression d’être timide, tel il paraît au premier abord. Le Père Vianney sait se montrer accueillant, le visage marqué par un sourire malicieux qui trahit le fond de son cœur. Il apparaît comme un homme de grande bonté, proche de ceux qui viennent le rencontrer compréhensif devant leur situation » témoigne de lui le P. Joseph Mermoz, son compagnon de vie à Lyon-Debrousse. Très apprécié comme directeur spirituel et confesseur, il est ‘assiégé’ dans son confessionnal de la rue Henri IV. De Choulans, il descend dans le centre ville de Lyon par tous les temps. Quand il a trop de neige ou de verglas, il reste au couvent le soir. Les personnes se bousculent à son confessionnal et il faut même en certaines occasions fermer la porte sur la rue. En septembre 1972, le P. Justin Munsch prend sa relève. Le Père Vianney gagne Lorgues (Var) le 17 octobre 1972 et entretient une forte correspondance avec ses anciennes dirigées. Toujours discret et effacé, marchant à petits pas, il fait une chute le 26 octobre 1978, le col de fémur brisé. Il meurt le samedi 6 janvier 1979, un mois avant son 79ème anniversaire. Les obsèques sont célébrées le 8 janvier par le P. Joseph Mermoz.

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Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 72-73. Lyon-Assomption, juin 1979 n° 63 p. 17-21 (avec texte de l’homélie prononcée par le P. Joseph Mermoz pour les obsèques du P. Jean-Marie Vianney Duc, 8 janvier 1979). Deux correspondances du P. Duc dans les ACR (1955 et 1958), et ses rapports sur Lyon- Procure (1952-1955). Notices Biographiques