Jean-Martial (J.M.) GUYOMAR – 1920-1973

Nouvelles de Tasdon, décembre 1952.

«Le 8 décembre 1952, une messe du soir réunissait plus de 150 personnes et,
le 13 décembre, une veil1ée de prières en groupait plus de
250.

Le Frère Marcel [Balcon], avec tout le talent qu’on lui connaît, avait
monté une magnifique grotte de Lourdes…

Au cours de la cérémonie, des représentants de la jeunesse, de fiancés, de
jeunes foyers, de foyers adultes, de mamans, de vieillards, sont venus
devant tous consacrer à Marie ceux qu’ils représentaient.

Le 9 décembre, un grand gala cinématographique au Ciné- Etoile, groupait
400 personnes, ce fut encore un triomphe pour la Sainte Vierge, avec La
Dame de Fatima Le film a fait sensation dans ce milieu peu chrétien. On en
parle encore ».

P. Jean-Martial Guyomar.

Lettre à la Famille, 1954, n°
164, p. 24.

Jean-Martial (J.M.) GUYOMAR

1920-1973

Religieux de la Province de Bordeaux.

Un Breton du large.

Joseph-Martial Guyomar est né le 20 août 1920 à Ker- Martial, hameau de Moëlan-sur-Mer (Finistère), petite ville de 7.000 habitants à dix km. de Quimperlé, sur la route côtière entre Lorient et Pont-l’Abbé. Elle s’étend entre deux rivières, la Laïta qui traverse la forêt de Carnoët pour atteindre le port de Pouldu, et le Belon renommé pour ses huîtres plates. Joseph-Martial y prend l’habitude de humer l’air du grand large. Il en garde le tic d’aspirer fortement, la tête franchement relevée, les narines frémissantes, les mains généreusement tendues. A douze ans, il se présente à l’institution Saint-Vincent à Pont-Croix, petit séminaire diocésain installé dans un ancien couvent d’Ursulines. Il y reste six ans (1932-1938) et prend un engagement de trois ans dans l’armée. Il fait la connaissance d’un religieux assomptionniste, soldat comme lui. Cette rencontre donne corps à ses désirs de vie religieuse: à l’expiration de son engagement, il entre en contact avec le P. Régis Escoubas, maître des novices à Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime). Sous le nom de Frère Jean-Martial, il entreprend en 1942 un temps de postulat. Le 4 juin 1942, il prend l’habit et prononce ses premiers vœux, le 5 juin 1943. Il étudie la philosophie à Layrac (Lot-et-Garonne) de 1943 à 1945 et commence sa théologie à Lormoy (Essonne) en 1945-1946 pour la poursuivre sur les rives du Gers, au moment du repliement des étudiants bordelais dans le Lot-et-Garonne. Profès perpétuel le 4 décembre 1946, il est ordonné prêtre à Layrac, le 12 mars 1949, par Mgr Garrone.

Religieux-prêtre en paroisse.

Le P. Jean-Martial inaugure à Pont-l’Abbé d’Arnoult son ministère sacerdotal.

En plus de l’économat et de cours aux religieux, il rend service aux paroisses voisines. Dès 1951, il peut expérimenter à Tasdon, près de La Rochelle, les idées qui vont le hanter toute sa vie: action catholique spécialisée, mission ouvrière. Pendant dix ans (1953-1963), il est curé et supérieur de la communauté. Il remplit les mêmes fonctions à Laleu, autre paroisse de la banlieue de La Rochelle (1963-1966). L’année 1967 marque un tournant dans sa vie. Il participe à l’E.M.A.C.À.S., de Mons-en-Baroeul (Nord), au cycle de la formation permanente, sous la direction du chanoine Régnier: « je recherche personnellement à réaliser une synthèse de ce qui est l’essentiel dans une vie de religieux-prêtre à notre époque. En ce moment où tout prêtre engagé dans la pastorale est appelé à se situer en homme dans une communauté d’hommes, il est plus qu’évident qu’un jeune apôtre ne pourra plus se contenter de tournicoter autour de l’autel, sinon il n’aura plus de prise sur le réel. Seul un travail qui donne un rang social aux yeux des hommes d’aujourd’hui, peut permettre un épanouissement total, surtout au prêtre qui vit dans un milieu déchristianisé. Il faut arriver à détruire la légende du ‘prêtre fainéant’». Le P. Jean-Martial rejoint la communauté d’Angoulême (Charente), à la fin de son séjour à Lille. Avec regret, en 1971, il quitte le milieu ouvrier de l’Angoumois, pour le monde rural d’Aubiet (Gers). Cette orientation si nouvelle trouve chez lui une réaction tonique: « je me rendrai à Aubiet pour le meilleur service possible. je considère la disponibilité aux désirs de mes supérieurs comme une chose essentielle. C’est d’ailleurs la volonté de Dieu et un bon exercice de dépouillement de soi et de ses idées. À la lumière de l’expérience, je sais que c’est toujours bénéfique ». Le P. Guyomar peut se définir par l’optimisme, l’enthousiasme dans le travail et la joie de vivre. Il est jovial et accueillant, il scande les rencontres de sa voix forte et timbrée. Optimisme et accueil s’expriment dans son bonheur à rendre service. Il tient le 26 septembre 1973 à aller chercher un religieux à son travail. Et c’est l’accident automobile fatal, sans témoin, dont le dénouement a lieu à Purpan-Toutouse le 3 octobre. Accidenté le 26 septembre, il meurt à 53 ans, le 3 octobre. Les obsèques sont célébrées le 5 octobre à Notre- Dame de Cahuzac. le corps du P. Jean-Martial est enterré à Moélan-sur-Mer.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 227. A Travers la Province (Bordeaux), octobre 1973, n° 216, p.13. Du P.’ Jean-Martial Guyomar, dans les ACR, rapports sur Tasdon-La Rochelle (1952-1963). Lettre du P. Jean-Martial Guyomar, La Rochelle, 24 décembre 1953. Notices Biographiques