Jean-Pierre JONET – 1934-1991

Guérison attribuée au P. d’Alzon.
« Ma fille Esther Jonet, s?ur du Frère Jean-Pierre, a été guérie par
l’intercession du P. d’Alzon. Ma femme est morte le 23 mai 1947, minée par
le diabète et par le chagrin de la mort de deux de nos filles, à
23 et 14 ans. En octobre 1947, je dus faire procéder à un examen médical de
ma fille, Esther, examen qui révéla des infiltrations tuberculeuses sous
claviculaires à droite. C’est notre médecin, le Docteur Collin, de
Nivelles, qui la
suivit sérieusement de 1947 à
1949. Après traitement à la streptomycine, elle est envoyée à Arlon chez
des amis en mai 1949. Le 26 mai elle est atteinte d’une crise de péritonite
et je la ramène en voiture à la maison. Elle doit
être opérée à deux reprises, en
1949 et 1950, Les séances de rayons X ne donnent aucun résultat. Elle subit
une 3ème opération en décembre 1951. En octobre 1952, mon fils Jean Pierre
me communique le texte d’une prière à réciter
avec des amis pour la guérison d’Esther en ayant recours à l’intercession
du P. d’Alzon. A partir du 4 octobre, ma fille qui a perdu 13 kg., peut à
nouveau s’alimenter sans vomir. Elle est guérie ». Paul Jonet , janvier
1953.

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Années de jeunesse.

Jean-Pierre Jonet est venu au monde à Nivelles (Belgique), le 25 juin 1934, dernier-né d’une famille de 9 enfants. Le père, Paul, est un ancien d’Ascona, musicien et soucieux d’inculquer à ses enfants une éducation profondément chrétienne. La mère, Jeanne Jaunart, meurt quelques mois après la naissance de Jean-Pierre qui est élevé par Cécile, la fille aînée marraine pour qui Jean-Pierre gardera toujours une profonde affection et reconnaissance. Après un parcours scolaire sans histoire, à l’Athénée Royal de Nivelles (1946-1952) où son père est un instituteur remarquable, Jean-Pierre prend l’habit religieux à Taintegnies le 22 septembre 1952. Un an plus tard, le 29 septembre 1953, il y prononce ses premiers v?ux. Après deux années de philosophie à Saint-Gérard (1953-1955), il connaît de sérieux ennuis de santé, communs à bien des membres de sa famille, qui lui imposent un séjour de six mois à Montana (Suisse), suivi de six mois de repos à Saint-Gérard où il est reçu à la profession perpétuelle le 29 septembre 1956, et à Taintegnies. Il peut alors poursuivre ses études de théologie au collège international de Rome (1956-1960) où il obtient le grade de licencié. Il est ordonné prêtre le 18 octobre 1959 à Saint-Gérard.

Vie apostolique: du Congo à la Colombie, en Belgique.

Le P. Jean-Pierre commence sa vie apostolique de prêtre dans l’enseignement au collège Saint-Michel à Gosselies (1960-1962). Il la poursuit au petit séminaire de Musienene au Congo-Zaïre en 1962. En 1964, le 15 novembre, suite aux événements consécutifs à la célébration d’indépendance, beaucoup de religieux belges dont le P. Jean-Pierre sont dispersés. Nous le retrouvons en 1966 à Louvain comme étudiant en philologie romane.

En avril 1967, il regagne Gosselies où il enseigne jusqu’en 1968. Il part de nouveau au Zaïre, au collège Pie X à Butembo. De retour en Belgique en 1972, après un passage à la rue Zinner à Bruxelles, il part pour la Colombie, à Cali à la paroisse El Troncal où il fait un stage au C.O.P.A.L. Mais dès 1974, suite à une santé toujours fragile, il est astreint à un nouveau retour en Europe. La Louvière fait à présent partie de son univers pastoral. En 1976, il s’engage dans l’enseignement supérieur pédagogique des Filles de Marie. Homme simple, il est le premier surpris de l’influence qu’il peut avoir dans ce milieu. Suivant son expression, avec un sourire malicieux, il va voir ses filles un jour et se trouve en présence d’un stagiaire dont il admire le savoir-faire et le savoir-être. Comme le Père Jean-Pierre s’en étonne, il se voit répliquer: ‘Mais c’est vous qui nous avez enseigné’! Après un intermède (1986-1988) à Saint-Vaast où il peut démontrer ses capacités de collaboration avec les laïcs, il se retrouve à Arquennes avec le P. Jean-Baptiste Meesen, un ancien condisciple du Zaïre. C’est là que le P. Jean-Pierre meurt, le 27 avril 1991, victime d’un infarctus foudroyant. Ses funérailles sont célébrées le 30 avril dans la petite église paroissiale, comble, avec une assemblée particulièrement recueillie. Ses restes sont inhumés dans la concession des religieux de l’Assomption à Saint-Gérard.

Personnalité.

« Nous gardons le souvenir d’un homme bon, pondéré, au c?ur sensible » écrit la Directrice de l’Ecole Normale. Artiste, plein d’humour, un humour qui peut être déconcertant, souriant, il est pédagogue et animateur-né. Ces qualités cachent parfois l’intensité de sa vie intérieure dont il laisse quelques marques dans son testament spirituel: « Il ne faut pas pleurer! J’ai toujours cru que Dieu est un Père. Il a répondu à mon plus cher désir, être auprès de lui. Je vous attends, avec quelle impatience!. J’ai cherché moi-aussi, comme vous, la vraie voie de l’amour, avec beaucoup d’hésitations et d’infidélités. Pardon à vous tous parce que je ne vous ai pas assez aimés ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 14-15. ART Informations, 1973, n° 41, p. 3. Belgique-Sud Assomption, mai-juillet 1991, n° 214-216, p. 2671-2673. Marc Champion, Province du Zaïre, religieux défunts 1929-1994, Butembo, 1994, p. 84-85. Dossier de Mlle Esther Jonet pour la Cause, d’Emmanuel d’Alzon (1953).