Jean-Pierre (Pierre-Hector) CORBISIER – 1906-1982

Jubilé sacerdotal.
« Le dimanche 17 juin [1962] la paroisse Saint-Ghislain, à Haine-Saint-Paul
(Belgique) a fêté les 25 ans de sacerdoce du P. Jean-Pierre Corbisier, son
curé depuis 16 ans.
Le P. RemacleThibaut à l’homélie souligna l’activité de tous les instants
du jubilaire: la construction de l’église, détruite pendant la guerre de
1940, une école pour garçons tenue par Les Filles de
l’Enfant-Jésus, une maison d’œuvres. Des agapes fraternel les réunirent au
Foyer, nouvellement restauré,
famille, personnalités, dirigeants d’œuvres et confrères.
Le président national des patros de Belgique et le P. Gérardistace,
supérieur de Saint-Gérard, rendirent hommage au dévouement du Père. Les
Filles de l’Enfant- Jésus présentèrent par leurs élèves un remarquable
tableau vivant:’Le prêtre, cet autre Christ’.
Les paroissiens et amis du P. Jean-Pierre lui offrirent une chasuble et une
chape blanches ».
Lettre à la Famille, 1962, n°
342, p. 313- 314.

Religieux de la Province de Belgique-Sud, économe provincial de 1965 à 1977.

Jeunesse et enfance bruxelloises.

Né le 5 juillet 1906 à Quaregnon dans la province belge du Hainaut, le jeune Pierre- Hector ne connaît pas le Borinage puisque ses parents vont vivre à Bruxelles. C’est à l’ombre de la colonne du Congrès qu’il passe son enfance et sa jeunesse. Son oncle, Jean Corbisier, fonde le scoutisme en Belgique, dans un esprit d’idéal quasi-religieux puisqu’il y consacre sa vie de célibataire rayonnant. Pierre- Hector est fortement marqué par cet oncle et les valeurs du scoutisme: droiture, loyauté, franchise, service. Bruxellois bi-lingue, il ne s’adapta pourtant jamais à l’Algemeen Beschaafd Nederlands. Il passe une licence de chimie et accomplit son service militaire à l’issue duquel il change d’orientation et demande à entrer comme vocation tardive à Sart-les-Moines où il passe trois années, de février 1927 à juillet 1930. Il étudie les humanités gréco-latines et donne le cours de chimie. Animateur-né, au rire éclatant, il aime tenir les grands rôles dans les pièces de théâtre que les jeunes vont jouer dans les villages environnants. Le 28 septembre 1930, il entre au noviciat de Taintegnies sous le nom de Frère Jean-Pierre et y prononce ses premiers vœux le 29 septembre 1931: « Novice aux qualités remarquables, d’une belle intelligence, très habile en tout, d’un bon caractère, encore un peu fier mais simple et joyeux ». Le Frère Jean-Pierre passe ensuite deux années de philosophie à Saint-Gérard (1931-1933) et quatre années de théologie à Louvain (1933- 1937). Il devient profès perpétuel le 29 septembre 1934 et prêtre le 21 février 1937. Des tâches matérielles et spirituelles. Toujours habile et dévoué,

Jubilé sacerdotal. « Le dimanche 17 juin [1962] la paroisse Saint-Ghislain, à Haine-Saint-Paul (Belgique) a fêté les 25 ans de sacerdoce du P. Jean-Pierre Corbisier, son curé depuis 16 ans. Le P. RemacleThibaut à l’homélie souligna l’activité de tous les instants du jubilaire: la construction de l’église, détruite pendant la guerre de 1940, une école pour garçons tenue par Les Filles de l’Enfant-Jésus, une maison d’œuvres. Des agapes fraternel les réunirent au Foyer, nouvellement restauré, famille, personnalités, dirigeants d’œuvres et confrères. Le président national des patros de Belgique et le P. Gérardistace, supérieur de Saint-Gérard, rendirent hommage au dévouement du Père. Les Filles de l’Enfant- Jésus présentèrent par leurs élèves un remarquable tableau vivant:’Le prêtre, cet autre Christ’. Les paroissiens et amis du P. Jean-Pierre lui offrirent une chasuble et une chape blanches ». Lettre à la Famille, 1962, n° 342, p. 313- 314.

Notices Biographiques A.A le P. Jean-Pierre est nommé économe à Sart-les-Moines (1937-1939) travail à taille humaine, avec quelques cours, de la prédication, sous la houlette du P. Aubain Colette qu’il a connu comme supérieur dans les maisons d’études. En 1939, le P. Jean-Pierre est nommé économe à la maison d’études de Saint-Gérard où les frères théologiens de Louvain viennent s’agglutiner aux frères philosophes, à la suite de l’incendie du couvent de Louvain en mai 1940. Cette fois le travail est surhumain: comment nourrir de façon satisfaisante plus de 100 jeunes gens en ces temps de ‘vaches maigres’? Malgré des aides généreuses, la faim est courante même les jours de fête. Le Père Jean-Pierre, premier de ligne, en souffre aussi, mais réussit à préserver les santés. En 1945, il est désigné pour un apostolat plus direct et fonde une nouvelle communauté dans la paroisse de Tamines. Cette mise en condition se transforme l’année suivante en une charge redoutable: recréer la paroisse Saint-Ghislain à Haine-Saint-Paul où les bombardements ont détruit la petite église de briques avec plafond en planches, construite par l’abbé Misone. Le P. Jean-Pierre se met à l’œuvre avec ténacité et réalise les constructions et structures de la paroisse classique: église, école, patronages. En 1965 il est nommé économe provincial à Bruxelles. Sur son bureau, les projets de la Province de Belgique-Sud s’entassent et sur le terrain se réalisent des constructions à Bure, à Gosselies, à la Madeleine, l’acquisition du couvent des Bernardines à Saint-Gérard contre la vente de l’ancienne abbaye, la construction de la maison de repos. Pour ne pas s’enliser dans les affaires matérielles et financières, le Père Jean-Pierre est conseiller spirituel des Anciens Scouts de Belgique. De 1966 à 1982, il assume aussi la charge d’économe local à la communauté de la rue Duquesnoy. Vient l’heure de la maladie qui est un long chemin de croix. Soigné à la clinique de Jolimont où il perd l’usage de la parole pendant trois mois, il y meurt le 28 juillet 1982. Ses obsèques se déroulent à Saint- Gérard le 30 juillet suivant, il y est inhumé. On a trouvé, écrite de sa main, cette prière qui résume sa vie:

‘Ami des premiers jours et de cinquante années, 0 Compagnon Divin qu’il nous tarde de voir, Jusqu’à l’aube éclairant la route terminée,

Reste avec nous, Seigneur, lorsque descend le soir’.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 56-58. Belgique-Sud-Assomption, 1983, p.1917-1921. Le P. Jean-Pierre Corbisier a laissé dans les ACR des rapports sur Tamines (1945-1946) et sur Haine-Saint-Pierre (1947-1960).