Jean-Pierre PIN – 1940-1981

Non à l’unique Province!
« Nous sommes convaincus qu’il est prématuré de dire ‘oui’ à l’unique
Province Assomptionniste en France.
En effet, le débat jusqu’à ce jour ne s’est pas réalisé d’une manière
approfondie, à la base; les rencontres inter- communautaires ont été
pratiquement inexistantes. Pourquoi? L’information et la conscientisation
sur les véritables raisons et sur les conséquences de l’unique Province
n’ont pas été suffisantes. Par ailleurs, l’ensemble du problème de l’avenir
de l’Assomption française a été gauchi par l’insistance unilatérale sur les
problèmes de structures. En
conséquence, nous demandons que la décision soit reportée à deux ans, qu’un
nouveau débat ait lieu à partir de nouvelles données plus complètes.
Pendant cette période, le C.I.F. pourrait stimuler l’expression
des aspirations des personnes dans leur communauté respective, avec une
exigence de propositions concrètes capables de les satisfaire; susciter à
partir de là des forums soit de personnes plus en affinité, soit
intercommunautaires qui permettent de dégager quelles seraient les
structures les mieux adaptées au service de ces propositions ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Un enseignant et un animateur. Né à Nérac (Lot-et-Garonne), le 3 décembre 1940, Jean-Pierre Pin fait son école primaire dans sa commune (1946-1950) entre à l’alumnat de Cahuzac (Gers) à l’âge de onze ans (1951-1955), poursuit ses études à Saint-Maur (Maine-et-Loire) de 1955 à 1956, puis à Cavalerie (Dordogne), de 1956 à 1959, enfin à Lormoy (Essonne), de 1959 à 1960. Il prend l’habit au noviciat de Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime), le 12 septembre 1960. Son maître des novices, le P. Armand Louis, le présente comme « un Frère profondément attaché à la vie religieuse, fervent, décidé, passionné, ouvert, franc, primesautier, nerveux, disponible, soucieux des autres ». Il prononce ses premiers voeux le 14 septembre 1961, étudie la philosophie à Layrac (Lot-et-Garonne), de 1961 à 1963, et la théologie à Rome (1963-1966). Il est ordonné prêtre à Nérac, le 17 décembre 1966. Suivent trois années d’études à Strasbourg (BasRhin), consacrées à l’approfondissement de l’Ecriture Sainte et à I’Oecuménisme. Il présente une thèse de 3ème cycle sur la présence de Jésus-Christ dans l’institution chrétienne de Calvin, tout en assurant un service pastoral à la paroisse de La Claquette, commune de La Broque (Bas-Rhin). En 1970, il arrive à Toulouse (Haute-Garonne). Il est chargé d’enseignement et d’animation générale à l’Institut d’Etudes religieuses et pastorales (I.E.R.P.) et professeur de christologie à l’Institut catholique de la ville. L’I.E.R.P. publie en 1979 Eclairer le chemin dont le P. Jean-Pierre est la cheville ouvrière. Le P. Joseph Henry présente l’ouvrage dans le n° 4, d’avril 1979, d’Ouest-Assomption: « Premier ouvrage, dans l’Eglise de France, qui tente d’effectuer une nomenclature de ce qui se fait ou se cherche pour la formation des chrétiens. A.A Par la publication de ce livre, les 16 auteurs invitent aujourd’hui tous ceux qui sont préoccupés de leglise de demain: chercheurs, pasteurs, enseignants, catéchistes, à confronter leurs doutes et leurs espérances à la diversité des situations et des expériences exposées. Comme le dit si bien Jean Rigal en postface, ce volume mérite notre attention … ». Avant de quitter Toulouse, le P. Jean-Pierre Pin subit une opération chirurgicale importante. En septembre 1980, le P. Jean- Pierre est nommé à la communauté d’accueil des jeunes qui s’ouvre à Poitiers (Vienne). En février, il doit se soigner à Montjay, près de Melun (Seine-et-Marne), d’une grave dépression nerveuse dont il ne peut se remettre. On le retrouve mort, noyé, au matin du 8 mai 1981. Ses obsèques sont célébrées à Layrac le 13 mai suivant. Evocation fraternelle par le P. Vincent Hémon. «… Il y a mille chemins pour aller à Dieu. Sur chaque chemin, nulle étape ne se répète. Jean- Pierre les connaissait bien pour les avoir enseignés et avoir voulu ‘éclairer le chemin’. Il aspirait d’ailleurs à la découverte de chemins nouveaux vers Dieu à partir de la situation nouvelle de l’homme et de l’Eglise aujourd’hui. Il souhaitait que, loin ‘d’emprisonner l’Esprit’, nous prenions quelques moyens propres à favoriser une renaissance du risque, une libération des innovations, le discernement des charismes allant de pair avec la nécessité vitale que cet Esprit s’exprime. Ce sont là les termes de ‘Mutuoe relationes’ et ils expriment la proposition que je lui faisais en le nommant à Poitiers. Oui, il connaissait les chemins… Mais connaître est une chose… Quand il en venait à l’acte, Jean-Pierre n’était pas dispensé plus que nous des tâtonnements: il cherchait toujours son chemin parce qu’on n’a jamais fini de chercher Dieu: c’est même l’un des hommages les plus vrais qu’on puisse lui rendre. Tantôt son chemin vers Dieu était celui de la Parole, mais non pas lue sans avoir appris à lire à travers les sciences spécialisées et à travers le sens commun de l’Eglise. Tantôt son chemin vers Dieu était dans la joie de la liturgie: il réclamait volontiers une spiritualité plus nourrissante. Toujours son chemin est passé par la communauté de ses frères. Celle-ci était pour lui, et par excellence, le lieu du partage de vie évangélique, avec des confrontations parfois épuisantes, mais aussi avec la célébration. Sa communauté, lieu du ressourcement et même du salut il le disait face aux ambiguïtés de toute vie, là du moins tout pouvait se dire, et tout était dit. Enfin la communauté était le lieu quotidien de l’obéissance du religieux. S’il avait du mal à en discerner le principe, il ne la discuta jamais pour lui-même, c’était pour lui une affaire de foi. Aussi fiche que fût son attache communautaire, il tenait encore aux chemins qui passent par les autres, personnes, groupes, parti. Très communicatif et chaleureux, la relation lui était nécessaire. Si personne n’est une île, lui moins que quiconque. Sans doute tel était son tempérament.. ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation:’ Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 14-16. A Travers la Province (Paris), juin 1981, n° 15, p. 11-14. Témoignage du P. Vincent Hémon, 13 mai 1981. Evocation de la vie communautaire du P. Jean-Pierre Pin: L’Assomption et ses (Euvres, 1980, n ‘ 601, p. 48-49: ‘Toulouse, Une communauté parmi d’autres’. On doit au P. Jean-Pierre Pin une thèse de doctorat de 3ème cycle sur la présence de Jésus-Christ aux hommes dans l’institution chrétienne de Calvin, 1970, et une participation d’écriture à l’ouvrage, Eclairer le chemin, 1979. Document intitulé Voeu pour le chapitre: ‘Pour un moratoire de deux ans en vue de former une unique Province en Francel.rédaction par le P. Jean-Pierre Pin, Toulouse, 28 mars 1978, document de 8 pages signé par Gérard Autret, Jean-Michel Brochec, Alain Marchadour, Jean-Pierre Pin et Joseph Taulen. Notices Biographiques