Jean (Walther Constantin) ADAM – 1912-1964

Portrait.
« Jean est modeste, souriant, enjoué, soigné et adroit de ses mains… Il
fera un bon missionnaire », telle est la perception transcrite de sa
personnalité par ses différents formateurs tout au long des rapports
accompagnant la phase de sa formation. La suite de son existence ne devait
pas démentir ce jugement de fond: ‘Le P. Jean Adam est un vaillant
missionnaire, ardent, zélé,
surnaturel’, tout au long des 18 années passées au Congo, principalement à
Manguredjipa. Il prit tant à cœur sa tâche qu’il refusa tout repos et ne
voulut durant tout ce délai ne retourner qu’une seule fois en congé en
Belgique (1961). Son dévouement, sa serviabilité et son désintéressement le
rendirent très proche des populations desservies dont il était aimé en
proportion. Il vécut à Manguredjipa, seul européen. Il y organisa
scoutisme, mouvements de jeunesse, légion de Marie et J.O.C. Le dimanche,
il célébrait les deux messes pour des assemblées de 1200 à
2000 participants. Ses journées étaient prises par les confessions et les
catéchismes’, sans compter les visites à l’hôpital et les nécessaires 2
heures de
‘palabres’ quotidiennes.

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Une vocation missionnaire ‘entière’.

Walther Constantin est né le 23 mai 1912 à Philippeville en Belgique, province de Namur. Il commence ses études secondaires au collège épiscopal de La Louvière de 1927 à 1929 et les poursuit à Sart-les-Moines de 1929 à 1932. Il rentre au noviciat à Taintegnies en octobre 1932, prononce sa première profession en octobre 1933; il passe deux années de philosophie à Saint-Gérard de 1933 à 1935, accomplit une année d’études spéciales avant d’étudier la théologie à Louvain de 1936 à 1940. C’est à Louvain qu’il prononce ses vœux perpétuels le 3 octobre 1936 et il est ordonné prêtre le 11 février 1940. Survient la guerre qui le maintient cinq longues années à Saint-Gérard (1940-1945).

Après la guerre, en 1945, il part volontaire pour la mission du Congo et c’est là qu’il va donner toute la mesure de son dévouement. Sa dernière lettre, datée du 7 février 1964, heureusement conservée, donne une idée de cette tâche absorbante à laquelle il voulut se consacrer sans faille. La mort le surprit, le 23 février à l’hôpital de Musienene où l’on avait fini par le transporter en voiture le 17 février. De santé déjà fragilisée, il fut pris de saignements de nez incoercibles. Le 24 février, Mgr Piérard en larmes présida ses obsèques dans la grande église d’Yvatama. Le P. Jean repose au cimetière du petit séminaire de Musienene, aux côtés d’un autre assomptionniste le P. Baudoin Ponsaerts.

Un dimanche en mission-témoignage direct de vie au Congo en 1964.

« Je suis le seul blanc ici. Une fois par mois un Père vient me remplacer afin que je puisse faire un tour en brousse à 60 km. d’ïci, dans les mines, durant 4 à -5 jours. Le travail ne manque pas: la paroisse compte 7.000 chrétiens et près de 1.000 catéchumènes.

L’horaire de mes journées ne change guère au cours de l’année: lever à 5 heures; messe à 6 heures à laquelle assistent chaque jour de 200 à 500 personnes. La messe est suivie du catéchisme pour ceux qui se préparent au baptême: environ 150 personnes. A 8 heures déjeuner et à 8h 30 catéchisme pour les enfants de la première communion. De 9h30 jusque 11 heures, catéchisme dans les différentes classes. Repos vers 14 heures, heure à laquelle commencent les affaires à trancher et les palabres. Le défilé est ininterrompu jusque vers 16 heures. A ce moment, je me rends à l’hôpital des Sœurs pour la visite des malades. Le dimanche mon église qui mesure 59 mètres sur 12,50 m. est archicomble durant les deux messes et régulièrement je distribue 1.200 à 1.300 communions. Ce jour-là ont lieu les réunions des J.O.C, du Patro, des Scouts, de la Légion de Marie. Le salut clôt la journée à 19 heures. Vous voyez qu’au point de vue chrétien, cela va beaucoup mieux qu’en Europe, et je dois dire que la pratique religieuse monte en flèche depuis l’indépendance, du moins dans celle région.

Au point de vue économique, c’est un désastre: depuis l’indépendance les prix des denrées ont augmenté de 300% et tout devient rare. Tout ce qui pousse dans le pays et qui ne demande pas trop de fatigue, on l’a, sauf dans les cités où tout le monde court et s’entasse, au point que Butembo par exemple a vu doubler sa population. Comment s’étonner dès lors des vois et des brigandages! Le chômage atteint les 99,% de la population et le 1,% qui reste reçoit l’argent et ne travaille pas non plus.

Les routes ne sont plus entretenues, et les commerçants grecs vont bientôt partir. Ils seront remplacés par les Hindous … qui volent par vocation … Le prix de l’essence est de 29 fr. le litre. On ne trouve plus de pièces de rechange. Tout le monde espère que cela ira mieux quand les Blancs’ reviendront. Voilà une longue lettre… J’ignore quand elle vous arrivera, car cette semaine il n’y a pas de camion pour la porter à la poste ». P. Jean.

Notices Biographiques A.A

Bibliographies

Bibliographie : B.O.A. juin 1965, page 85; Lettre à la Famille 1964, p. 579. P. Van Engeland, P. Jean Adam, dans onder-ons 149 (mars 1964), 2 p. Qu’Il règne, 1964, n° 140, p. 16-17. Jeunesses (Institut de Bure), 1964, p. 32. Contacts, mars 1964,.n° 1964, p. 3-4. Marc Champion, Province du Zaïre, Religieux défunts (1929-1994), Butembo, 1994, P. 15-16.