JÉRÔME CORNELIS – 1921-2001

Joseph Cornélis naquit à Bure le 14 août 1921 de Léon (oe1943) et de Lucienne Petit (oe1980). Il y fut baptisé le 18 août suivant. Sa famille a donné à l’Eglise plusieurs religieux et religieuses. Un de ses grands-oncles, le P. Adolphe Petit, fut provincial de Belgique de la Compagnie de Jésus. Un cousin, jésuite également, fut missionnaire aux Indes, où il passa toute sa vie. Soeur Irène Petit, Oblate de l’Assomption, était sa cousine. L’abbé Claude Feuchaux, son cousin germain, est prêtre dans le diocèse de Namur. Joseph restera toujours très attaché à sa famille. Chaque année, de l’étranger où s’écoula la plus grande partie de sa vie, il vint passer quelques jours auprès des siens, sa maman, son frère Paul, sa belle-soeur, ses nièces.

En 1932, Joseph entra à l’alumnat de son village natal et acheva ses humanités à Sart-les-Moines en 1937. Ayant opté pour l’Assomption, il prit l’habit, sous le nom de Fr. Jérôme, à Taintegnies où il prononça ses premiers voeux le 27 septembre 1938. Ce furent ensuite jusqu’en 1944, les études de philosophie et de théologie à Saint-Gérard, avec un bref intermède professoral à Bure pendant l’année scolaire 1939-1940, pour y remplacer des professeurs mobilisés.

Au terme de son séjour au scolasticat de Saint-Gérard, en 1945, le Fr. Jérôme fut envoyé à l’Université de Louvain, où il poursuivit des études de théologie et de langues orientales. Servi par une brillante intelligence, il évoluait avec aisance dans les domaines les plus ardus. Pendant cette période il eut aussi la responsabilité de homes d’étudiants des pays de l’Est, polonais de l’armée Anders, ukrainiens, russes. Entre-temps il avait prononcé ses voeux perpétuels (22 septembre.1942) et reçu l’ordination sacerdotale (21 décembre 1946). Le séjour du P. Jérôme à Louvain prit fin en avril 1954, où il fut nommé à la rue Duquesnoy à Bruxelles, comme adjoint du P. Aubert Collard à La Croix de Belgique. Le bulletin de la Province belge de l’époque, Contacts, signale qu’il prononça « un sermon remarquable » au jubilé sacerdotal du P. Pierre Pirard (avril 1955). Pendant ce séjour à Bruxelles, preuve d’une attention aux moins favorisés qui fut sienne jusqu’au bout, le P. Jérôme s’occupa aussi de sourds-muets, dont il apprit le langage.

Cela dura jusqu’en novembre 1956. Il quitta alors Bruxelles pour Rome « où le P. Général l’appelle pour l’apostolat de l’Union » (Contacts). Cet apostolat serait en effet désormais sa ‘principale préoccupation. Ses étudesà Louvain, sa connaissance du russe, l’intérêt porté aux étudiants orientaux et aussi la part qu’il prit dans les échanges de vue qui précédèrent la création de la revue Het Christelijk Oosten en Hereniging, l’y avaient déjà bien préparé. Un séjour de quelques mois au Russicum à Rome en 1956-1957 allait parachever cette préparation.

Mais le P. Jérôme ne s’éternisa pas à Rome. Bientôt il fut désigné pour seconder à Paris, rue François Ier, le P. David Lathoud, chargé par le P.Boyer SJ de l’édition française d’Unitas. Il reviendra cependant à Rome en 1960 et 1961 comme consulteur de la Commission pour les Eglises orientales préparatoire au Concile, commission dont faisaient également partie les PP. Elpide Stéphanou et Daniel Stiernon. Le P. Lathoud, étant décédé dès le 10 août 1958, ce fut le P. Jérôme qui prit sa succession. »Comme secrétaire de rédaction à l’Unitas de Paris, écrit le P. Thonnard,le P. Cornélis lui a donné, avec une nouvelle présentation et le double de pages, une large diffusion en toutes les régions francophones » (BSA, n/13, p.338). Et le P. François-Joseph ajoute que chaque matin le P. Jérôme va célébrer la messe de communauté rue Lecourbe, à la Maison-Mère des Oblates de l’Assomption. Signalons aussi que pendant toute cette période le P. Jérôme soucieux de la diffusion de l’oeuvre et dela revue en Belgique, y jouit de la collaboration dévouée et efficace du P. Philippe Liessens et du Fr. Norbert Rollus (1968). Il y a une bibliographie à faire des articles donnés par le P. Jérôme à la revue Unitas.

Cependant en 1970, la Congrégation renonce à sa collaboration avec le P. Boyer et le P. Jérôme doit laisser Unitas. Il ne quittera cependant ni Paris, ni l’oeuvre de l’union. Le BSA du 16 septembre 1970 annonce: « Le Cardinal Gouyon a demandé au P. Cornélis de collaborer avec la Commission de l’épiscopat français pour l’Unité des chrétiens. Il a été nommé expert auprès de cette commission. Il réside chez les Religieuses de l’Assomption, rue de l’Assomption, 17, Paris XVIe« . Ce sera sa dernière adresse, et la Providence voulut qu’il restât ainsi dans la famille de l’Assomption. Il y bénéficia toujours de la très fraternelle attention des Soeurs auxquelles d’autre part il fut amené à rendre, très fraternellement aussi, des services d’aumônerie. Chez les Religieuses de l’Assomption se trouvait en effet à l’époque, le siège du secrétariat de la Commission épiscopale pour l’Unité des chrétiens. L’Unité des chrétiens, c’est le titre de la revue dont pendant trente ans il fut le secrétaire de rédaction. Il y assura notamment jusqu’au bout, jusqu’au n/ 119 de juillet 2001, la rubrique intitulée Jalons sur la route de l’unité qui est une véritable mined’informations oecuméniques pour ces trente dernières années.

Et cela malgré les lourdes épreuves de santé, qui pesèrent sur lui à partir de 1976, où il eut à subir une grave opération qu’il affronta avec courageet discrétion ainsi que toutes ses conséquences, dont il eut à souffrir pendant près de 25 ans. Ces dernières allèrent s’aggravant jusqu’au mois de mai/juin de cette année 2001, où une première hospitalisation fut jugée nécessaire. Rentré à la rue de l’Assomption, il ne put y rester longtemps. Une nouvelle hospitalisation fut bientôt jugée nécessaire. Jérôme cependant avait compris la gravité de son état. Il ne vivait plus que dans l’attente du grand rendez-vous et s’y préparait avec sérénité. Le dimanche22 juillet il rendit son âme à Dieu, discrètement comme il avait vécu.

Ses funérailles, présidées par les PP. Jean-Marie, André Antoni et Hervé Stéphan, ont été célébrées le 26 juillet, en la chapelle des Religieuses de l’Assomption, là où se trouvent les reliques de la bienheureuse Marie-Eugénie de Jésus. Et c’est dans la concession des Religieuses de l’Assomption, au cimetière d’Auteuil, que les restes mortels du P. Jérôme attendent la résurrection.Désiré Deraedt.

Bibliographies