Jérôme Diebold – 1916-2005

Le Père Jérôme Diebold s’en est allé le jeudi 29 septembre 2005. Il était le dernier arrivé dans notre communauté de Saint Sigismond, le 3 juin 2005. Il venait de la communauté de Souffelweyersheim près de Strasbourg. Il avait subi une grosse intervention chirurgicale à la suite d’un infarctus en décembre 2004.

Il était bien fatigué et marqué aussi par l’âge, 89 ans. Il avait beaucoup de difficultés à s’alimenter normalement. Il dut être hospitalisé à Albertville le 29 juillet pour soigner une grave infection urinaire.

De retour dans notre maison après un séjour de deux semaines à l’hôpital, il passa encore quelques semaines en communauté, luttant, comme il le pouvait, pour remonter la pente, participant souvent à la messe concélébrée et à la prière du soir à laquelle il tenait beaucoup, acceptant de sortir en fauteuil roulant dans notre parc et regardant volontiers une vidéo, tout particulièrement une émission musicale. Mais il ne cessa de s’affaiblir lentement.

En pleine lucidité, le mercredi 28 septembre, il demanda lui-même à recevoir l’onction des malades et il communia. Il resta lucide jusqu’au soir, priant encore, à haute voix, avec deux religieux. Il s’éteignit paisiblement le lendemain matin, la veille de la saint Jérôme. Le Père Jérôme était dans sa 90eme année.

Jérôme Diebold est né le 4 juillet 1916, à Brumath (Bas-Rhin), d’une famille de 4 enfants. Il fait ses études de grammaire à l’alumnat de Scherwiller de &nbps;1927 à 1931, puis ses humanités à l’alumnat de Miribel Les Echelles (Isère) de &nbps;1931 à 1934.

Il prend l’habit au noviciat de Nozeroy (Jura), les 30 septembre 1934, et prononce ses premiers vœux le 1er octobre 1935, à Nozeroy. Après l’année complémentaire à Layrac (Lot et Garonne), &nbps;1935-1936, il fait la philosophie au scolasticat de Scy-Chazelles (Moselle) de &nbps;1936 à 1938.

Après quelques mois de service militaire, il fait une année d’œuvre comme professeur à l’alumnat de Scy Chazelles. Après la déclaration de guerre, il est fait rapidement prisonnier à Verdun d’abord puis à Metz. Une fois libéré, il est envoyé faire ses études de théologie à Lormoy (Seine et Oise), de&nbps;1940 à 1943, et c’est là qu’il est ordonné prêtre, en 3ème année, le 12 juin 1943.

Après avoir terminé sa 4ème année de théologie, à l’automne 1944, il est envoyé comme professeur d’école à l’orphelinat de Douvaine, où il a la responsabilité des plus grands (13-14 ans) qu’il devait préparer au certificat d’étude.

En 1951, il est nommé professeur ici même, à l’alumnat de Saint Sigismond. En 1954, il est nommé professeur à l’alumnat de Scy-Chazelles et en 1956 il est nommé professeur à l’alumnat de Scherwiller, jusqu’en 1977, date de la fermeture de l’alumnat

En 1977, il rejoint la communauté de l’Allée Spah, à Strasbourg. Il apporte une aide à la paroisse Sainte Madeleine et assure quelques heures de catéchèse. En juillet 1992 il est nommé à la communauté dite intermédiaire de Souffelweyersheim, et le 3 juin 2005, il arrive dans notre communauté de Saint Sigismond. Cet arrachement à l’Alsace lui a coûté beaucoup, à lui-même et à ses nièces et neveux, mais sa santé exigeait alors une attention et des soins qui ne pouvaient être assurés que dans une maison de retraite.

Le Père Jérôme a été durant 34 ans un prêtre enseignant, principalement dans nos alumnats. Il aimait enseigner et il aimait les jeunes, s’intéressant à ce qui faisait leur vie, études, sport, . . . .

Être professeur dans nos alumnats, en effet, cela veut dire être enseignant, surveillant, éducateur, une belle mission que plusieurs d’entre nous ont connue. Eveiller des esprits aux beautés de la vie et de l’univers à travers la littérature, les sciences et les arts : peinture, musique par exemple, éveiller des cœurs à la grandeur de l’amitié et du don de soi au Christ et aux autres, éveiller des âmes à la vérité de l’homme et de Dieu, du Dieu qui nous habite, ce Dieu de Jésus Christ, celui que Jésus nous a révélé, celui qu’il a incarné.

Il a répondu à sa manière à cette mission que la congrégation lui avait confiée, comme l’écrit le Père d’Alzon.

« La formation de Jésus Christ dans les âmes des jeunes, voilà le but unique de l’éducation ».

Au cœur des ces enfants et de ces jeunes, ont pu germer et s’épanouir des vocations de prêtres et de religieux. Il a eu en effet la joie de voir un certain nombre de ses anciens élèves entrer dans la vie religieuse et arriver au sacerdoce.

Après la fermeture de Scherwiller, dernier alumnat, il rendait, occasionnellement, des services en paroisse, répondant aux demandes des curés de la ville et il est resté intéressé jusqu’au bout aux événements de la vie de l’Église et du monde.

Ici, en communauté, il est resté capable d’attention presque jusqu’au bout. Le personnel de la maison s’en est rendu compte bien souvent. Il appréciait de converser avec lui, car il s’intéressait à beaucoup de choses et il en parlait avec un plaisir non dissimulé. C’est ce souvenir que nous garderons du Père Jérôme après son court passage de quatre mois dans notre maison.

Aujourd’hui, l’heure est à l’action de grâce pour le travail réalisé au service de l’Eglise dans les ministères que le Congrégation lui avait confiés.

Il a accompli son passage vers le Père comme Jésus Christ.

C’est toute sa vie et sa mort que nous présenterons au Seigneur dans cette Eucharistie que nous allons célébrer avec lui et pour lui.

Que le Seigneur l’accueille dans son Royaume pour qu’il contemple son visage à jamais.


Bibliographies