Jorge (Oscar) ADUR – 1932-dispa

A la mémoire des frères assomptionnistes argentins
‘disparus’ de 1976 à 1980:

Jorge ADUR
Carlos Antonio DI PIETRO Paul Edgardo ROGRIGUEZ.

« Où compter ces parcelles infimes de vie

qu’une nuit épaisse a rejetées dans l’oubli?

Au pays de leurs ombres, quel sentier conduit

si aux voies silencieuses émergent nos bruits ? ».

‘Le P. Jorge Adur, de nationalité argentine, aurait disparu au Brésil
durant les premiers jours de juillet, en provenance de milieux montoneros à
Paris.

Prêtre assomptionniste, lié aux milieux argentins d’opposition, il vivait
exilé en France. A l’occasion du voyage du pape au Brésil, il s’était rendu
à
Porto-Alegre pour rejoindre des mères de disparus qui souhaitaient
rencontrer Jean- Paul II. Depuis lors, le Père Adur aurait disparu’.

Le Monde 31.07.1980

Communiqué de presse.

Religieux argentin de la Province d’Amérique du Sud.

Un prêtre assomptionniste libération, chrétien compromis pour la libération.

Oscar Adur est né le 19 mars 1932 à Nogoya, dans la province d’Entre Rios, au diocèse de Parana en Argentine où il fait le cursus de ses études primaires et secondaires au collège national. Très jeune, il s’engage et milite au sein de la jeunesse étudiante catholique, J.E.C. Il décide de rentrer dans la famille religieuse de l’Assomption: il fait son noviciat au Chili en 1954- 1955 (Santiago, El Golf) et y poursuit ses études de théologie (1956-1961). C’est à Santiago qu’il est ordonné prêtre le 13 août 1961 par le cardinal Henriquez. Sa profession perpétuelle est datée du 2 avril 1958. Puis il rentre en Argentine, dans la banlieue de Buenos-Aires, à Belgrano où il enseigne comme professeur de catéchèse et de philosophie dans le collège San Roman de 1962 à 1964. En 1964 il est nommé supérieur de la communauté et de l’école apostolique San Agustin, à l’époque où commence la construction de l’église Notre-Dame de l’Unité à Olivos, dans la zone nord de la province de Buenos-Aires où il exerce différentes responsabilités pastorales. Il devient supérieur régional d’Argentine en 1965 et participe à différentes instances de formation: maître des novices en 1968, co-fondateur de la J.I.C. en Argentine (1970), supérieur d’Olivos (maison de formation) en 1970, aumônier d’équipes d’A.C.I. (1972), pastorale vocationnelle des religieux argentins (1976), membre argentin du mouvement ‘Prêtres pour le Tiers-Monde’. Cette même année 1976, le régime politique d’Argentine est accaparé par les militaires à la faveur d’un coup d’état (24 mars 1976). Deux jeunes frères assomptionnistes, Carlos et Raul, sont enlevés en 1976 au lendemain de leur profession religieuse, sans doute par un groupe paramilitaire. Le P. Jorge Adur doit se cacher.

C’est en 1978 qu’il fait connaître son option d’engagement au sein du mouvement péroniste des Monteneros. Depuis quelque temps, pour des raisons de sécurité, il est obligé de gagner l’Europe pour poursuivre son combat en faveur de la liberté et des droits de l’homme.

Dans la nuit des disparus argentins.

Depuis 1976, le P. Adur est transféré dans une communauté assomptionniste parisienne, rue Bouret, dans le 19ème arrondissement. De là il anime une lutte sans merci contre le régime militaire argentin aux côtés des chrétiens engagés dans un mouvement de lutte pour la libération. Lui-même écrit: « Je mets mon sacerdoce et ma vie religieuse dans l’Eglise au service de tous. Parce que la plus grande expression de la charité, celle vers laquelle nous chrétiens nous aspirons, se traduit dans la politique en tant qu’instrument social exigé par la justice. Cette fonction, je la rapproche de celle des hommes qui donnent avec la plus grande abnégation et affrontent des risques héroïques. De l’Eglise à qui je dois tout et pour laquelle j’ai tout perdu, je partage le destin des hommes qui vivent et qui sont morts pour les grands intérêts du peuple … ». A l’occasion du voyage du pape Jean-Paul II au Brésil en juin 1980, il se rend dans ce pays pour y rencontrer des Argentins et être présent à l’entrevue du pape avec les ‘Mères des disparus’ à Porto-Alegre. Il devait rejoindre ce groupe le 17 juillet 1980. A ce moment on perd sa trace et son nom s’ajoute à la liste déjà longue des citoyens argentins qui sont victimes des forces répressives dans le pays. Malgré toutes les recherches effectuées depuis, il n’a jamais été possible d’obtenir la moindre information sur son sort et sur celui des deux jeunes frères disparus. Sans doute sont-ils à compter au nombre des 20.000 argentins disparus dans la tourmente de ces années de plomb, dont 12 prêtres et de nombreux religieux de différentes nationalités.

Notices Biographiques A.A

Bibliographies

Bibliographie : L’Assomption, 1985, n° 621, p. 3 Dossier de presse, ACR.