Joris (Josephus-G.) VAN DEN – 1918-1979

Cali, 1954.
« Le P. Régis [Escoubas] vous aura déjà communiqué mon intention de
demander une exclaustration. Peut-être pensez-vous qu’il s’agit de ma part
d’un coup de tête? Il n’en est rien: voici la situation très précaire de ma
famille. Mon père est mort, ma mère très âgée est malade; mon frère, unique
soutien de famille de
ma mère et de ma sœur invalide, a dû être opéré. Une crise de folie a
obligé à le conduire dans une clinique spécialisée pour personnes démentes.
Il est incapable de travailler et de subvenir aux charges familiales. Vous
comprenez mes obligations. De plus mes sentiments ont changé, j’ai perdu
confiance dans les Supérieurs. Après mon ordination, j’ai travaillé dans un
orphelinat à Weelde avec promesse que l’œuvre dirigée par un séculier
passerait à l’Assomption. J’y ai travaillé de tout cœur pendant
2 ans, mais par suite de malentendus l’œuvre a été lâchée. On m’a envoyé à
Zepperen comme professeur. On m’a muté en Colombie alors que le Supérieur
de Zepperen n’était pas d’accord avec ce changement. En Colombie je me suis
bien habitué au climat, aux coutumes, à l’ambiance. Voilà qu’on me demande
de me retirer. Je veux trouver la paix de L’âme dans une autre vie».

Religieux de la Province de Belgique-Nord. Premières années. Josephus-Gregorius Van Den Berghe est né le 7 mars 1918 à Opdorp en Belgique, en Flandre Orientale. Il est alumniste à Zepperen, de 1931 à 1935, et à Kapelle-op-den-Bos, de 1935 à 1937. Le 26 septembre 1937, au noviciat de Taintegnies, il prend l’habit sous le nom de Frère Joris. Le P. Domitien Meuwissen, son maître de novices, consigne dans le rapport de présentation à la première profession ces quelques traits: « Le Frère Joris est un novice plein de bonté et d’humeur égale qui peut se permettre de temps à autre de légères critiques, mais il manque de volonté, de vie et d’enthousiasme. Il a pris la résolution de manifester plus de ferveur ». ]Le 27 septembre 1938, le Frère Joris prononce ses premiers vœux. Il étudie la philosophie au scolasticat de Saint-Gérard (1938- 1940) et, en raison des événements militaires, y poursuit également sa formation théologique (1940- 1944). Le 26 septembre 1942, il a prononcé ses vœux perpétuels et le 18 décembre 1943 il est ordonné prêtre à Namur. Débuts de ministère. De 1944 à 1946, le P. Joris est avec quelques confrères nommé à l’orphelinat de Weelde dont il est un moment question de prendre la succession. En 1946, il est envoyé en renfort à la communauté enseignante de Zepperen. On peut dire, à sa décharge, que cette mobilité n’est pas de son fait et queue semble selon ses dires postérieurs avoir nui à son enracinement dans la vie religieuse assomptionniste. En mission en Colombie, peines et tribulations. En 1947, il part pour la Colombie et s’occupe de ministère paroissial à Cali. En 1954, le P. Joris est temporairement exclaustré et sécularisé Page :159/159 au bénéfice de l’évêché de Palmyra (Mgr Castro Becerra). En 1963, il demande sa sécularisation à l’évêché de Cali. Il est admis ‘ad experimentum’ pour une période de trois ans, mais en juillet 1966, on lui fait savoir qu’il ne sera pas incardiné et que l’on ne souhaite pas prolonger son admission ad experimentum. Il lui est donc demandé en fait de rejoindre sa Congrégation, mais il ne peut s’y résoudre. Aussi le 18 novembre 1966 est-il frappé d’une mesure canonique de suspension a divinis par Mgr Alberto Uribe Urdaneta, archevêque de Cali, la conduite du P. Joris passant pour scandaleuse auprès des paroissiens. Le P. Raymond Besseling, supérieur régional, doit s’entremettre, mais ses démarches sont sans résultat, le P. Joris ne retournant pas vivre en communauté. On perd même sa trace pendant six ans. En avril 1972, il demande son admission dans la communauté San Nicolas de Cali. Il y est reçu à bras ouverts, même s’il continue en fait de vivre de façon tout à fait indépendante et un peu comme un pensionnaire. A la demande de son supérieur, l’évêque de Cali lui accorde les pouvoirs de célébrer, de prêcher et de confesser à condition de vivre comme membre religieux de sa Congrégation. Le 7 septembre 1973, pour raisons de santé, le P. joris revient définitivement en Belgique. Il se rend chez sa sœur handicapée. Le ler décembre 1973, il est nommé vicaire paroissial à Lebbeke, dans le diocèse de Gand. Gravement malade depuis le 26 décembre 1978, il est hospitalisé, d’abord à Termonde, puis dans la clinique St-Jozef de Cortenberg. Atteint d’un cancer, il est transporté dans la maison de repos de Lebbeke où il meurt le 10 octobre 1979. Il est inhumé au cimetière de Ordorp, son village natal. Suite aux difficultés rencontrées en Colombie, une solution avait été préconisée, son affiliation à la Province d’Amérique du Sud. Mais le P. joris et quelques autres religieux en mission en Colombie ont préféré la solution d’une incardination dans le clergé séculier. Le P. Joris n’avait ni le caractère ni le tempérament pour surmonter toutes les difficultés qui résultent de ce changement d’orientation. La solitude et l’alcoolisme l’ont brisé et ont ruiné sa santé. Quand il est revenu en Belgique, on a pu apprécier son investissement pastoral, mais la maladie ne l’a plus lâché. Page :160/160

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 85. Onder-Ons, 1979. Lettre du P. Joris Van Den Berghe au P. Wilfrid Dufault, Cali, 26 février 1954. Dans les ACR, du P. Joris Van Den Berghe, une note sur la discipline dans les alumnats (1947) et deux correspondances (1954).