José (Ernest-J.-R.-G) ISTASSE – 1927-1971

Témoignage d’un ami.
J’ai connu José Istasse surtout à partir de son ordination sacerdotale à
Saint-Gérard, le
20 avril 1958. Il a 31 ans. Je l’ai déjà connu à Sart-les- Moines de 1946 à
1948. Mais c’est surtout pendant sa dernière année de théologie à
Saint-Gérard que je l’ai approché de plus près. D’un abord très fermé au
départ, un peu farouche même, il est ensuite très ouvert à mesure que l’on
prend la peine de l’écouter. Dès qu’il voit que
l’on s’intéresse à ce qu’il dit, il devient disert, voire même enjoué,
riant aux éclats. Il m’a raconté souvent la mort de son père, miné par un
cancer. Encore adolescent, très sentimental, impuissant devant cette
terrible maladie, les nerfs à vif, José m’a paru exagérément abattu par cet
événement pour lui presque insurmontable. Il paraissait dépassé, outré,
scandalisé même, face à cet événement qui marque toute sa vie. Idéaliste,
il m’a paru être très exigeant avec lui-même, un
peu sévère même. Il recherche toujours la perfection en tout. Un peu
scrupuleux, il semble avoir peur de la vie, dérouté, dépassé. Il s’est
battu toute sa vie pour trouver un juste équilibre. Hypersensible, tour
à tour triste et gai, moqueur, colérique et paisible, ténébreux…».

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Un parcours marqué par la maladie.

Ernest-José-Raymond-Ghislain Istace est né à Fleurus, le 31 août 1927, en Belgique, au diocèse de Tournai, dans une famille ouvrière. Après ses classes primaires, il suit les cours secondaires à l’Institut Saint-Victor à Fleurus (1939-1943) et termine sa scolarité à Sart-les-Moines (1943-1948). Il prend l’habit religieux à Taintegnies le 28 septembre 1948, sous le nom de Frère José. Profès annuel le 29 septembre 1949, il commence sa philosophie à Saint-Gérard (1949-1950), mais doit interrompre ses études à cause de la maladie: il passe les années 1950 à 1952 entre Saint-Gérard et Lorgues (Var). Il accomplit une deuxième année de philosophie à Saint-Gérard (1952-1953) où il est reçu à la profession perpétuelle, le 29 septembre 1954. Il entreprend alors les études de théologie à Lormoy (Essonne) de 1953 à 1954, mais doit à nouveau prendre un temps de repos à Lormoy et Gosselies (1953-1956) à cause de troubles psychologiques dus à un caractère hypersensible et à une nervosité excessive. Il accomplit une deuxième année de théologie à Lormoy de 1955 à 1956. Il est ordonné prêtre par Mgr Musty à Saint- Gérard le 20 avril 1958. Après un essai infructueux d’enseignement à Bure (1958-1959), il va parfaire sa formation pastorale à Paris (Centre de Formation pastorale et missionnaire) de 1959 à 1960. En résidant dans la province de Paris, il fait fonction de vicaire à la paroisse Saint-Christophe du quai de javel de 1960 à 1971. Il passe l’été en repos aux Essarts (Seine-Maritime). En accord avec un psychologue, il décide de prendre quelque temps d’autonomie de travail et de logement dans une maison d’assurances, logeant à Denfert en attendant de trouver une chambre. Il se trouve à la maison provinciale de Paris, avenue Denfert-Rochereau où il meurt subitement,

sur le pas de sa porte, dans la nuit du 31 décembre 1971, à 44 ans, où le trouve, foudroyé par un mal inconnu, le P. Jean-Pierre Proust. Les obsèques du P. José sont célébrées le 4 janvier 1972 à l’église Saint-Dominique de Paris, par le P. Péjac, Provincial de Paris. Il est inhumé au cimetière de Montparnasse dans le caveau de l’Assomption (tombe Bailly).

A l’ombre de la Croix.

Les PP. Pierre Santu et Marcel Ployon, responsables à la paroisse du quai de javel, évoquent la personnalité et les onze années de service pastoral du Père José: « Très porté sur la liturgie, il s’occupe volontiers des clercs, de la Manécanterie, du chant liturgique avec une grande intensité religieuse. Les catéchistes qui assistent à ses causeries aux enfants les apprécient, car le Père José sait se mettre à leur portée, il a des trouvailles pour les aider à comprendre. Il devient aussi un confesseur apprécié. Certains adultes sont enchantés de ses manières de faire et de ses conseils. Lui qui est si hésitant pour lui-même, ne l’est pas pour les autres et les souffrances endurées le rendent compréhensif, proche et bon vis-à-vis des autres. Il va volontiers confesser à l’école Sainte-Elisabeth tenue par les Oblates. Quant à la prédication, il a tout ce qu’il faut pour présenter ses idées, les exposer, mais il se fait dispenser de ce service et remplacer, par timidité et défiance à l’égard de lui-même. Sa grande délicatesse de charité, son respect des personnes, son sens surnaturel, ses goûts artistiques et ses talents musicaux lui permettent d’être apprécié. En communauté, il se montre très fraternel et délicat, très religieux, attaché à l’Assomption. Mais sa répugnance à se manifester, sa réserve discrète rendent malaisée l’entrée en contact. On découvre avec le temps un fond joyeux, un humour spirituel. Le P. José est un anxieux, dérouté devant les responsabilités à prendre. Epris d’absolu, conscient de ses limites, il n’a pas cette facilité pour s’accepter tel qu’il est. Sa soif d’absolu l’empêche d’accepter une relative médiocrité, il se rend malade jusqu’à la dépression. Il aime s’ouvrir à ses confrères, mais une fois dans sa chambre, il retrouve tous ses problèmes ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1972, p. 187-188. Art Informations, 1972, n° 27, p. 2. Belgique-Sud Assomption, 1972, n° 57, p. 1746-1750. Paris-Assomption, 1972, n° 129, p. 9-10. Témoignage par Etienne Garbar.