José (Fernand) FORET – 1922-1991

Nouvelles de Colombie.
« Avant mon retour en Colombie, j’adresse mes remerciements aux différentes
communautés de Belgique- Sud et de Belgique-Nord pour l’accueil fraternel
que j’y ai
reçu durant mes vacances. Heureux d’être revenu respirer l’air du pays,
mais heureux aussi de reprendre le travail là où les nécessités sont
grandes. Si la situation est précaire
dans bien des domaines, elle l’est d’une façon spéciale aujourd’hui après
les récentes catastrophes que vous connaissez: inondations, tremblements de
terre. Les informations de la presse et de la TV belge furent assez vagues,
perdues d’ailleurs dans les événements de l’Iran. Cependant, selon une
lettre reçue de Cali, le 3 décembre, il s’agit d’une catastrophe
assez peu courante en Colombie. D’abord ce furent des pluies torrentielles
qui provoquèrent de graves inondations affectant surtout les quartiers
pauvres des différentes villes du pays. Puis il y eut à Cali, le vendredi
21 novembre, une secousse effrayante qui provoqua une grande terreur. Il
s’agit d’un terremoto, un tremblement avec ouverture du sol. A Cali ce ne
fut rien, en comparaison avec d’autres villes comme Manizales Pereira et
Medellin…».

José (Fernand) FORET

1922-1991

Religieux belge, affilié à la Province d’Amérique du Sud (1959), transféré à celle de Belgique-Nord (1983).

Formation.

Fernand-Désiré-Louis Forêt naît le 21 avril 1922 à Bertrix, en Belgique, au diocèse de Namur, dans une famille de cinq enfants. Fernand entre à l’alumnat de Bure en 1935 pour commencer des humanités qu’il termine à Sart-les-Moines (1938-1940). Déjà, il s’initie à la langue espagnole et rêve de mission en Amérique du Sud. Il entre au noviciat à Taintegnies, y prend l’habit le 29 septembre 1940 sous le nom de Frère José, et y prononce ses premiers vœux le 30 septembre 1941. Il accomplit ensuite ses études de philosophie (1941-1944) et de théologie (1944-1948) à Saint-Gérard où il est profès perpétuel le 21 novembre 1944 et où il est ordonné prêtre le 11 avril 1948. Calme, consciencieux, ordonné, le P. José est affecté à l’enseignement à Bure pour les classes de latin et de grec pendant 10 ans (1948-1958).

En mission en Colombie.

Le rêve peut enfin s’accomplir. En 1958, le P. José part pour la Colombie: à Cali, il se trouve chargé de la paroisse San Nicolas . Il va y rester plus de 30 ans! Nommé supérieur à Cali, en 1966, il se permet l’année suivante deux accidents qui marquent sa santé et son mode de vie: la médecine devient alors son ‘dada’. Sa bibliothèque s’enrichit d’ouvrages de valeur sur la médecine, l’homéopathie, la botanique, la psychologie et même, dans les dernières années, sur les sciences occultes. Ceci explique aussi la présence dans sa chambre d’un nombre incalculable de fioles contenant des plantes de tout genre. Ainsi peut-il distribuer aux nécessiteux pilules, gouttes, baumes, onguents, le tout fabriqué à partir de produits naturels. Petit à petit, l’apostolat auprès des malades prend de l’importance pour lui;

il s’engage alors dans la pastorale du monde de la santé, comme animateur spirituel et conseiller d’une fraternité de malades et de handicapés, dans le contexte d’une pauvreté vécue: réunions, travaux de groupes, thérapies ‘occupationnelles’, cours d’initiation et de formation, orientation vers des centres de réhabilitation. Son zèle fait distinguer le P. José qui est appelé à assumer la responsabilité nationale de la Fraternité, fonction exercée non dans le souci de sa propre valorisation, mais dans une volonté de promotion pour ceux-là que la société des bien-portants marginalise. Il aime rappeler le sens biblique du slogan: L’évangile par les pauvres et préciser aussitôt: L’Evangile pour les pauvres. C’est ainsi qu’en 1987, le P. José demande à être déchargé de la paroisse San Nicolas pour se consacrer exclusivement au grand hôpital San Juan de Dios. On peut noter aussi qu’il assure longtemps la fonction d’aumônier auprès de religieuses, Sœurs de la Providence et Petites Sœurs de l’Assomption. Le P. José aime la liturgie: un mariage ou un baptême nécessite chez lui une longue préparation, musique, lectures, recherche de symboles… C’est pour lui le souvenir des cérémonies solennelles connues et aimées dès l’alumnat. Sa réflexion est nourrie de lectures très sérieuses: dans sa bibliothèque, voisinent Teilhard de Chardin, Ignace Lepp, Arturo Paoli, Leonardo Boff… La Colombie est un pays en proie à bien des défis dans les domaines de l’éducation (analphabétisme), de la santé (drogue), de l’emploi, d’une vie politique agitée (terrorisme, violences, trafics ignobles): le P. José reste un véritable témoin d’espérance, d’un optimisme incurable, sans doute à mettre en relation avec son tempérament ardennais opiniâtre. Connaissant des difficultés à partager longuement en communauté, il lui arrive de s’isoler pour de petits travaux artistiques: bricolage, hobbies pour la lecture, pour ses recherches sur les plantes médicinales. On lui prédit une longue vieillesse. Les plantes doivent le préserver de toute maladie grave. Mais une leucémie, découverte à Cali au printemps 1990, provoque son retour en Belgique où les médecins avouent leur impuissance. Le P. José meurt à 69 ans, à Saint-Gérard le 8 janvier 1991. Il y est inhumé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 2-3. Belgique-Sud Assomption, janvier-février 1991 n° 210-211 p. 2633-2638. Onder-Ons, maart, 1991, p. 20-26. Le P. José Forêt a donné des nouvelles de son activité missionnaire en Colombie, chroniques parfois publiées dans les revues ou bulletins de Congrégation (Lettre à la Famille 1959). Lettre du P. José Forêt, décembre 1979, publiée dans Belgique-Sud Assomption, décembre 1979, n° 105, p.1726. Notices Biographiques